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Prédation record du loup : le gouvernement renforce la défense des élevages et les quotas d’abattage

4 441 attaques en 2025, +15 % de victimes : face à une prédation record, le Gouvernement a annoncé mardi un durcissement des règles de défense des troupeaux, avec des quotas d’abattage revus à la hausse et des tirs de protection simplifiés. 

© Adobestock

Face à l’augmentation continue des attaques de loups sur les troupeaux, les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique ont annoncé le 24 février 2026 de nouvelles mesures visant à faciliter la défense des élevages, tout en garantissant la conservation du loup. La réponse était attendue par les éleveurs, confrontés à une prédation record en 2025.

À partir de la troisième attaque, les éleveurs non protégés ne bénéficieront plus d’indemnisation.

Prédation du loup en France : une hausse alarmante en 2025

En 2025, la France a enregistré 4 441 attaques attribuées au loup, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Le nombre d’animaux victimes, principalement des ovins, a quant à lui bondi de 15,1 %, atteignant 12 927 bêtes. Dans les zones où le loup s’installe récemment, la situation est encore plus critique : les attaques y ont progressé de 38,4 %, et le nombre de victimes de 27,3 %. Des chiffres qui reflètent une réalité douloureuse pour les éleveurs, tant sur le plan économique que psychologique.

À lire aussi : Annie Genevard détaille le budget agricole et annonce la simplification des tirs sur le loup

Nouvelles mesures gouvernementales pour protéger les troupeaux contre le loup

Pour répondre à cette crise, le gouvernement a annoncé plusieurs évolutions majeures :

  • Augmentation des quotas d’abattage de loups : ceux-ci passent de 19 % à 21 % de la population (soit 227 loups), avec la possibilité d’atteindre 23 % (248 loups) en cas de prédation intense.
  • Simplification des tirs de défense : les éleveurs pourront désormais effectuer des tirs de défense sans autorisation préfectorale préalable, via une simple déclaration

    Cette mesure s’applique même pour les élevages non protégés.

  • Dérogation pour les tirs de prélèvement : une demande exceptionnelle pourra être faite pour obtenir un tir de prélèvement durant le premier semestre (hors période de naissance des louveteaux, du 15 avril au 15 juin) en cas de circonstances exceptionnelles.
  • Intervention accélérée : les tirs de prélèvement et l’envoi de la brigade mobile d’intervention de l’Office français de la biodiversité (OFB) pourront être déclenchés sans attendre la mise en place de mesures de protection.
  • Collaboration renforcée : les ministres prévoient une association plus étroite de la profession agricole aux décisions opérationnelles pour améliorer l’efficacité de la défense des élevages.

À lire aussi : Deux nouvelles attaques de loup dans le Puy-de-Dôme, une troisième en cours d'analyse

Équilibre entre protection des troupeaux et conservation du loup

Dans son communiqué de presse, le Gouvernement réaffirme son attachement à la conservation du loup, tout en reconnaissant la nécessité d’agir pour les éleveurs. 40 millions d’euros par an continueront d’être alloués aux mesures de protection (clôtures, chiens de protection, etc.). Cependant, à partir de la troisième attaque, les éleveurs non protégés ne bénéficieront plus d’indemnisation.

Pour Annie Genevard, ministre de l’Agriculture :

il est insupportable pour un éleveur de voir son travail anéanti par le loup. Nous simplifions les règles pour agir vite et efficacement »

Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, souligne quant à lui la nécessité d’une « coexistence pragmatique » entre l’Homme et le loup.

Si ces mesures marquent une avancée, certains éleveurs et syndicats agricoles appellent déjà à une révision législative pour aller plus loin. Une question qui pourrait s’inviter dans les débats politiques des prochains mois.

À lire aussi : Prédation Loup en Corrèze : une pression qui s’intensifie, des coûts qui explosent

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