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AG 2026 de GDS Creuse : Bilan de l'année et Orientations Sanitaires

Le Groupement de Défense Sanitaire de la Creuse (GDS Creuse) a tenu le 9 avril 2026, dans la salle des fêtes d’Ajain, son assemblée générale (AG) sous la présidence de Pascal Josse.

Après la présentation des rapports financier et d’activité, le président Pascal Josse a présenté les orientations de GDS Creuse pour 2026, qui se déclinent à travers ses missions historiques.

La maîtrise des maladies contagieuses

Une répétition de maladies émergentes 

La mondialisation des transports de biens et de personnes favorise la dissémination des insectes vecteurs. Avec le changement climatique, les périodes d’inactivité sont de plus en plus limitées. Les causes d’émergence et de persistance de ces épizooties sont donc multiples mais le constat est là, il va certainement falloir nous habituer à voir arriver de nouvelles maladies. Nous avons subi les vagues de FCO 8 en 2024 et FCO 3 en 2025. Fort heureusement, la MHE semble avoir disparu et la DNC a épargné la Creuse.

La DNC, parlons-en ! La découverte des premiers foyers en Savoie fin juin 2025 a généré de la stupeur même si cette maladie était suivie de longue date, notamment à la suite de l’épisode dans les Balkans en 2016-2017. L’Europe s’y était préparée, en finançant en permanence un stock de vaccins immédiatement mobilisables. Toutes les forces locales, éleveurs, vétérinaires, services de l’État, les GDS et les Farago se sont mobilisés pour atteindre l’objectif d’une éradication rapide. On peut entendre que les mesures sont contraignantes, parfois douloureuses, mais bien respectées, elles ont permis l’assainissement dans les Alpes en moins de 2 mois !

Malheureusement, certains ont bravé le respect des mesures aux mouvements, parfois par méconnaissance, parfois par défiance des autorités ou intérêt commercial immédiat. Et d’une maladie circonscrite, on a basculé dans la confusion, avec des foyers de la Franche-Comté à l’Occitanie et une grande incertitude sur la situation réelle de la maladie. Cela a provoqué un blocage des exportations et l’annulation des rassemblements le temps de consolider la situation. Cette incertitude sanitaire a entraîné un déluge d’informations tronquées ou inexactes, sur les réseaux sociaux notamment, conduisant à un embrasement d’une partie du monde agricole.

GDS Creuse, structure sanitaire indépendante et impartiale, au service de l’élevage et des éleveurs, a pris sa part dans la communication : réunions d’informations, articles, site internet… Malgré la multiplication des canaux de communication, GDS Creuse a le sentiment que les éleveurs sont de plus en plus difficiles à toucher et que le message scientifique est trop souvent ignoré voir dénigré. Et que dire des 3 déversements en 1 mois et demi ! GDS Creuse a refusé de porter plainte, au nom de la solidarité entre éleveurs mais les dénonce et ne les comprend pas. Et GDS Creuse a dû assumer la charge financière de l’enlèvement du dernier passage.

Espérons que cette crise est derrière nous mais d’autres menaces tout aussi graves sont à nos portes : fièvre aphteuse en Grèce et à Chypre, clavelée et peste des petits ruminants en Europe de l’Est, fièvre porcine africaine dans 3 pays limitrophes. Cela doit nous conduire à réfléchir collectivement à une anticipation plus globale face aux maladies émergentes pour être moins vulnérables en cas de crise. Des travaux sont déjà en cours au niveau des instances européennes et GDS France y est associé.

La valorisation économique des animaux, repartie à la hausse ces dernières années, n’est pas due qu’à leur seule qualité génétique. C’est le fruit d’un long travail d’amélioration sanitaire, engagé il y a plus de 70 ans avec la création des GDS. Mais rien n’est jamais acquis. Il est d’ailleurs illusoire d’imaginer que les acheteurs « ont besoin » de nos animaux quel que soit le contexte, on a bien vu au plus fort de l’épizootie qu’ils commençaient à se détourner pour s’approvisionner dans les pays de l’Est ou plus loin encore.

Cela ne doit pas nous faire oublier les autres pathologies :

