Le GDS Puy-de-Dôme entre progrès majeurs et défis sanitaires persistants
Entre éradication de l’IBR, dépistage incomplet de la BVD et progression de la Besnoitiose, les enjeux sanitaires pour 2026 restent importants. La stabilité sanitaire dans le département démontre l’importance de l’engagement du GDS 63 et des éleveurs.
Entre éradication de l’IBR, dépistage incomplet de la BVD et progression de la Besnoitiose, les enjeux sanitaires pour 2026 restent importants. La stabilité sanitaire dans le département démontre l’importance de l’engagement du GDS 63 et des éleveurs.
Alors que le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) du Puy-de-Dôme a présenté son rapport d’activité pour 2025 lors de son assemblée générale, une image nuancée émerge, celle d’un département où la santé animale progresse mais où les vigilances restent de mise.
Avec 97 % des bovins et 94 % des éleveurs adhérents, le GDS confirme son ancrage dans l’élevage local. Pourtant, les maladies prioritaires que sont l’IBR, la BVD et la Besnoitiose rappellent que la lutte sanitaire est un combat de chaque instant.
IBR : « dernière ligne droite avant l’éradication », mais sous haute surveillance
La Rhinotrachéite Infectieuse Bovine (IBR) recule dans le Puy-de-Dôme. En 2025, seuls 8 cheptels étaient encore positifs, contre 12 l’année précédente, avec 169 bovins infectés (contre 363 en 2024). Une performance qui place le département au-dessus de la moyenne nationale : 99,7 % des troupeaux y sont désormais qualifiés « indemnes », contre 96,4 % en France. Pourtant, l’objectif national de 99,8 % d’ici 2027 impose de maintenir la pression. Cinq cheptels restent encore à assainir en 2026 dans le département.
Les éleveurs du Puy-de-Dôme doivent garder le cap et conserver leur vigilance lors des mouvements de bovins » appuie François Peyroux, directeur du GDS 63.
Face à l’IBR, les règles de mouvement des animaux sont strictes. Si 97 % des cheptels indemnes bénéficient d’une liberté totale, les 3 % restants subissent des restrictions (quarantaine de 21 jours, contrôles avant départ) mais la maladie ne connaît pas de frontières. Depuis le début de l’année 2026, huit alertes ont déjà été enregistrées sur le territoire français, principalement liées à des contaminations en centres de rassemblement ou sur les marchés. Pire, une épidémie en Allemagne menace de s’étendre, rappelant que le virus BHV-1, responsable de l’IBR, peut être excrété à vie par les animaux porteurs, notamment en période de stress (transport, vêlage).
Le GDS 63 appelle donc les éleveurs à la vigilance et à renforcer la prophylaxie renforcée.
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BVD : un dépistage à parfaire, une collaboration à renforcer
La Diarrhée Virale Bovine (BVD) reste un sujet de préoccupation au sein du groupement de défense sanitaire, malgré des indicateurs globalement stables.
En 2025, 14 nouveaux foyers ont été détectés dans le Puy-de-Dôme, un chiffre identique à 2024 mais en baisse par rapport aux 25 foyers de 2023. Pourtant, 7 065 bovins n’avaient toujours pas de statut BVD à la fin de l’année, et 22 % des élevages comptaient au moins un veau non dépisté. Un constats qui pousse le GDS à insister sur l’objectif du 100 % de dépistage.
Ce sont les deux actions combinées (dépistage des veaux naissants et des introductions en élevage) qui permettent d’éloigner les dangers de la BVD de son élevage. »
Les chiffres restent malgré tout encourageants avec 125 760 veaux dépistés en 2025, soit 98,2 % des naissances dont seulement 85 se sont révélés positifs. Là encore, les non-conformités persistent. En 2025, 27 cheptels ont été sanctionnés pour des veaux non dépistés (dont 13 levées), et 3 pour non-élimination d’animaux Immunotolérants Persistants (IPI). Au total, 18 cheptels restaient non conformes dans le Puy-de-Dôme au 31 décembre 2025.
