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Installation-Transmission
Les nombreuses installations demeurent insuffisantes face au défi générationnel

Malgré des dispositifs d’accueil et d’accompagnement, le renouvellement des générations d’agriculteurs peine à suivre le rythme des départs en retraite qui va en s’accélérant. 

Une réalité qui interroge la capacité du territoire à maintenir son tissu agricole dans la durée. Le copil était suivi d'une session présidée par les Jeunes agriculteurs du Cantal. 
© R. Saint-André

Le renouvellement des générations agricoles reste un défi majeur dans le Cantal

Réuni en Copil, le Point accueil installation transmission (PAIT) a confirmé une tendance de fond préoccupante : la baisse continue du nombre de chefs d’exploitation, conjuguée à un vieillissement marqué, met sous pression l’équilibre agricole du territoire.

Entre 2020 et 2024, le département est passé de 6 053 à 5 768 chefs d’exploitation. Une diminution régulière qui s’explique par un déséquilibre persistant entre départs et installations. “Chaque année, 70 exploitations ne sont pas remplacées”, rappelle David Lamat, de la Chambre d’agriculture. Dans le même temps, 40 % des chefs d’exploitation ont plus de 55 ans, soit 2 321 agriculteurs, ce qui accentue mécaniquement les besoins à venir en transmission.

Une dynamique insuffisante

©AdobeStock

Malgré un taux de renouvellement de 2,9 % des fermes par an, considéré comme élevé, la dynamique reste insuffisante pour enrayer la tendance. “Des arrivées qui ne compensent pas les départs”, résume l’intervenant. Dans ce contexte, le vivier de porteurs de projets apparaît pourtant actif. Le Point accueil installation enregistre 205 candidats en 2025. “Ça ne désemplit pas”, observe Odile Bombal. Une majorité des projets concerne encore les productions bovines, et plus de la moitié des candidats est issue du cadre familial. Le recours aux aides reste structurant, avec 80 % des porteurs envisageant de solliciter la Dotation jeune agriculteur. L’accompagnement des candidats constitue, dès lors, un levier central.

Chaque année, 70 exploitations ne sont pas remplacées. Des arrivées qui ne compensent pas les départs. Il faut avoir en tête ce délai incompressible, qui sert la maturation du projet. » David Lamat, Chambre d’agriculture du Cantal.

Le parcours à l’installation, jalonné par le Plan de professionnalisation personnalisé (PPP), s’inscrit toutefois dans des temporalités longues. Il faut en moyenne 12 mois entre le passage au PAI et l’obtention d’un PPP agréé, puis six mois supplémentaires pour sa validation. “Il faut avoir en tête ce délai incompressible, qui sert la maturation du projet”, souligne David Lamat. Au total, près de dix mois au minimum sont nécessaires avant de pouvoir déposer une demande d’aides.

Une réforme qui interroge

La question de la transmission reste également déterminante. Gérard Vigier alerte sur “la faiblesse du nombre de candidats attirés par la forme sociétaire”, un facteur qui peut compliquer certaines reprises. Il souligne également que la moitié des candidats inscrits au répertoire départemental à l’installation (110 inscriptions par an au RDI) ne sont pas originaires du département et que 40 % souhaitent autre chose que de l’élevage bovin.

Au-delà des outils existants, une réforme d’ampleur se prépare. À l’horizon 2027, le dispositif France services agriculture doit instaurer un guichet unique pour l’accueil et l’accompagnement des porteurs de projets et des cédants. Structuré en trois niveaux, il vise à simplifier les parcours et à améliorer leur lisibilité. Mais cette évolution suscite des interrogations au sein de la profession. “On avait un système qui fonctionnait très bien localement”, rappelle Valentin Delbos, président des Jeunes agriculteurs du Cantal. “Le risque, c’est de créer un parcours plus light, pas forcément plus qualitatif”, redoute Jérémy Chancel, co-responsable installation des JA.

On avait un système qui fonctionnait très bien localement. Le risque, c’est de créer un parcours plus light, pas forcément plus qualitatif. » Valentin Delbos, président des Jeunes agriculteurs du Cantal.

Au final, le diagnostic reste sans équivoque. Malgré un accompagnement structuré et un nombre de porteurs de projets conséquent, le renouvellement des générations peine et, dans certains cantons, l’absence d’installation devient déjà une réalité (Champs-Saignes). Une situation qui appelle à renforcer l’anticipation des transmissions et à sécuriser les parcours d’installation, avec des outils comme les “stages test” entre cédant et repreneur.
 

Contacts selon la demande :  installation@cantal.chambagri.fr  (04 71 45 56 02) ; transmission@cantal.chambagri (04 71 45 56 10).       

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