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Recrudescence de gale ovine : une infestation parasitaire à expression plus ou moins flagrante

Des foyers de gale ovine sont actuellement observés en Limousin. Soyez vigilant lors d’achat d’animaux pour prévenir le risque de contamination de votre cheptel ! La gale ovine provoque des pertes économiques importantes: animaux affaiblis, baisse de production, surinfections diverses impactent durablement le revenu !

© GDS19

 

 

L’intensification des échanges impose d’être attentif dans la surveillance de votre troupeau et vigilant par rapport à toute introduction.

Un acarien microscopique 

Psoroptes ovis, agent de la gale psoroptique ovine, est un acarien microscopique (0,5 à 0,7 mm) qui vit sur la peau et dans l’épaisseur du derme et se nourrit de débris cutanés et de lymphes. Sa multiplication est rapide : le cycle complet prend 11 à 20 jours et libère potentiellement des milliards d’individus. La femelle fécondée peut vivre 5 à 6 semaines et pond une centaine d’œufs par jour, déposés à la surface de la peau, en marge des croûtes et lésions. Les œufs éclosent en 1 à 3 jours, et les larves deviennent adultes en 1 semaine.

Un pic d’activité à l’automne-hiver 

L’automne est une période favorable au développement de ce parasite. L’augmentation de l’hygrométrie, la baisse de la luminosité, la rentrée des animaux en bergerie avec une ventilation parfois perfectible génèrent une augmentation de l’activité des parasites et des signes cliniques. Au printemps, les parasites entrent en latence et sont au repos en été : ils se réfugient alors dans des zones corporelles abritées (fosses infraorbitaires, périnée, scrotum, plis inguinaux, espace interdigité, conduit auditif…).

Des symptômes discrets au départ puis rapidement caractéristiques 

Sur les adultes, les symptômes débutent de façon discrète par des démangeaisons avec l’apparition de boutons jaunâtres sur les parties lainées. Ces démangeaisons provoquent un réflexe buccal caractéristique lors du grattage des lésions ("rire du mouton"). La contagion se fait rapidement, on observe quelques animaux avec des mèches de laine tirées. Ensuite, le derme s’épaissit, des croûtes se forment, la laine s’arrache par plaques sur les flancs et le dos, laissant à nu une peau inflammée, croûteuse, épaissie. L’évolution conduit à des surinfections bactériennes avec une atteinte de l’état général, une perte d’appétit, des avortements… On peut déplorer des mortalités par hypothermie, faiblesse ou surinfection.

Certains animaux restent contaminés de façon chronique sans expression clinique flagrante, ce qui pérennise l’infection dans le troupeau. On voit parfois de jeunes agneaux à la toison décolorée par tâches suite au léchage continuel (agneaux léopards).

Il est essentiel d’avoir recours à son vétérinaire dès les premiers signes pour confirmer le diagnostic et entamer rapidement un traitement approprié !

Quelques confusions possibles avec d’autres causes de "grattose" 

Lorsque les conditions ne sont pas favorables à l’expression clinique de la maladie (printemps, été, animaux avec une bonne immunité…), les signes cliniquessont parfois modérés et des confusions sont possibles. Néanmoins, des signes complémentaires ou l’extension des lésions permettent le plus souvent de confirmer le diagnostic. Des tests sérologiques existent pour confirmer le diagnostic à l’échelle du troupeau ou d’un lot, et des actions collectives de maîtrise sont mises en place avec un programme national de gestion de la Gale Ovine diffusé par les GDS.

Une transmission directe principalement La transmission se fait le plus souvent d’animal à animal : introduction, rassemblements (foire, concours…), mélanges d’animaux (clôtures déficientes) ou parfois indirectement : chiens, oiseaux, clôtures, matériel de tonte, lieux de grattage (arbres, piquets…). Le parasite peut survivre deux semainesdans le milieu extérieur, voire jusqu’à trois semaines pour les femelles ovigères dans des conditions hivernales. Les zones souillées par le suint permettraient une survie plus longue des acariens.

