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Lilian Bonnabry, portrait d'un jeune agriculteur en quête d’excellence

À seulement 24 ans, Lilian Bonnabry est déjà pleinement engagé dans la gestion d’une exploitation agricole. Installé aux côtés de son père dans les Combrailles, il s’inscrit dans une histoire familiale vieille de quatre générations, qu’il prolonge aujourd’hui entre développement de la structure et recherche constante de performance.

Une installation agricole construite autour d’une opportunité

Né dans une famille d’agriculteurs, Lilian Bonnabry grandit sur l’exploitation familiale de Condat-en-Combrailles. Très tôt attiré par le métier, il suit un bac STAV à Marmilhat puis un BTS production animale à Brioude, en alternance. Une formation qui lui permet de se confronter rapidement au terrain, tout en voyant « si c’était fait pour moi, ou pas ». Mais son installation ne se limite pas à la ferme familiale. Au moment de son parcours, une opportunité se présente : son maître d’apprentissage souhaite transmettre son exploitation. Avec son père, ils décident alors de racheter ensemble cette seconde structure en 2022. 

« J'avais pas prévu d’être agriculteur aussi vite. J’aurais bien aimé voyager, découvrir d’autres exploitations, d’autres systèmes. Mais il fallait saisir l’occasion 

Diplôme en poche, il voit finalement le projet se concrétiser : le 1er janvier 2026, Lilian est officiellement installé.

Deux sites, du travail, et pas de pause pour le jeune agriculteur

Aujourd’hui, l’exploitation repose sur deux sites distants d’environ cinq kilomètres : la ferme familiale d’origine et celle rachetée lors de son installation. Avec leurs quelque 270 hectares de SAU, peuplés de Prim’Holstein, de Charolaises, ainsi que de cultures de céréales, maïs et pommes de terre, la famille n’a pas peur de s’ennuyer, peu importe la saison. « On n’a pas de stop », souligne le jeune agriculteur.

« Les vêlages des Charolaises attaquent. C’est là qu’on découvre la nouvelle génération, les veaux qui vont partir en concours, se réjouit-il. Mais c’est quasiment la plus dure .

Être son propre patron, mais travailler en collectif

Une chose est sûre, l’enfant du village est né pour être aux commandes. « En m’installant, ce qui me motivait le plus, c’était d’être mon propre patron ». Installé en GAEC avec son père, il revendique cependant le travail collectif, « je ne voulais vraiment pas travailler seul ». L’exploitation s’appuie notamment sur 5 salariés, dont sa sœur Maëlle, et un apprenti. Une organisation qui lui correspond, et qu’il espère encore renforcer dans les années à venir.

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La passion des concours en héritage

Chez Lilian, la passion de l’élevage ne se limite pas au quotidien de la ferme, elle se vit aussi sur les rings des concours. Très investi dans la sélection animale, il poursuit une quête exigeante, celle de l’animal idéal : « c’est ce qui m’anime », confie-t-il. Son premier concours Holstein ? Il s’en rappelle comme si c’était hier. Et c’est avec des étoiles dans les yeux qu’il remonte à ce beau jour de 2025, où deux de ses miss seront primées à Marmilhat.  

« C’était un pur moment de bonheur. Pour notre première, on était vraiment satisfaits des résultats. 

Toujours en mouvement : agriculture, rugby et chasse

C’est avec une marque au visage, témoin de son match du week-end dernier, que Lilian évoque, sans surprise, sa passion du ballon ovale. En mouvement dans la ferme comme sur le terrain, ce pilier du club de Cisterne-la-Forêt se réjouit particulièrement de son dernier résultat, « samedi, on a gagné la finale pour la montée. On a joué en R2 cette année, on sera en R1 l’année prochaine. On a fait un bon petit week-end ». Quand ce n’est pas jour de match, c’est jour de chasse. « J’ai des week-ends bien remplis. Je ne me repose pas beaucoup, mais c’est pas grave ».

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Porter sa voix

Au-delà de son exploitation, le condatais fait entendre sa voix dans le monde agricole. Engagé syndicalement, il multiplie les responsabilités : du bureau du syndicat Prim’Holstein à celui de l’intercanton des Combrailles en passant par son adhésion aux JA63. Un investissement qu’il assume pleinement, malgré un quotidien déjà bien chargé.

Pour lui, cet engagement est essentiel. En plus de montrer à l’échelle locale que « les jeunes agriculteurs sont toujours présents » et « qu’ils font vivre l’économie du territoire », il apporte un soutien dans les grandes instances. 

« Il faut des grosses têtes pour nous défendre, à l’échelle nationale comme européenne, parce qu’il y a des gros enjeux derrière pour notre survie .

Un autre aspect plus qu’important pour ce jeune, c’est la convivialité, et surtout le partage. « J’ai rencontré des gens qui sont devenus mes copains et qui m’expliquent comment ils travaillent. On a tendance à être un peu la tête dans le guidon dans les fermes, de pas trop regarder ailleurs. Quand on fait partie d’un syndicat ou d’une association, ça nous permet d’avoir d’autres points de vue ».

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