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Quels chevaux de bataille pour la toute jeune section équine Cantal ?

Installé depuis 2010 au pôle équestre de Chalinargues, Sébastien Rouchy prend les rênes de la section équine de la FDSEA, avec déjà des acquis sur le sanitaire, la fiscalité... 
 

Stéphane Rouchy, président de la section équine 15
© Patricia Olivieri

Longtemps restée en sommeil, la section équine de la FDSEA du Cantal repart au galop sous l’impulsion de Sébastien Rouchy, un cavalier multi-casaques qui, depuis longtemps, murmure peut-être à l’oreille de ses pur sang arabes, mais surtout à celles de ses nombreux interlocuteurs pour promouvoir le monde équin et équestre et en défendre la cause. Président du comité départemental d’équitation du Cantal, qui fédère les 19 centres équestres du territoire, et parallèlement directeur du Conseil de la filière cheval Auvergne-Rhône-Alpes (interprofession régionale), Sébastien Rouchy a acquis la conviction de la nécessité des combats syndicaux, à l’heure où de nombreux enjeux traversent la filière, dont certains rejoignent d’ailleurs les défis du monde de l’élevage en général. 

"Nous sommes dans le viseur des antispécistes dont on subit les attaques sur les réseaux sociaux mais pas que"

À commencer par la question du bien-être animal : “Nous sommes dans le viseur des antispécistes dont on subit les attaques sur les réseaux sociaux mais pas que”, explique celui qui a créé en 2010 le concept et le village d’Equi-Nature à Chalinargues (lire par ailleurs). Son pôle équestre étant proche du Lioran, il n’est pas rare que des touristes de la station s’y aventurent et dénoncent une supposée maltraitance animale en voyant des chevaux dans la neige. “Il faut leur expliquer qu’un cheval, qui est doté d’un poil d’hiver dense et gras, a beaucoup moins froid dehors où il peut se déplacer, qu’à l’intérieur d’un box même avec un matelas de paille”, développe Sébastien Rouchy. Et ce dernier met en garde contre une potentielle évolution sociétale touchant au statut du cheval : “Si on bascule dans les animaux de compagnie, on est mort ! Quoi qu’on en dise, depuis toujours, l’élevage de cheval est liée à l’alimentaire, on est dans le giron à la fois du sport, de l’agriculture.” 
Ce qui ne l’empêche pas, bien au contraire, de militer et agir pour le bien-être des équidés. Le pôle équestre Equi-Nature propose ainsi à sa quarantaine de cavaliers indépendants adhérents de nombreux stages sur des thématiques tels l’éthologie, le parage naturel, la dentisterie, le secourisme équin, le shiatsu ou encore le saddle fitter(1).
Le nouveau président de la section équine a par ailleurs déjà œuvré, avec succès, sur le volet sanitaire, avec la création au sein du Groupement de défense sanitaire (GDS) du Cantal d’une section équine. 

Frais d’équarrissage mutualisés

Objectif : permettre aux éleveurs d’équidés qu’il s’agisse de chevaux de sang ou de trait, utilisés pour le travail, le sport ou la viande, de mutualiser et donc réduire les frais d’équarrissage. Et “d’éviter ainsi que des poulains de trait soient enterrés en montagne pour s’épargner des coûts d’équarrissage” indique Sébastien Rouchy. Autre ambition de la toute jeune section : inciter à la vaccination des chevaux (via une prise en charge financière partielle), notamment contre la redoutée rhinopneumonie. L’enjeu premier de cette section est de faire adhérer le plus grand nombre d’éleveurs et de chevaux pour assurer son autofinancement, condition sine qua non à son fonctionnement. 

Lire aussi https://www.reussir.fr/agriculture-massif-central/des-mesures-mettre-en-oeuvre-par-les-detenteurs-dequides


Avec une difficulté que pointe Sébastien Rouchy : l’absence de toute statistique fiable sur le nombre de chevaux dans le département, comme ses chez ses voisins et cousins d’Auvergne-Rhône-Alpes d’ailleurs. “On n’arrive pas à avoir de la part de l’IFCE(2) ces données, le nombre de chevaux présents, qui meurent... alors que c’est leur job !” fustige le professionnel regrettant un faible degré de traçabilité et un  système d’information relatif aux équidés (Sire), limité aux frontières franco-françaises. 

TVA réduite, c’est gagné

Autre dossier sur lequel la filière a beaucoup bataillé ces dernières années, avec succès : la fiscalité en particulier le taux de TVA appliqué à ses activités. Réduit à 5,5 % puis 7 % en contrepartie de créations d’emploi, il a été rehaussé à 20 % par Bercy après une plainte britannique à Bruxelles. Au terme d’un important lobbying dont la FNSEA a été partie prenante, la filière a obtenu gain de cause avec l’annonce à l’automne 2023 d’un retour au taux  de 5,5 %. Mais la profession y a laissé des plumes : “Les 13 points de différence entre 7 et 20 % de TVA correspondent au bénéfice que dégage l’activité équestre”, chiffre Sébastien Rouchy. 

"Nous n’avons pas cette connaissance et ces habitudes syndicales de défense collective"


D’autres chantiers sont déjà sur le feu : celui du foncier avec un représentant invité aux comités Safer “afin d’apporter des informations technico-économiques sur l’ensemble de la filière mais pas pour défendre bec et ongles les projets équins”, précise le professionnel. 
Après avoir signé un second plan de filière en 2023, le Conseil du cheval Aura est par ailleurs en discussion avec le Conseil régional sur la défense des races menacées avec l’idée d’une prime spécifique (PMR) dont pourraient bénéficier les éleveurs du cheval d’Auvergne, du cheval du Vercors, d’ânes du Bourbonnais et d’ânes de Provence (dont le nom complet est de Provence, de Savoie et de Crau).
“Le milieu du cheval est très jeune dans le milieu agricole que nous n’avons rejoint qu’en 2005, nous n’avons pas cette connaissance et ces habitudes syndicales de défense collective, de mutualisation bien que dans le Cantal, on ait réussi à fédérer il y a quelques années un groupement d’employeurs avec onze structures pour salarier un maréchal-ferrant”, conclut le président de la section.
A lire également : https://www.reussir.fr/agriculture-massif-central/olivier-de-seyssel-est-elu-president-de-la-filiere-equine-francaise
(1) Etude de l’adaptation de la selle au cheval et à son cavalier.
(2) Institut français du cheval et de l’équitation (ex Haras nationaux).

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