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Le Sommet de l'élevage en route pour une édition 2026 record

Du 6 au 9 octobre, le monde de l'élevage a rendez-vous à Clermont-Ferrand, pour la trente-cinquième édition du Sommet de l'Elevage marquée par une montée en puissance du pôle machinisme et la promotion du pastoralisme.

Concours national de la race limousine au Sommet de l'élevage.
Concours national de la race limousine au Sommet de l'élevage.
© Sophie Chatenet

Combien d'exposants sont attendus au Sommet de l'Elevage 2026 ?

« Cette édition, on la souhaite encore plus importante que les précédentes ». Les propos du président du Sommet de l'Elevage, Jacques Chazalet, résonnent singulièrement alors qu'en 2025, l'évènement a été privé d'animaux, en raison de la DNC (dermatose nodulaire contagieuse). A l'aube d'une nouvelle édition, même si le volet sanitaire demeure une préoccupation de chacun instant, le cap fixé demeure celui de l'expansion. 1 688 exposants au compteur à quatre mois de l'évènement avec l'objectif d'en accueillir au final 1 800 répartis sur un plateau d'exposition de 120 000 m²...

Soirée au Sommet de l'Elevage.

Inédit : des démonstrations de matériels au champ au Sommet de l'Elevage

« On a réussi à trouver 10 000 m² supplémentaires pour accueillir davantage d'acteurs du machinisme agricole, ce qui fait du Sommet le plus grand rendez-vous français du machinisme agricole. Par ailleurs, une agora du machinisme agricole en partenariat avec les professionnels du secteur (Axema, Sedima) sera mise en place avec des conférences et des animations. Et pour la première fois, le Sommet sera le théâtre de démonstrations au champ de matériels agricoles », explique Benoît Delaloy, commissaire général du salon.

Lire aussi Machinisme agricole : Qu'attendent les agriculteurs de leurs concessionnaires ?

La race limousine en concours national

Du côté des concours, la race limousine sera en concours national au Sommet de l'Elevage. Un honneur pour les responsables de la race mais aussi une opportunité pour communiquer, multiplier les contacts et faire des affaires.

« On a comptabilisé 800 candidatures d'animaux pour participer au concours. Nous en sélectionnerons la moitié. Nous sommes la première race à avoir organisé un concours national au Sommet en 2004. Les 150 éleveurs présents savent à quel point ce rendez-vous est crucial pour concrétiser des actes commerciaux avec des acheteurs français et étrangers », témoigne Olivier Lasternas, président du herd-book Limousin.

National limousin au Sommet de l'Elevage.

 

La limousine, en pôle position des races à viande françaises

Avec ses 1,3 million de vaches, le second cheptel allaitant de France, la race limousine entend bien profiter du Sommet pour capitaliser sur ses qualités raciales et ses outils de recherche mis à profit des éleveurs à travers la structure IngenomiX. « Aujourd'hui, à différentes échelles dans nos élevages, nous n'avons plus de frein à travailler avec des outils d'insémination artificielle de plus en plus pointus, avec des taux de réussite de plus en plus au rendez-vous. On a des outils innovants aussi sur les clôtures électriques. Ce sont autant nouveautés qui permettent d'alléger le travail des éleveurs au quotidien et in fine de donner envie aux jeunes de s'installer en élevage, à l'heure où plus de la moitié des éleveurs ont plus de 50 ans », poursuit l'éleveur de Dordogne.

Rendez-vous vous est pris début octobre au Zénith d'Auvergne pour assister à un concours national de haute volée. 

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Un pôle dédié à la santé animale au Sommet de l'Elevage

Les races laitières ne seront pas en reste, avec un hall réaménagé et un ring plus spacieux. La race jersiaise en profitera pour organiser un concours interrégional d'envergure. Chez les ovins et les caprins, à noter deux concours d'importance, celui de la race ovine bizet et de la race caprine alpine. Le hall 2 constituera un pôle dédié à la santé animale, avec une agora qui proposera des conférences autour des enjeux sanitaires et sur les filières granivores (porc et volaille).

Le Sommet de l'Elevage, point d'orgue de l'année internationale du pastoralisme

L'édition 2026 sera en effet à nouveau l'occasion de promouvoir le métier d'éleveur mais aussi de promouvoir auprès du monde entier, l'excellence de la génétique animale française ainsi qu'une certaine idée de l'élevage. Des délégations d'une centaine de pays seront présentes.

« Elles viennent de plus en plus nombreuses, en partenariat avec des agences dans le monde, Business France, elles viennent chercher au sommet, ce qu'elles n'ont pas chez elle. On est un vrai supermarché de l'agriculture », précise Benoît Delaloy. Le Sommet, un supermarché agricole mais aussi le temple de l'élevage durable où le pâturage revêt une dimension essentielle.

