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« Parlons filières » : un rendez-vous pour mieux comprendre et échanger sur les filières

Dans le cadre du projet ATRACT, conduit en région Auvergne-Rhône-Alpes et dédié à l’attractivité des filières porcine, avicole et cunicole, un webinaire intitulé « Parlons filières » s’est tenu le 24 mars 2026. Les premiers résultats du projet mettent en évidence un manque de connaissance sur ces productions. Ce rendez-vous visait donc à mieux faire connaître ces filières et à favoriser les échanges entre professionnels.

La filière avicole, cunicole et porcine.
« Parlons filières » : un rendez-vous pour mieux comprendre et échanger sur les filières porcine, avicole et cunicole.
© Pamac

Les filières porcine, avicole et cunicole dans la région : état des lieux et principaux chiffres clés

La filière porcine en Auvergne Rhône-Alpes

Avec une production annuelle d’environ 850 000 porcs (soit 4,2 % de la production nationale), la région compte 797 sites d’élevage, dont 196 en plein air.

La filière porcine s’organise en trois grands maillons, de l’amont à l’aval :

  1. En amont : la fabrication d’aliments destinés à l’élevage.

  2. Au cœur de la production, la filière repose sur plusieurs types d’acteurs : 

  • Sélectionneurs et multiplicateurs : élevages spécialisés dans les croisements pour fournir des reproducteurs
  • 3 types d’éleveurs : 
    • éleveurs naisseurs-engraisseurs : élevage de truies, mise bas de porcelets et engraissement des porcelets 
    • naisseurs : éleveurs moins nombreux, élevages de truies, mise bas et vente des porcelets aux engraisseurs.  
    • engraisseurs : production de porcs charcutiers destinés aux abattoirs
Répartition des types d'éleveurs au sein de la filière porcine d'Auvergne Rhône-Alpes.

3. En aval :

  • Abattoirs : abattage et préparation de carcasses entières destinées et dirigée vers des ateliers de découpe,
  • Ateliers de découpe : transformation en pièces de viande,
  • Salaisonniers : fabrication de produits transformés.

À visionner : Une série sur les métiers de la filière porcine

Une filière rémunératrice

Selon les données de l’INRAE, les élevages porcins se situent parmi les productions les plus rémunératrices. Entre 2012 et 2023, ils occupaient la 3e place en termes de revenus, tout élevage confondu, et atteignent la première place sur la période 2020-2030.

À visionner : Visite au sein d'une usine de fabrication d'aliments

Une évolution de l’emploi en élevage

Si la main-d’œuvre globale a diminué entre 2010 et 2020, le nombre de salariés permanents a progressé de 45 % sur la même période. En Auvergne-Rhône-Alpes, les équivalents temps plein (ETP) se maintiennent, traduisant un développement du salariat et un socle d’emplois relativement stable.

Lire aussi : Portrait de Céline, cheffe d'élevage sur une exploitation porcine dans l'Allier.

Une filière bien ancrée dans le territoire

Répartie de manière homogène sur le territoire, la région Auvergne Rhône-Alpes rassemble 24 sites d’abattage de porcs donc 2 sont spécialisés en porc (site Les Crêts et Lapalisse). 88% des porcs abattus sont produits localement mais la région abat également des animaux venus d’autres régions françaises comme la région centre par exemple.

La région Auvergne-Rhône-Alpes est la première région française de fabrication de salaisons sèches.

À visionner : Au coeur de la fabrication du saucisson sec

Quelques chiffres clés

La répartition des débouchés illustre la structuration de la filière porcine :

  • 81 % des porcs sont destinés à des filières longues,
  • 18 % à la vente ou en circuit court,
  • le bio représente moins de 1 % de la production régionale.

Les produits bénéficient également de signes de qualité :

  • Labels rouges : porcs fermier d’auvergne, porc délice,
  • IGP : salaisons d’auvergne, d’ardèche,
  • démarche filière “montagne”,
  • agriculture biologique (AB).

En France, seulement 25% de la viande de porc est consommée sous forme de viande fraîche, contre 75% sous forme de produits de charcuterie.

La filière porcine régionale affiche des fondamentaux solides : structurée, rémunératrice et pourvoyeuse d’emplois. Un atout économique majeur qui gagne à être mieux valorisé.

À visionner : Dorine, associée sur une exploitation porcine près de Lyon

La filière cunicole : une production modeste mais organisée

A l’échelle nationale, la France est le 3ème pays producteur de l’Union Européenne (UE) après l’Espagne et l’Italie comptant 600 éleveurs. Plus discrète au niveau régionale, la région AURA reste la 5ème région productrice de lapins avec une quarantaine d’éleveurs et 81 tonnes équivalent carcasse produit en 2025.

95% des lapins commercialisés sont nés, élevés, abattus et transformés en France.

Une production de A à Z

Contrairement à la filière porcine, les élevages cunicoles sont des systèmes d'élevage naisseur-engraisseur avec un suivi complet des animaux. L’éleveur maîtrise l’ensemble du système de production grâce à une organisation planifiée.

