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Les agriculteurs appelés à redoubler de vigilance face aux restrictions d’eau

Face à la baisse alarmante des débits des cours d’eau, le Puy-de-Dôme a durci ses restrictions d’usage de l’eau depuis le 23 juin 2026. Entre réductions de prélèvements, interdictions d’irrigation aux heures chaudes et sanctions en cas de non-respect, tous les détails dans cet article.

© Mélodie Comte

Depuis le 4 juin, le Puy-de-Dôme était placé en niveau « vigilance » en raison de la dégradation de la situation hydrologique, aggravée par un temps chaud et sec. Le 18 juin dernier, le département est passé en alerte orange canicule puis rouge ce début de semaine.

Face à cette situation critique, Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme, a signé un arrêté entérinant de nouvelles mesures de restriction de l’usage de l’eau, effectives depuis ce mardi 23 juin 2026.

Ces restrictions concernent particulièrement les territoires en rive droite de l’Allier, le bassin versant de la Dore et la zone Cher amont, où les niveaux d’alerte renforcée, voire de crise, ont été déclenchés.

Les agriculteurs sont appelés à adapter leurs pratiques pour respecter ces nouvelles règles. Les mesures varient selon les zones et les types de ressources (eaux superficielles, souterraines ou réseau d’eau potable), avec l’objectif de réduire les prélèvements et préserver la ressource.

Des restrictions d'usages de l'eau ciblées selon les zones et les usages

Pour les eaux superficielles, les niveaux de restriction sont les suivants :

- Alerte pour les zones Dore amont et Allier rive droite (Eau Mère) ;

- Alerte renforcée pour la zone Dore aval ;

- Crise pour la zone Cher amont.

Concernant les eaux souterraines et le réseau d’eau potable, les mesures sont tout aussi strictes :

- Alerte pour la zone socle Dore amont ;

- Alerte renforcée pour la zone socle Dore aval ;

- Crise pour la zone socle Cher amont.

Les agriculteurs sont invités à consulter le site VigiEau pour connaître précisément le niveau de restriction applicable à leur commune et à leur type d’usage.

Niveau d'alerte et d'alerte renforcée : pas d'irrigation entre 10h et 18h

En niveau alerte, les agriculteurs doivent réduire leurs prélèvements nets de 25 % s’ils ne disposent pas d’un Plan d’Utilisation Rationnelle de l’Eau (PURE) ou d’un Plan de Sobriété Hydrique (PSH). Pour ceux qui en sont équipés, les dispositions du plan s’appliquent.

L’irrigation des grandes cultures, prairies et légumes de plein champ est interdite entre 10h et 18h, sauf en cas de tours d’eau autorisés. Pour le maraîchage, l’irrigation est également interdite entre 10h et 18h.

En niveau alerte renforcée, l’irrigation des grandes cultures reste interdite entre 10h et 18h, tandis que pour le maraîchage, la fenêtre d’interdiction s’élargit à 8h-20h. Les jardineries, fleuristes et pépiniéristes doivent quant à eux réduire leur arrosage entre 8h et 20h.

À lire aussi : Coup de chaud, déshydratation... Quels sont les symptômes et comment agir ? 

Niveau de crise : les prélèvements sont totalement interdits

En niveau crise, les prélèvements sont totalement interdits pour les industries sans PURE ni PSH.

L’irrigation des grandes cultures est interdite, et celle du maraîchage est réduite au strict minimum, avec une interdiction entre 8h et 20h.

Pour les cultures spécialisées (horticulture, jeunes plants, plantes médicinales), l’irrigation est également interdite entre 8h et 20h et réduite au minimum en dehors de ces horaires.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Le non-respect de ces mesures expose les contrevenants à des contraventions de 5ᵉ classe, soit :

1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale. La préfète rappelle dans son communiqué de presse du 23 juin que « ces restrictions sont obligatoires et que leur application est essentielle pour éviter une aggravation de la situation ».

À lire aussi : Forte chaleur et canicule, des périodes à risque desquelles il faut protéger ses salariés

Le Gouvernement prend des mesures pour soutenir les agriculteurs face à la canicule 

Réunis en urgence ce mardi avec les organisations professionnelles, la ministre Annie Genevard a annoncé une première série de mesures pour limiter les conséquencesde la canicule sur l’alimentation des animaux et les risques d’incendie.

Pour anticiper les difficultés liées à l’alimentation des troupeaux, le Gouvernement a décidé de faciliter l’accès aux ressources fourragères. Les préfets sont invités à confirmer que les jachères fauchées dans les zones concernées par des obligations de débroussaillement conserveront leur statut d’infrastructure agro-écologique (IAE), permettant aux exploitations de rester éligibles aux aides de la PAC 2026. 

Par ailleurs, les contrôles dans les exploitations agricoles seront temporairement reportés dans les départements en vigilance rouge canicule, jusqu’à la fin de l’alerte. 

Annie Genevard a souligné l’importance de protéger les agriculteurs, les animaux et les végétaux, rappelant que la souveraineté alimentaire est un impératif national. « Ces objectifs exigent des mesures rapides, fortes et adaptées », a-t-elle déclaré, insistant sur le pragmatisme nécessaire pour traverser cette période critique. Un nouveau point de situation avec les professionnels est prévu d’ici la fin de la semaine pour évaluer d’éventuelles annonces supplémentaires;

 

Les particuliers aussi concernés par les restrictions d’eau

Dans le Puy-de-Dôme, les particuliers doivent eux aussi adapter leurs usages de l’eau.

L’arrosage des jardins d’agrément, pelouses et espaces verts privés est interdit entre 10h et 18h en niveau alerte, et totalement interdit en alerte renforcée ou en crise.

Pour les jardins potagers et vergers vivriers, l’arrosage reste autorisé en dehors des heures les plus chaudes, mais avec des restrictions renforcées selon le niveau d’alerte.

Le remplissage des piscines privées de plus de 1 m³ est interdit, sauf pour la remise à niveau ou le premier remplissage sous conditions — et ce, dès le niveau alerte. En niveau crise, tout remplissage est prohibé. 

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