Pour y remédier, le GDS 63 mise sur la surveillance sérologique, notamment via des tests sur des animaux sentinelles (9 à 24 mois) pour les troupeaux vaccinés.
Depuis l’an dernier, le GDS 63 propose un dépistage annuel des jeunes bovins (9 à 24 mois) pour une surveillance sérologique sur prise de sang au moment de la prophylaxie pour tous les éleveurs vaccinant leur troupeau (vaccins à protection fœtale). En contrepartie, les éleveurs n’ont plus l’obligation de réaliser le contrôle virologique sur cartilage auriculaire ».
Une collaboration avec les chasseurs a également été mise en place. Cent animaux sauvages (chevreuils, cerfs, mouflons) ont été prélevés, avec 23 % des colliers attribués. Une initiative d’autant plus importante que la faune sauvage pourrait jouer un rôle dans la transmission de la maladie, comme le suggère un cas douteux détecté chez un chevreuil.
Besnoitiose : une maladie en progression, une sensibilisation à amplifier
Moins médiatisée mais tout aussi préoccupante, la Besnoitiose voit sa prévalence augmenter dans le Puy-de-Dôme.
La Besnoitiose est une maladie parasitaire sans traitement et sans vaccination, seule l’action préventive et le bon sens des éleveurs permettent d’éloigner le risque de contagion » alerte François Peyroux.
En 2025, 13 289 bovins ont été analysés à l’introduction, révélant 101 cas positifs. Les dépistages à la demande (plans, concours) ont, eux, mis en évidence 512 animaux positifs sur 4 777 testés. Chez les laitiers, 807 cheptels ont été contrôlés, avec 21 positifs (2,6 %, contre 4,6 % en 2024). Deux animaux positifs ont même été détectés en 2025-2026. « +90 % des animaux achetés sont dépistés pour éviter d’introduire la maladie en élevage. »
Là encore, le problème de l’élimination de ces animaux persiste. Ils ne sont pas toujours réformés, notamment dans les zones où la prévalence reste faible. Une situation qui contraste avec les plans d’assainissement, en hausse (9 en 2025 contre 5 en 2024 et 1 en 2023).
La maladie, qualifiée d’émergente en France, se caractérise par des cas sporadiques et une détection souvent tardive. Dans le Puy-de-Dôme, le profil est plutôt intermédiaire, avec une diffusion progressive via les mouvements d’animaux, l’estive ou le voisinage.
Face à ce constat, le GDS 63 mise sur la sensibilisation et les plans d’assainissement, avec une incitation financière à la réforme des animaux positifs. « Des plans d’assainissement et des accompagnements financiers sont proposés. »
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Petits ruminants : des avancées, mais des marges de progression
En 2025, le GDS Puy-de-Dôme comptait 71 214 ovins (répartis parmi 326 détenteurs) et 6 688 caprins (100 détenteurs). Les taux d’adhésion progressent : 59 % des éleveurs ovins et 51 % des éleveurs caprins sont désormais membres, contre respectivement 65 % et 52 % en 2024. Une dynamique positive, mais qui laisse encore une marge de manœuvre.
Côté actions, la vaccination contre la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) a mobilisé une enveloppe de 52 500 €, dont seulement 24 000 € ont été utilisés.
La gale ovine est un sujet de préoccupation dans le département. Une proposition est en cours pour évoluer vers des prises en charge plus ciblées, notamment via la sérologie, afin de limiter les traitements systématiques à la montée en estive.
Les orientations de 2026
Les perspectives pour 2026 pour le GDS 63 sont claires : poursuivre les conventions avec la Fédération des Chasseurs (pour la BVD) et la FMGDS (pour la Besnoitiose), maintenir les aides départementales (175 000 € en 2025) pour les analyses, et optimiser l’utilisation des enveloppes disponibles, comme celle dédiée à la FCO (52 500 €).
Le GDS mise également sur la finalisation du projet CASDAR (2025-2028), dédié à la surveillance de la résistance aux vermifuges, et sur le renforcement des visites en élevage, notamment pour les jeunes installés et les cas sanitaires complexes.