Le système “tout plein-tout vide”

Deux types de système existent en élevage cunicole. Le système “tout plein-tout vide” et le système en parc. Concernant le premier, le cycle de production repose sur une gestion rigoureuse : 

  • Maternité : 
  • Jour 0 : mise bas dans un nid enrichi en copeaux. Une portée est constituée en moyenne de 10 lapereaux.
  • Jour 10-11 : la lapine est inséminée et continue de s’occuper des portées suivantes.
  • Jour 35 : sevrage des lapereaux et transfert des lapines en salle de maternité. Les lapereaux ne bougent pas.
  • Engraissement
    • Jour 72 : vente des lapereaux qui atteignent un poids vif d’environ 2,4kg. 
    • Jour 72-77 : vide sanitaire de la salle.
    • Jour 77 : les lapines sont retransférés dans cette salle.
Système en parc

Dans ce type de système, les lapereaux sont transférés après sevrage vers des parcs d’engraissement, contrairement au système précédent où les mères changent de bâtiment.

Discrète mais organisée, la filière cunicole repose sur des systèmes maîtrisés et une production majoritairement française. Un secteur de niche qui conserve des perspectives, à condition de renforcer sa visibilité.

Lire aussi : Tout savoir sur la filière cunicole en Auvergne-Rhône-Alpes

La filière volaille

Selon les projections, la consommation de viande de volaille devrait continuer à progresser d’ici 2033, portée principalement par le poulet, au détriment d’autres viandes comme le bovin selon une étude de l’Abcis.

Le cycle de production

De la sélection à l’élevage, deux filières se distinguent : la filière chair, destinée à l’engraissement pour l’abattage/découpe puis la filière ponte, pour l’élevage de poules pondeuses et production d'œufs pour les fabricants d’ovoproduits et les centres de conditionnement. 

Cycle de production de la filière avicole.

La filière régionale en quelques chiffres 

La filière avicole est à 3e filière animale d’Auvergne Rhône-Alpes en termes de chiffre d'affaires, située après la filière bovin lait et bovin viande

Elle se place entre le 3e et le 4e rang au niveau national avec environ 10 % de sa production en Auvergne Rhône-Alpes. C’est également la 4e région française de produits sous signe de qualité avec 10 IGP au total (volailles d’Auvergne, du Forez, de Bourgogne, poulet et pintade de l’Ardèche…). La filière détient les deux seules AOP européennes en poulet qui sont les volailles de Bresse et le poulet du bourbonnais

D’un point de vue géographique, trois bassins se distinguent sur la partie volaille de chair

  • le bassin sud avec la Drôme et l'Ardèche
  • le bassin Auvergne, principalement Allier/Puy-de-Dôme,
  • le bassin nord avec l'Ain, qui a des connexions avec avec la Saône-et-Loire.

Sur les cheptels pondeurs, on retrouve globalement la même répartition avec un poids plus important du département de la Drôme, producteur historique de poules pondeuses.  

Un élevage qui a sa place dans les élevages mixtes

Deux profils d’éleveurs existent au sein de la filière avicole : dans le département de la Drôme, c’est principalement un mode polyculture avec élevage de granivore, mais le polyélevage reste majoritairement présent avec de l'élevage de ruminant. Un quart des producteurs ont une production bio et à peu près la moitié ont d'autres SIQO. 

45% des éleveurs de volailles sont aussi des éleveurs bovins !

Quatre codes pour quatre modes d’élevage

Les œufs commercialisés portent un code désignant le mode d’élevage des poules : 

  • le code 2 - sol : animaux qui ne vont pas en plein air mais qui ne sont pas en cages aménagées,  
  • le code 1 - plein air : accès plein air et sur des bâtiments d'une taille de 20 à 25000 pondeuses avec 4 mètres carrés de parcours par poule, 
  • le code 1 - plein air Label Rouge : un accès aux plein air avec une taille de bâtiment limité à 6000 poules et un une taille de parcours qui est plus importante (5 m² par poule), 
  • le code 0 - Bio : un accès au plein air, des tailles de bâtiment qui peuvent être qui peuvent être variables mais qui sont généralement constitués avec des unités de 3000 poules et ce qu'on monte actuellement c'est plutôt du 12000 et 4 m²/poule.

Les élevages en cages aménagées persistent mais sont en recul, représentant environ 10 % des exploitations en 2024-2025.

Lire aussi : En Auvergne Rhône-Alpes, la course pour produire plus d’œufs

Atouts de la filière volaille

La filière avicole présente plusieurs avantages pour les exploitants :

  • charge de travail maîtrisée et régulière,
  • contractualisation longue durée avec les organisations de production,
  • accompagnement technique structuré,
  • faible saisonnalité, bonne visibilité sur les plannings,
  • ateliers adaptables selon les projets,
  • besoin limité en foncier,
  • conditions de travail majoritairement en bâtiment.

Ce premier webinaire « Parlons filières » confirme l’enjeu de mieux faire connaître les filières porcines, avicoles et cunicoles, encore trop souvent méconnues.

Entre structuration économique, diversité des systèmes et potentiel d’emploi, ces productions disposent d’atouts solides pour renforcer leur attractivité. Reste désormais à poursuivre les échanges entre professionnels et à améliorer la visibilité de ces filières auprès des futurs installés.

Lire aussi : Pénurie d'œufs : mythe ou réalité ?

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