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Malgré les efforts, l'objectif de 50 % de produits durables et de qualité fixé par la loi Egalim n'est pas atteint

La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a fait se rencontrer les acteurs de la RHD pour faire connaître les outils existants et les savoir-faire afin de les aider à atteindre les objectifs fixés par la loi Egalim d'introduire au moins 50% de produits durables et de qualité.

Dans le Puy-de-Dôme, seulement 38% des cantines publiques et privées ont déclaré s'approvisionner en produits durables et de qualité.
Dans le Puy-de-Dôme, seulement 38% des cantines publiques et privées ont déclaré s'approvisionner en produits durables et de qualité.
© stock.adobe.com

C'est dans les locaux flambant neufs, et non inaugurés, du lycée agricole privé du Breuil-sur-Couze qu'ont eu lieu ces deuxièmes rencontres de la RHD. La première édition avait eu lieu en 2024, sous forme de table ronde avec pour sujet les produits bio. Cette année, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme avait opté pour la forme d'un salon invitant davantage les acteurs du territoire et les outils existants à échanger. Élus, gestionnaires de cantines et cuisiniers étaient invités à rencontrer des producteurs et/ou transformateurs du territoire, avec pour objectif de tisser des liens à de possibles échanges

Il faut dire que la RHD s'est vue imposer par la loi Egalim d'atteindre le seuil de 50 % d'approvisionnement en produits durables et de qualité, dont 20% de Bio. 

Depuis le 1er janvier 2024, un nouvel objectif s'est ajouté : 60 % des viandes et des poissons présents dans les menus doivent être durables et/ou de qualité. Ce taux est même fixé à 100 % pour les établissements de restauration collective sous gestion de l'État

In fine, ces obligations doivent permettre d'améliorer le revenu des producteurs français, d'améliorer la souveraineté alimentaire de la France et de mettre dans les assiettes, des produits de meilleures qualités.

Produits durables et de qualité : une définition qui passe mal

Selon les derniers chiffres de Ma Cantine - la plateforme numérique de l'État sur laquelle les acteurs de la RHD ont l'obligation depuis 4 ans de déclarer leurs approvisionnements , le compte est loin d'être atteint. Dans le Puy-de-Dôme, seulement 38% des cantines privées et publiques déclarent leurs achats en produits sains et durables qui représentent 29 % de leurs approvisionnements (dont 10 % de bio). "Certaines cantines déclarent jusqu'à 100 %, d'autres sont à des niveaux très bas. » Selon Patrice Delair, adjoint-chef de pôle politique publique alimentation à la DRAAF, ces inégalités reposent « sur une méconnaissance de l'obligation de la loi Egalim et de la plateforme Ma Cantine ».

Du côté des acteurs de la restauration, il y a deux visions. D'abord, la définition des produits durables et de qualité ne fait pas l'unanimité. En effet, seuls les produits présentant un SIQO (signe officiel de qualité), produits sur la ferme et avec un faible impact environnemental sont éligibles à déclaration

Les produits issus d'exploitations engagées dans une démarche de diminution de 15 % des intrants, ou avec des MAEC, ou au moins 120 jours de pâturage, ou un taux de prairies supérieur à 80 % de la SAU... peuvent prétendre au qualificatif durable et de qualité. » 

La proximité entre le lieu de production et de consommation n'est pas un critère. Un défaut de taille pour Agrilocal 63

Cette définition est ambigüe (...) certains produits locaux, élaborés dans le département, sortent du dispositif, c'est contre-productif» pour Julien Meyroneinc, directeur adjoint - agriculture, sylviculture et alimentation au Conseil départemental du Puy-de-Dôme

 

La plateforme numérique met en relation de manière directe producteurs (agriculteurs et artisans) et consommateurs (cantines privées et publiques). En 12 années d'existence, elle a vu ses commandes en produits puydomois progresser avec un chiffre d’affaires atteignant 1,80 M€ en 2024. Les changements récents de la réglementation permettent désormais aux communes de réaliser des marchés publics de 6 mois à 1 an, ouvrant un peu plus les portes à l'achat de denrées départementales

C'est plus adapté pour les agriculteurs notamment les producteurs viandes pour qui il est difficile d'engager des volumes importants sur une longue période. »

Toutefois, là encore, il y a de bons et de mauvais élèves. Sur les 280 acheteurs inscrits, seulement 150 sont réellement actifs

Une cuisine centrale devrait voir le jour à Issoire pour balayer les inégalités

L'autre problématique à la consommation de produits durables et de qualités en RHD, est tout à la fois économique, logistique et politique. Communes, collèges ou autres n'ont pas des moyens similaires pour atteindre les objectifs fixés par la loi. Sur l'Agglo Pays d'Issoire (API), le président Bertrand Barraud mise sur la conception d'une cuisine centrale pour balayer les inégalités. Dans ce territoire comptant 87 communes rurales, le nombre de repas journaliers dans les cantines varie du simple au quintuple. 

L'objectif est d'approvisionner toutes les cantines du territoire, ce qui représenterait entre 2 500 et 3 000 repas/jour, avec des menus élaborés dans cette cuisine et composés majoritairement de produits locaux, le tout en ayant un équilibre économique. » 

L'ouverture de cette cuisine est envisagée entre 2027 et 2028.

Au-delà de la RHD, l'élu voit dans ce projet un investissement en faveur du maintien de l'attractivité des territoires de l'API et notamment les secteurs agricoles.

Sabine Tholoniat, vice-présidente de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme profite d'ailleurs de ces rencontres de la RHD pour rappeler aux élus : 

Atteindre les objectifs de la loi Egalim, c'est œuvrer à la souveraineté alimentaire de la France en privilégiant les produits des agriculteurs français, à des produits importés».

À lire aussi : « Les industriels veulent-ils encore faire tourner leur usine avec du lait français ? »

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