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Sodiaal : à l'école de la coopération

Les jeunes installés du Massif central, nouveaux adhérents de Sodiaal, ont été conviés à mieux connaître leur 
coopérative et à s’y impliquer.
 

Homme debout intervant devant une assemblée de jeunes éleveurs dans une salle
Jérôme Aubert a insisté sur la gouvernance du modèle coopératif
© Patricia Olivieri

C’est qui le patron ? “C’est vous, c’est nous, les producteurs !” Un message qu’a répété Jérôme Aubert, producteur de lait dans le Puy-de-Dôme et représentant de la région Massif central au conseil d’administration de Sodiaal, à la trentaine de jeunes coopérateurs installés récemment et adhérents de la coop. Comme chaque année, Sodiaal réunissait deux jours durant ces nouveaux venus(1) dans la famille coopérative du Massif central, pour une présentation de la gouvernance, des activités, des produits et filiales... de la première coopérative laitière tricolore. Cet automne c’est à Aurillac, dans les locaux d’Agrolab’s, que les échanges débutaient avec les élus de la coopérative sur ce territoire couvrant Cantal, Puy-de-Dôme, Nord-Lozère, Haute-Loire, bordures corrézienne et creusoise. Local de l’étape, Jacques Chalier était présent aux côtés de Jérôme Aubert pour répondre aux questionnements des jeunes.  L’occasion de retracer dix décennies de trajectoire coopérative (lire encadré) et d’un arrêt sur image sur son envergure actuelle et ses perspectives. 

Lait, ultra frais, fromages... mais pas que

Aujourd’hui, avec 4,2 milliards de lait (vache, brebis, chèvre) collectés dans 72 départements auprès de 15 300 producteurs (dont 1 220 dans le Massif central pour 356 millions de litres(2)), Sodiaal assure 20 % de la collecte française, emploie 9 000 salariés, pour un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros. Quarante-huit types de lait différents sont traités dans 53 sites de transformation, dont de nombreux présents dans le Massif central. Dans la plupart de ses branches, Sodiaal peut s’appuyer sur des marques fortes : c’est le cas dans l’activité lait de consommation avec Candia, Grandlait, Viva... qui absorbe 800 Ml ; sur l’ultra frais (550 Ml) avec Yoplait, le Rustique, RichesMonts, Régilait mais aussi avec la toute jeune gamme Skyr (produits hyperprotéinés) qui a fait un démarrage en fanfare avec une forte profitabilité. 
Avec 200 000 tonnes fabriquées (un litre collecté sur deux y est destiné), des marques référentes comme Capitoul, Cantorel, Fromagers cantaliens, Saint-Flour, La Pastourelle... et une présence dans 28 filières AOP/IGP, Sodiaal est le deuxième acteur du plateau de fromages français. La coopérative est par ailleurs présente sur l’activité ingrédients avec Bonilait (poudres animales), Eurosérum (poudre ingrédient). Sur le marché de la nutrition spécialisée, le groupe vient de se voir confier la fabrication de la poudre de lait du Danois Arla, attirant dans son sillage d’autres opérateurs. De très bon augure pour la filiale Nutribio de Sodiaal. 

A lire aussi https://www.reussir.fr/agriculture-massif-central/sodiaal-engrange-58-mds-eu-de-chiffre-daffaires

Signaux favorables

L’avenir ? Jérôme Aubert l’envisage avec optimisme : la collecte s’est stabilisée, signe “que les éleveurs croient dans la production laitière”. Témoin d’une attractivité en passe d’être retrouvée : les 1 200 nouveaux installés depuis 2019 (au-delà de l’objectif de 1 000 fixés par Sodiaal entre 2019 et 2023) et ces éleveurs de bovins viande qui se convertissent à la traite. Certes, ils ne sont pas nombreux, dix tout au plus dans le Massif central, mais le phénomène est inédit.
Quant au prix du lait, là encore, les voyants semblent au vert : “Les perspectives sont plutôt favorables avec des marchés qui se tiennent pour l’instant, que ce soit la consommation des foyers ou hors domicile en France ; les cours mondiaux du beurre sont à un bon niveau, même s’il convient d’être attentif sur les cours de la poudre”, analyse le producteur puydômois. 

Jérôme Aubert : "Les éleveurs croient dans la production laitière"

Au terme de son intervention, le responsable de Sodiaal a encouragé les jeunes à reprendre le flambeau, à s’impliquer dans leur coopérative “et ne pas laisser les autres décider pour vous”. Non sans cacher qu’au sein du conseil d’administration, certaines décisions ne sont pas évidentes, ce fut le cas notamment en 2022. “Il faut toujours essayer de trouver l’adéquation entre l’intérêt économique des producteurs et celui de la structure qu’on nous a léguée.”
(1) Deux journées obligatoires  pour bénéficier de la box d’avantages dédiée aux jeunes coopérateurs. Au programme cette année, outre la présentation de la coopérative et de ses services, la visite d’Agrolab’s ainsi que celle du site LFO à Saint-Mamet.
(2) 121 Ml dans le Cantal.

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