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La nuit de l’installation : un tremplin pour les futurs agriculteurs ?

Mardi 19 mai, dans l'amphithéâtre de VetAgro Sup (Lempdes), une centaine d'étudiants étaient présents à une soirée immersive organisée par les Jeunes Agriculteurs Auvergne Rhône-Alpes et VetAgro Sup. "La nuit de l'installation", à travers des quiz, des jeux de rôle sur le foncier et un partage d'expériences, a pour vocation d'informer et éclairer les futurs diplômés sur l’installation en agriculture.

Un état des lieux des aides régionales

Initialement organisée sous forme de stands en extérieur, la Nuit de l’installation a bénéficié d'un nouveau souffle cette année en investissant l'amphithéâtre de VetAgro Sup. Devant un public composé d'étudiants en BTS du lycée Pasteur et de futurs ingénieurs de l’école de Lempdes, une grande diversité d'intervenants s'est succédé au pupitre.

Représentants de la Région, experts fonciers, conseillers agricoles ou encore agents de la SAFER ont ainsi défilé pour détailler les missions de leurs instances respectives et apporter un éclairage concret sur l'accompagnement des porteurs de projet.

Lire aussi : DJA et plans filières, la Région investit dans l'avenir

Quelles sont les aides pour les jeunes qui souhaitent devenir chef(fe) d'exploitation ?

La dotation aux Jeunes Agriculteurs, la DJA

Philippe Jeanneaux, professeur à VetAgro Sup

Après avoir posé le contexte de la soirée au travers d’une courte vidéo “ Bref, j'ai décidé de m'installer “, Philippe Jeanneaux, professeur à VetAgro Sup et co-organisateur de l’événement avec les Jeunes Agriculteurs AURA, a cédé l'estrade aux représentantes de la Région. Caroline Randanne, chargée de mission sur les thématiques de l'installation, la transmission et le foncier, ainsi que Sylvie Ougier, responsable du service Installation Emploi Transmission, ont alors dressé un état des lieux de la politique régionale pour accompagner les futurs chefs d'exploitation.

En Auvergne Rhône-Alpes, la DJA est la plus élevée de France. 

Les dispositifs de la Région 

Au-delà de la DJA, les dispositifs de la Région incluent le « stage test, installation, transmission » et un programme existant depuis peu « Transmettre mon savoir-faire agricole » pour sécuriser l'acquisition de compétences. Caroline a également détaillé le fonctionnement du prêt d’honneur suite à une question d'un étudiant : un prêt à 0 % plafonné à 25 000 euros sur sept ans, réservé aux projets inférieurs à 250 000 euros, privilégiant souvent les installations hors cadre familial ou sur des productions atypiques.

“La région intervient pour financer toute la phase d'étude du projet, c'est-à-dire le business plan, où on va pouvoir financer un diagnostic, une étude de faisabilité et parfois une expertise.” 

L'accompagnement régional intervient dès la phase d'étude (diagnostic et faisabilité) pour garantir la viabilité du business plan auprès des banques, avant un versement de la dotation structuré en deux temps : 

“ On accompagne les jeunes sur une dotation avec 80% d'aide au démarrage et 20% au niveau du solde quand les engagements sont réalisés au bout des quatre ans. “

Les chiffres clés et les outils de financement

Quizz proposé aux élèves lors de la Nuit de l'installation à VetAgro Sup.

D’autres données ont été fourni par la Région : 

  • la moyenne des jeunes qui s'installent ont 29,2 ans,
  • 31 % des bénéficiaires de la DJA sont des femmes,
  • la DJA moyenne en AURA s’élève à 41 400 euros, 
  • les installations aidées par la DJA représentent 45%des installations totales,
  • on ne peut plus bénéficier de la DJA au-delà de 40 ans,
  • l’investissement moyen dans les projets de DJA est de 350 000 euros,
  • le temps moyen d'une procédure d'installation en agriculture est de 18 mois.

Depuis 2014 sous le relais de la Région, la DJA ne cesse d’augmenter avec un objectif de 800 DJA/an et un plafond à 54 000 euros

Les élevages bovins lait et bovins viande constituent à eux deux la majorité des DJA bénéficiaires

Comment bénéficier de la DJA ?

Patrice Mure, conseiller d'entreprise à la chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, accompagne les jeunes dans une partie de leur parcours à l'installation, notamment pour faire leur demande de DJA. Il nous explique son rôle au travers de cette interview réalisée lors de cette soirée : 

 

Mises en situation : l'accès au foncier et la gestion humaine

L’accès aux terres a fait l'objet d'un exercice pratique animé par une animatrice de la SAFER. Le but du jeu : évaluer quatre profils de candidats aux rachat de terres, allant du jeune issu du milieu agricole au couple en reconversion, afin de comprendre les critères de sélection des comités techniques.

Lire aussi : Le rôle du Comité Technique de la Safer

Une mise en scène pour mesurer les enjeux de l’installation, à plusieurs

Une saynète sur l’estrade a permis aux élèves de comprendre, dans un contexte inspiré de la situation d’un jeune en cours d’installation, quelles étaient les questions à se poser et les angles à ne pas oublier lorsque l'on reprend les parts d'un(e) associé(e).

Jean-Louis, installé déjà depuis un certain temps et incarné par Philippe Jeanneaux accueille un jeune (un élève) sur son exploitation. Succession, investissement, emprunt, coût de la ferme, bails fonciers, contrats… tous ces sujets ont été amenés par les experts fonciers présents ce soir-là. 

Une séquence témoignage pour montrer la diversité des installations

Le grand témoin, Ludivine Lot, agricultrice dans l’Allier et responsable du Renouvellement des Générations chez les Jeunes Agriculteurs

Élue en charge du dossier RGA chez JA, Ludivine Lot installée sur la commune de Le Breuil dans l’Allier, a présenté en fin de soirée le fonctionnement des JA. Elle a appuyé son discours en témoignant de son parcours.  

VIDEO BIENTÔT DISPONIBLE

Deux témoignages d'agriculteurs 

Les activités se sont poursuivies par les témoignages de Pierre-Henry Pomport et Célestin Giraud.

Pierre-Henry Pomport

Pierre-Henry Pomport, est agriculteur dans la Loire, en GAEC avec son père. Ingénieur agronome de formation, il nous livre son témoignage dans cette vidéo : 

“C’est un métier où l’on peut se faire plaisir et mettre en place ses idées.” 

Pierre-Henry Pomport 

Célestin Giraud

Célestin Giraud s'est installé à la sortie de son BTS avec son père dans l'Allier, prenant la place de sa mère. Il a raconté son parcours, certes sans expériences extérieures mais qu'il ne regrette en aucun cas. À 21 ans seulement, Célestin a exprimé un dévouement et une passion envers son métier car, comme il n'a pas hésiter à le dire "il faut réaliser ses rêves", une phrase particulièrement résonnante pour les jeunes présents face à lui.

VIDEO BIENTÔT DISPONIBLE

Un plus 

Roots of tomorrow

Roots of Tomorrow est un jeu de stratégie et de gestion d'une exploitation agricole. Dans ce jeu, vous êtes agriculteur/agricultrice et votre mission est de réussir la transition agroécologique de votre exploitation en 10 ans !

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