Saint-Nectaire fermier à 25€/kg à Auchan Besse : le prix qui indigne les producteurs
À Besse, un Saint-Nectaire vendu jusqu'à 45 € la pièce chez Auchan suscite la colère des producteurs. Impuissante, l'ISN dégaine la création d'un observatoire économique.
À Besse, un Saint-Nectaire vendu jusqu'à 45 € la pièce chez Auchan suscite la colère des producteurs. Impuissante, l'ISN dégaine la création d'un observatoire économique.
Un tarif « exorbitant », deux à trois fois supérieur à la moyenne. Au supermarché Auchan à Besse, au cœur de la zone de production du Saint-Nectaire, des fromages sont étiquetés à 37, 40 voire 44€ pièce et au-delà, soit 24,99€/kg. Le sujet n'a pas manqué de faire réagir les producteurs et l'ensemble de la filière lors de l'assemblée générale de l'Interprofession du Saint-Nectaire (ISN).
Au-delà du choc psycho-économique qu’un tel prix engendre, il interroge surtout sur la répartition de la valeur et les pratiques commerciales du magasin.
« Selon l’affineur qui fournit le magasin, le fromage est vendu au même prix qu’ailleurs (environ 14€/kg). Cela veut dire que la marge du magasin atteint jusqu'à 20€ par fromage. C'est très loin d'être équitable » détaille Sébastien Ramade.
Le président de l'ISN, lui-même producteur fermier, est ulcéré d'un tel comportement. Le manque de concurrence commerciale sur la zone en serait la cause, selon son analyse. « Le Auchan de Besse est le seul supermarché dans ce secteur très touristique. À La Bourboule, trois magasins coexistent et les prix du Saint-Nectaire sont dans la norme. »
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Les conséquences de cette pratique commerciale contestable pourraient être importantes. « Ce prix ne reflète pas la réalité économique de la filière » souligne Sébastien Ramade.
L'ISN dégaine la création d’un observatoire économique
Sans moyen juridique pour réguler les prix, la filière mise sur la transparence et le suivi. Suite à cette affaire, un observatoire économique sera lancé pour tracer les marges à chaque étape : producteurs, affineurs, distributeurs. L’objectif sera de rendre publiques ces données.
« Les consommateurs auront une information claire, et les producteurs des arguments pour négocier », conclut Sébastien Ramade.
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