  • La tuberculose, dont nous sommes fort heureusement toujours indemnes sur le département, est une menace sérieuse en Nouvelle-Aquitaine. 13 cheptels creusois sont en dépistage du fait de leur lien avec un foyer et toutes les suspicions lors de la surveillance à l’abattoir ont été infirmées. GDS Creuse compte sur le professionnalisme de tous pour s’assurer que la maladie ne progresse pas. Et plus globalement, il appelle les éleveurs du département à la plus grande vigilance dans la gestion de leurs mouvements.
  • L’éradication de l’IBR en France est devenue un objectif majeur à l’horizon 2027 avec l’application de la Loi de Santé Animale européenne. Notre département est parfaitement placé pour y parvenir grâce au travail réalisé, il ne nous reste plus qu’un cheptel détenant des animaux positifs comme nous venons de le voir. Mais notre situation favorable ne doit pas nous faire oublier que la maladie circule encore dans certains départements, et plus que jamais restons vigilants lors de mouvements d’animaux, une contamination est vite arrivée !
  • La BVD est un autre chantier d’ampleur, les résultats sont encourageants et l’assainissement progresse. On constate malheureusement que quelques éleveurs pénalisent le collectif, que ce soit en retardant le bouclage de leurs veaux ou en ne mettant pas en place les mesures nécessaires dans leur exploitation. Les services de l’État aident efficacement, qu’ils en soient remerciés, mais il faut maintenant des évolutions réglementaires pour parvenir à l’objectif final, l’éradication en France en 2030. Et comme pour l’IBR, la plus grande prudence s’impose lors des mouvements, notamment de jeunes veaux.
  • Le dépistage de la paratuberculose gagnerait à être étendu car c’est une pathologie ayant un impact important dans beaucoup d’élevages. GDS Creuse est dans l’attente des analyses de mélange, qui permettraient à plus d’éleveurs de faire un état des lieux à moindre coût.
  • La besnoitiose est une menace pour les cheptels, qui commence à s’implanter en Creuse. Faute de réglementation nationale et de moyens financiers disponibles, GDS Creuse focalise son action sur la gestion des introductions car c’est une maladie qui s’achète !

Au sein de l’ASPNA, GDS Creuse suit le sanitaire porcin de l’ex-Limousin. Notre département est indemne de SDRP et doit le rester, mais le suivi de la faune sauvage indique que la brucellose porcine est endémique sur le département et plusieurs foyers de maladie d’Aujeszky ont été identifiés ces derniers mois.

La maîtrise de ces maladies passe notamment par la mise en œuvre de mesures de biosécurité sur les exploitations, notamment une gestion rigoureuse des mouvements et des contacts avec d’autres animaux.

Au quotidien, GDS Creuse aide les éleveurs confrontés à des problèmes sanitaires à diagnostiquer les pathogènes, identifier les pistes d’amélioration par la réalisation d’audits et mettre en place les mesures correctives. Cet axe est déterminant pour leur permettre de retrouver une situation sanitaire satisfaisante, nécessaire à la rentabilité économique de leur exploitation. Les animaux en bonne santé, déparasités, bien nourris et avec un accès à l’eau facilité sont plus résistants. Plus que jamais, un bon état sanitaire global du troupeau reste la priorité de l’éleveur.

Les garanties sanitaires des cheptels

La FRGDS Nouvelle-Aquitaine a été renouvelée en tant qu’Organisme à Vocation Sanitaire (OVS) animal unique pour la période 2025-2029 et reste délégataire de nombreuses missions. Depuis le 1er janvier 2026, sa section porcine est délégataire de la prophylaxie Aujeszky et de la Peste Porcine Classique, preuve de la confiance accordée par l’État à son OVS. Cela permet de maintenir des garanties qui sécurisent les échanges, que ce soit au niveau national ou international. Dans un monde toujours plus exigeant, ces garanties restent une porte d’entrée indispensable aux marchés.

Le mutualisme

Valeur historique des GDS, elle se traduit quotidiennement par l’aide apportée dans le cadre des caisses de solidarité : fonds d’action sanitaire, fonds de solidarité GDS Creuse et FRGDS NA, FMGDS, fonds porcins ASPNA et GDS Creuse. GDS Creuse collecte le FMSE et accompagne les éleveurs dans la constitution des dossiers.

La solidarité collective s’applique aux éleveurs concernés par la prophylaxie tuberculose. Dans le cadre du fonds de solidarité bovin, GDS Creuse prend en charge le reste à charge éleveur pour ses adhérents, s’ils sont à jour de leurs cotisations et si la prophylaxie a été effectuée de manière conforme.

En Creuse, GDS Creuse a mis en place le tiers-payant intégral ruminants qui permet aux 99,5 % d’éleveurs adhérents de bénéficier de tarifs négociés, avec une mutualisation de certaines analyses. Et afin de sécuriser la commercialisation de produits en circuits courts et dans la logique « de la fourche à la fourchette », GDS Creuse prend en charge 50 % des autocontrôles, avec l’aide du Conseil départemental, et a signé une convention avec la Chambre d’agriculture pour accompagner les producteurs fermiers.

Depuis le 1er janvier 2026, le Conseil départemental a fait le choix de reprendre son indépendance pour son laboratoire. GDS Creuse a confiance dans l’équipe en place pour permettre de garder un laboratoire de proximité, performant et avec un plateau technique élargi. Les relations communes doivent rester harmonieuses et constructives, pour le bénéfice des adhérents. GDS Creuse remercie également les élus qui, dans un contexte économique difficile, ont fait le choix de pérenniser ce partenariat historique, pour le bénéfice de l’élevage creusois et du laboratoire départemental.