En cette année internationale du pastoralisme, ce n'est d'ailleurs pas un seul et unique pays qui sera à l'honneur du salon, mais bien une pratique dans son ensemble. Un espace de près de 800 m² sera consacré aux pratiques pastorales tandis que plusieurs pays aux côtés de la France et du Massif central en seront les ambassadeurs : la Mongolie, l'Espagne, la Colombie, et l'Afrique représentée par la Côte d'Ivoire et le Soudan

Gregorio Velasco Gil, coordinateur pastoralisme à la FAO.

« Le pastoralisme est considéré par la FAO (organisation pour l'alimentation et l'agriculture) comme un levier d'action pour lutter contre la faim dans le monde. C'est un secteur de la société et de l'économie et pas seulement de la culture et du folklore. Or, partout dans le monde, les systèmes pastoraux sont sous pression, soumis à la fragmentation, la compétition des usages. Les jeunes éleveurs ont besoin de perspectives économiques stables, et de considération des citoyens.

L'année internationale du pastoralisme doit marquer un tournant dans la prise en compte de ces enjeux. On a besoin des politiques qui reconnaissent tous les bienfaits du pastoralisme », explique Gregorio Velasco Gil, coordinateur pastoralisme à la FAO.

L'ambassadrice de Mongolie en France.

Une position partagée par Nyamkhuu Ulambayar, ambassadrice de Mongolie en France : « Il s'agit de rendre visible les contributions des 500 millions d'éleveurs qui chaque jour grâce au pastoralisme veillent à la santé humaine, à la préservation de la biodiversité et sont sources de solution face au changement climatique ».

Alors que l'assemblée mondiale des éleveurs pastoraux se tiendra à Oulan-Bator, en Mongolie en août 2026, le Sommet constituera selon elle, un temps fort de lobbying autour du pastoralisme.

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La Place de Jaude transformée en une immense prairie 

Dans le Massif central, où le pâturage constitue le socle de base du territoire, « il est indispensable d'entretenir et de respecter les fondations. Cela passe par un éveil des consciences sur le nécessaire accompagnement des éleveurs auprès des pouvoirs publics à travers notamment la Pac mais aussi auprès des citoyens », poursuit Bruno Dufayet, éleveur dans le Cantal et président de l'Apramac (association de promotion du Sommet de l'Elevage). Valoriser les systèmes d’élevage herbagers et pastoraux du Massif central en renforçant les liens entre agriculture, territoires et société. Tel est justement l’ambition du projet Pâture qui, en 2026, donnera lieu à un grand évènement populaire à Clermont-Ferrand. En même temps que le Sommet de l'Elevage dès le mardi 6 octobre, la place de Jaude va se transformer en un gigantesque pâturage. Au programme : la reconstitution d’une prairie vivante et inspirante, des conférences, des animations culturelles et festives, des espaces pédagogiques, des dégustations de produits...
 

Philippe Kahn et Bruno Dufayet.

Les salons d’élevage plaident pour un certificat sanitaire unique

Après des éditions perturbées par les maladies animales, à l’initiative de Races de France, le Salon de l’agriculture, le Space et le Sommet de l’élevage ont envoyé un courrier à la ministre de l’Agriculture pour l’informer qu’ils « se concertaient et travaillaient ensemble » sur le volet sanitaire. La démarche vise « à trouver ensemble les solutions pour continuer à montrer à nos visiteurs professionnels ou grand public, la diversité de l’élevage français ». Cette initiative est menée avec Races de France (organismes de sélection) et GDS France (groupements de défense sanitaire), et elle est « soutenue » par quatre associations spécialisées de la FNSEA (bovins viande, bovins, ovins, caprins). Elle « reste ouverte » à d’autres salons qui seraient intéressés, précise Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca (SIA), ajoutant qu’une « réunion de travail se tiendra après la loi d’urgence agricole ». En parallèle du cadre réglementaire, « l’idée est de définir des règles préalables pour maintenir autant que faire se peut les rassemblements d’animaux », précise le président de GDS France, Christophe Moulin. Le tout en évitant de « faire courir des risques aux exposants et aux acheteurs d’animaux ». Comme le rappelle le directeur du Ceneca, le Salon de l’agriculture 2026 « a été une leçon puisque, tout le monde le sait, sans bovins, sans vache égérie, nous avons perdu un nombre important de visiteurs ». Après l’annulation de la présence des bovins en raison du risque de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’édition 2026 du SIA a enregistré une chute de 27,9 % de sa fréquentation, à 437 402 visiteurs. En 2025, malgré l'absence d'animaux, le Sommet de l'Elevage avait attiré 104 000, soit une baisse de fréquentation de 13,4 % par rapport à 2024.

Lire aussi Politique agricole commune : Pourquoi le Massif central estime que l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) ne peut pas être déconnectée de l’élevage ?

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