La vigilance à l’introduction, une étape essentielle Pour éviter la contamination de votre troupeau, vous devez être particulièrement vigilant lors de toute introduction. Tout ovin introduit, même s’il est apparemment sain, doit être isolé, traité avec deux injections à une à deux semaines d’intervalle (protocole défini par votre vétérinaire) et maintenu isolé pendant au moins 30 à 40 jours. Une gestion adaptée des introductions représente une des bases de la gestion sanitaire de votre troupeau.

L’utilisation du Billet de Garantie Conventionnelle (BGC) peut éviter des conflits entre acheteur et vendeur et permet d’instaurer le dialogue sur les conditions sanitaires attendues.

Associer le traitement de l’animal et de l’environnement En matière de gale psoroptique, la lutte doit associer des interventions sur l’animal et sur son milieu (bâtiments, matériel, zones "grattoirs"…).

Le bain, une méthode adaptée aux grands troupeaux 

Le bain consiste à immerger totalement l’animal (au moins 1 minute avec la tête plongée 2 fois) dans une émulsion composée d’antiparasitaire, permettant la saturation de la toison si la longueur de la laine et la teneur en suint sont suffisantes (au moins 7-8 semaines après la tonte). Il doit être renouvelé à 10-15 jours d’intervalle. Cette méthode nécessite un respect strict du protocole et présente l’avantage d’un contrôle efficace des ectoparasites, mais elle implique une bonne préparation du chantier avec une contention optimale pour limiter le stress des animaux. Elle génère des quantités non négligeables de solution usagée à éliminer dans les règles pour ne pas polluer l’environnement. Elle n’est pas recommandée pour les jeunes agneaux ou les brebis en début de gestation.

L’injection avec une bonne maîtrise des techniques 

Le produit injecté par voie sous-cutanée ou intramusculairediffuse par voie générale dans l’organisme, détruisant les ectoparasites. Ce traitement est possible en toute saison et actif sur les parasites internes. Il nécessite une bonne maîtrise des techniques d’injection pour éviter une mauvaise diffusion du produit. Le coût est un peu plus élevé et le délai d’attente viande important, mais cette méthode est très efficace et limite l’exposition de l’environnement aux molécules de traitement.

Associer l’action sur les supports (bâtiments, zones "grattoirs") 

Dans les élevages infectés, la désinfection et la désinsectisation des bâtiments sont indispensables. Elles nécessitent un curaçage et un raclage des sols. Le nettoyage des souillures organiques est indispensable pour une bonne activité des produits. Il est nécessaire d’insister sur les murs jusqu’à 1,50 m à 2 m, sur les râteliers, les mangeoires et les nourrisseurs. La désinsectisationsera idéalement étendue aux clôtures ou zones "grattoirs" extérieures.

Des mesures de biosécurité essentielles 

Pour limiter la diffusion dans le troupeau :
  • Isoler les lots suspects sans contact direct ou indirect avec le voisinage ;

  • Vide sanitaire de 4 semaines des bâtiments ;

  • Vide sanitaire des pâturages pendant 4 semaines ;

  • Utiliser des tenues dédiées pour s’occuper des lots atteints ;

  • Ne pas introduire de nouveaux animaux pendant la gestion du foyer.

Pour protéger les autres troupeaux :
  • Ne pas faire sortir d’animaux de statut inconnu (sauf pour l’abattoir) ;

  • Ne pas mélanger vos animaux avec d’autres ;

  • Ne pas utiliser de matériel en commun ;

  • Informer ses voisins et les intervenants en élevage.

Gérer les introductions
  • Isoler les animaux/lots introduits pendant 30 à 40 jours ;

  • Ne pas utiliser de matériel en commun ;

  • Utiliser des tenues dédiées pour s’occuper des animaux isolés.

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