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Quel avenir pour la production porcine en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Réunie en assemblée générale le 9 juin 2026 au lycée agricole de Roanne-Chervé, fraîchement rénové après six ans de travaux, l’interprofession porcine régionale Interp’aura a dressé le bilan de ses actions et décrypté les défis majeurs de la filière porcine en Auvergne-Rhône-Alpes.

La filière porcine, une filière régionale structurée et autosuffisante

Dans un contexte national focalisé sur la souveraineté alimentaire, la filière porcine se distingue par une spécificité majeure, ce que l'interprofession n'a pas manqué de rappeler :

Au moment où on parle de la souveraineté alimentaire, il est important de préciser que la filière porcine est une des seules filières en France à être autosuffisante.

Lire aussi : « Parlons filières » : un rendez-vous pour mieux comprendre et échanger sur les filières

Récapitulatif chiffré des exploitations porcines

En Auvergne-Rhône-Alpes, ce modèle repose sur 620 exploitations regroupant 1 125 chefs d'exploitation. La polyculture-élevage y est prépondérante puisque 7 exploitations sur 10 associent le porc à un autre atelier (végétal ou élevage), alors que 3 sur 10 sont spécialisées.

La région Auvergne Rhône-Alpes est la première région française productrice de salaisons sèches

Les missions de l'interprofession porcine

Pour soutenir ces structures, Interp’aura s'appuie sur plusieurs pôles d'action :

  • Environnement et réglementation : un service de bureau d'études qui accompagne les éleveurs dans les démarches administratives complexes (dossiers ICPE d'enregistrement ou d'autorisation) liées à la modernisation ou à l'agrandissement.
  • Recherche et développement : un projet est actuellement mené sur la consommation énergétique, basé sur 40 enquêtes régionales et l'installation de compteurs connectés pour obtenir des données actualisées salle par salle.
  • Pesée, classement, marquage (PCM) : ce pôle garantit la traçabilité des abattoirs de la zone. En 2025, 1 405 081 animaux ont été abattus dont 1 394 921 porcs charcutiers, marquant une baisse d'activité de 1,1 % sur un an.
  • Communication : une équipe dédiée à ce pôle assure tout au long de l'année la présence de la filière sur des évènements tels que la foire de Lyon ou le festival du bien manger, dans les lycées, les salons, ... Par exemple, la série de vidéo "Porc-traits de passion, filière de vocation" est régulièrement diffusée dans l'établissement de Roanne-Chervé.

À visionner : Porc-traits de passion, filière de vocation : une série inédite sur les métiers de la filière porcine

Installation et transmission en élevage porcin en AURA : état des lieux et accompagnements

Élodie Beaumelle, Chambre d’Agriculture de la Loire.

Lors de son intervention pour la Chambre d’Agriculture de la LoireÉlodie Beaumelle a dressé un état des lieux de la dynamique de renouvellement, caractérisée par une forte variabilité selon les années, tout en détaillant les étapes de l'accompagnement et les enjeux de la transmission du patrimoine

La région enregistre en moyenne 20 installations par an dans la filière porcine, ce qui représente 2,6 % du total des installations agricoles de la zone AURA.

Le profil type du nouvel installé en région met en évidence :

  • une moyenne d’âge de 29 ans,
  • une majorité d'hommes,
  • 57 % des installations en hors cadre familial,
  • la majorité des installations sont sous forme d'activité secondaire (ateliers de diversification).

Le Point Accueil Installation (PAI), reste la porte d'entrée unique pour orienter les porteurs de projets, qu'ils sollicitent ou non les aides publiques (DJA) et quel que soit le stade d'avancement de leur projet.

Lire aussi : La nuit de l’installation : un tremplin pour les futurs agriculteurs ?

Le baromètre de la profession : perception du métier et qualité de vie en élevage porcin

Jean-Christophe Lhuillier, responsable RSO au sein d'INAPORC.

Jean-Christophe Lhuillier, responsable RSO, est intervenu au nom d'INAPORC pour présenter les données nationales issues du baromètre sur le ressenti de la profession. 

L'étude montre que 53 % des éleveurs perçoivent une image de l’élevage porcin stable ou en amélioration, une image contrastée entre contraintes économiques et le sens qu'ils donnent au métier d'éleveur. Le baromètre met en évidence un souci de reconnaissance dans la filière même si les exploitants se disent bien entourés et ont le sentiment d'être soutenus par leur écosystème. 

Ce qui attire et ce qui freine

Les facteurs d'attractivité reposent principalement sur : 

  • le travail avec le vivant, 

  • l’entrepreneuriat,

  • les résultats économiques et la rentabilité.

Les principaux freins relevés par l'étude :

  • la rentabilité, 

  • norme, réglementation, écologie, environnement,

  • la gestion du cheptel.

Fidéliser ses salarié(e)s et préparer l'avenir

Bien s'installer ne suffit pas. Il faut bien transmettre. En effet, un des points basculants est qu'il n'y a pas réellement de parrainage entre paires. Autrement dit, les éleveurs ne transmettent pas forcément cette envie de reprendre derrière eux. Face à cela, assurer la transmission de 100 % des élevages est un enjeu clé pour l'avenir de la filière porcine.

Les perspectives et plans d'action de l'étude montrent globalement que trois facteurs influent sur la vision du métier :

  • le soutien professionnel aux éleveurs

  • sécuriser les perspectives économiques en travaillant les marchés

  • et valoriser la réalité du métier auprès du grand public et des jeunes.

Lire aussi : https://www.reussir.fr/lesmarches/fremissement-du-prix-du-porc-en-france-dans-un-marche-europeen-toujours-lourd

Enseigner la production porcine aux futurs professionnels

Jennifer Lassene, directrice de l'exploitation agricole de Roanne Chervé au micro.

L'équipe pédagogique du lycée agricole de Roanne-Chervé a exposé la manière dont la filière est aujourd'hui enseignée aux futurs professionnels à travers trois parcours d'excellence : le CAPA, le Bac Pro CGEA et le Bac Techno STAV. 

L'établissement, dont les locaux neufs accueillent entre 1 000 et 1 200 apprenants chaque année, s'appuie directement sur son atelier porcin de 60 truies pour enseigner les gestes professionnels et la maîtrise des techniques d'élevage. 

"Si l'exploitation existe c’est parce qu’il y a de la formation."

Jennifer Lassene, directrice de l'exploitation du lycée

A la rentrée 2026, trois nouvelles formations vont être proposées du 2 novembre au 25 juin 2027, qui seront ouvertes avec un minimum de 6 étudiants :

  • CQP AEP Agent d’élevage porcin,
  • CQP REP Responsable d’élevage porcin,
  • CS CEP Conduite d’léevage porcin.

Si certains élèves se passionnent pour la production porcine, ils restent rares dans ce bassin traditionnellement charolais, où la plupart s'orientent vers la filière ruminants tout en restant ouverts au porc.

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