Formations et information

C’est une action forte de GDS Creuse. Ses supports de communication sont reconnus de tous : GDS Creuse Mémo, article hebdomadaire sur la Creuse Agricole et le site Pleinchamp, information spécifique des vétérinaires, nouveau site internet de GDS Creuse… La 15e journée portes ouvertes a permis d’accueillir et d’échanger avec près de 400 personnes, qui ont pu découvrir l’activité du GDS et de sa filiale Farago Creuse. Vivement la 16e édition !

Localement, GDS Creuse accompagne les futurs éleveurs lors de leur scolarité, avec des formations régulières au lycée agricole d’Ahun puis lors de leur parcours installation. Leur sont proposées des aides financières sur les premières introductions ou la réalisation du Bilan Sanitaire d’Élevage.

GDS Creuse va continuer à animer des formations biosécurité bovine. Venus trop souvent par contrainte administrative, les éleveurs en repartent unanimement satisfaits, preuve que la connaissance technique est le socle d’un élevage performant.

Les couleurs des GDS seront affichées lors de manifestations comme Terre en fête ou le Sommet de l’élevage.

Enfin, GDS Creuse va poursuivre sa participation à différents groupes de travail régionaux ou nationaux pour mettre en avant l’action des GDS, toutes espèces confondues.

Farago Creuse, la filiale services

Farago Creuse, filiale de services de GDS Creuse depuis plus de 30 ans, poursuit son développement. Avec 4 autres Farago, elle a développé un logiciel professionnel adapté à nos métiers, Hygiaplan. Les prestations n’ont cessé de s’étoffer au fil des ans : parage, écornage, dératisation, désinsectisation, lutte contre les taupes… Avec l’évolution des demandes vers la biosécurité et le bien-être animal, Farago Creuse continue à développer l’offre de matériels de contention et de clôtures et ses 11 techniciens sont formés pour qu’ils puissent relayer les messages de GDS Creuse.

Et Farago Creuse ne manquera pas de vous présenter son nouveau matériel de décapage-désinfection, acquis avec une participation du Conseil Régional. Cela lui permettra d’intervenir au quotidien dans les élevages avec du matériel performant mais également de pouvoir répondre à toute demande en cas de crise sanitaire.

Conclusion

Le contexte sanitaire, la menace du Mercosur et la pression sociétale sur le monde agricole ont poussé dans la rue des éleveurs de Creuse et d’ailleurs. Si les causes de mécontentement sont multiples, il ne faut pas se tromper de cible. Et plus que jamais les exploitations ont besoin de rentabilité qui passe par une bonne maîtrise sanitaire. Il va également falloir s’adapter au changement climatique, avec son rôle dans la diffusion des maladies vectorielles mais surtout sur les récoltes et l’autonomie en eau avec un impact direct sur les animaux.

Comme au premier jour, les délégués cantonaux, administrateurs et salariés de GDS Creuse et de sa filiale Farago Creuse restent motivés pour accompagner les éleveurs. Pascal Josse en profite d’ailleurs pour remercier les élus pour leur investissement. On constate un recul de l’engagement dans les Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) qui met en péril le modèle de fonctionnement de ces structures. Depuis 70 ans, ce sont des éleveurs qui président aux destinées des orientations sanitaires, gardons le pouvoir ! Et il souhaite saluer le professionnalisme et l’engagement personnel de chaque salarié. Premiers contacts des adhérents et parfois en première ligne des expressions de colère et de mécontentement, ils ont à cœur de renseigner, expliquer et soutenir les éleveurs. Ils en sont remerciés et GDS Creuse les assure du soutien de tous ses élus.

Au nom de tous les éleveurs, Pascal Josse tient à remercier une fois de plus les partenaires de GDS Creuse : en tout premier lieu les vétérinaires, relais indispensable des actions et dont il partage plus que jamais les craintes pour le maintien d’un maillage efficace, le Conseil départemental, fidèle soutien moral et financier du monde de l’élevage, la DDETSPP et son service Santé Animale, le laboratoire départemental d’analyses, le service élevage de la Chambre d’Agriculture, les OPA locales avec lesquelles GDS Creuse collabore depuis plus de 70 ans et plus largement les instances régionale (FRGDS Nouvelle-Aquitaine) et nationale (GDS France).

Comme depuis 1953, GDS Creuse va continuer à travailler pour assurer la surveillance sanitaire du cheptel creusois et améliorer les performances économiques des élevages, autour des valeurs de solidarité, mutualisme, indépendance et impartialité. L’objectif, des animaux en bonne santé, productifs, donnant des denrées saines pour une meilleure valeur ajoutée.

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