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Biosécurité et résilience : comment protéger les élevages des risques sanitaires et des aléas climatiques ?

Dans un contexte marqué par les crises successives — FCO, MHE et plus récemment DNC — la question n’est plus de savoir si la pression sanitaire augmente, mais comment s’y adapter durablement.

 Les épisodes de fortes chaleurs sont délétères pour les animaux.
Les épisodes de fortes chaleurs sont délétères pour les animaux.
© Reussir

Plus qu’une contrainte ponctuelle, la pression sanitaire s’inscrit désormais dans un contexte structurel de changement. À l'occasion de leur assemblée générale annuelle, Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme a consacré un temps d’échange aux risques sanitaires en élevage et en cultures. Dans un contexte marqué par les crises sanitaires successives, l’adaptation n’est plus une option : elle constitue la condition même de la pérennité des élevages.

La responsabilité individuelle et la conscience collective sont indispensables pour lutter contre les maladies animales et leur propagation »

Des crises sanitaires à répétition et un climat qui s’emballe

Ces dernières années, les éleveurs français ont dû composer avec une succession d’alertes sanitaires : fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE), dermatose nodulaire contagieuse (DNC)… À ces épizooties s’ajoutent des pressions croissantes sur les cultures. La pression sanitaire est-elle plus forte qu’hier ? Le changement climatique joue-t-il un rôle déterminant ? Et surtout, comment préparer les exploitations agricoles aux bouleversements à venir ?

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Pour Florian Folleas, vétérinaire et membre du GTV Aura, l’urgence est réelle. « Le risque sanitaire est une question de plus en plus prégnante », souligne-t-il. Les projections climatiques qu’il évoque sont sans équivoque : une hausse moyenne des températures de 2 °C d’ici 2050, une diminution du nombre de jours de gel, des précipitations globalement stables mais concentrées sur des périodes plus courtes, et une multiplication des épisodes extrêmesinondations, canicules, sécheresses.

Le climat, vecteur de transformations irréversibles

Ce nouveau régime climatique n’est pas sans conséquences pour les élevages. L’alimentation animale, d’abord, pourrait être profondément bouleversée. Certaines espèces fourragères risquent de ne plus être adaptées demain. Les récoltes pourraient perdre en qualité, entraînant des déficits vitaminiques et des carences pour les troupeaux.

La conduite d’élevage devra également évoluer : réduction des vêlages en période estivale, anticipation des récoltes, gestion des surplus d’herbe en automne. Autre enjeu majeur : le stress thermique.

« Les épisodes de fortes chaleurs sont délétères pour les animaux », rappelle le vétérinaire

Dès 26 °C avec 40 % d’humidité, un bovin subit un stress thermique sévère : perte d’une heure de rumination par jour, baisse de 11 % de l’ingestion, diminution de 4,5 kg de lait quotidien, recul du gain moyen quotidien de 92 grammes et effondrement des performances de reproduction. Les impacts concernent aussi la gestation, l’immunité et même la descendance.

Dans ce contexte, la conception des bâtiments d’élevage devient stratégique. Ventilation performante, circulation de l’air, adaptation des infrastructures : l’anticipation est essentielle pour limiter les pertes économiques et sanitaires.

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Maladies émergentes : le rôle des vecteurs

Parallèlement, les maladies émergentes — majoritairement virales — se multiplient. Elles impliquent souvent des vecteurs tels que les moucherons. Si le changement climatique favorise leur expansion, il n’en est pas l’unique cause. Vitesse de multiplication des insectes, capacité de survie hivernale, intensification des échanges commerciaux, déplacements d’animaux, voire phénomènes de dégel des sols : autant de facteurs qui concourent à la diffusion des agents pathogènes.

Le risque devient plus diffus, plus complexe, et impose une vigilance accrue.

La biosécurité, premier rempart des exploitations

Face à ces menaces, le premier levier reste la biosécurité. Objectif : empêcher l’introduction d’agents pathogènes, limiter leur circulation au sein de l’élevage et éviter leur dissémination à l’extérieur.

Concrètement, cela suppose l’isolement rapide des animaux malades, la protection des animaux à risque, la réalisation d’analyses sanitaires lors de toute introduction et la mise en quarantaine systématique. S’y ajoutent la désinfection régulière des bâtiments, le respect des vides sanitaires, la lutte contre les nuisibles (insectes, rongeurs), ainsi que le nettoyage du matériel et des véhicules.

Pour certaines maladies, des mesures spécifiques peuvent être mises en place : adaptation des plans de pâturage, traitements ciblés, surveillance accrue en période à risque. Mais encore faut-il savoir détecter précocement les symptômes et identifier les causes. « Il est important d’être formé à la biosécurité », insiste Florian Folleas. Dans un environnement où les aléas climatiques et sanitaires s’intensifient, la formation et l’anticipation deviennent des piliers de la résilience des exploitations.

À lire aussi : Les culicoïdes, des insectes vecteurs de la FCO et de la MHE

 

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