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Le bilan économique des fermes du Puy-de-Dôme entre rebond et effondrement

Tandis que les filières animales renouent avec la croissance, les grandes cultures subissent une pression inédite sur leurs marges. Ce contexte national s'observe dans les références économiques de CerFrance Puy-de-Dôme Avenir et CerFrance Alliance Massif Central.

Les bons rendements n'ont pas suffi à compenser la baisse des cours des céréales, impactant lourdement l'économie des fermes céréalières puydomoises.
Les bons rendements n'ont pas suffi à compenser la baisse des cours des céréales, impactant lourdement l'économie des fermes céréalières puydomoises.
© Mélodie Comte

La semaine dernière, CerFrance Puy-de-Dôme Avenir a présenté ses chiffres comptables de la ferme puydômoise. Les experts du cabinet d’expertise comptable ont détaillé, filière par filière, les résultats économiques des exploitations pour 2025. Les chiffres présentés sont hypothétiques puisque les comptabilités seront définitivement clôturées en avril prochain.

Les points clés du contexte économique agricole français

Après une baisse de 13,5 % de la Valeur Ajoutée Brute (VAB) et une volatilité persistante jusqu’en 2020, l’année 2025 affiche un rebond de la valeur ajoutée, porté par une forte hausse des prix dans la production animale. À l’inverse, la production végétale, bien que stable en volume, subit une baisse continue des prix.

« La balance commerciale nationale, quant à elle, retrouve des niveaux comparables à la fin des années 1970, avec un déséquilibre croissant entre exportations et importations » souligne Annabelle Barthélémy-Dubost du service études et références.

L’IPAMPA (Indice des Prix d’Achat des Moyens de Production Agricole) se stabilise en 2024-2025, avec une baisse des prix des intrants (alimentation animale, carburant). Cependant, les frais de structure (entretien, assurances, charges sociales) continuent leur progression, pesant sur les marges.

Inévitablement, ce contexte a impacté les exploitations puydomoises.

Les éleveurs allaitants du Puy-de-Dôme, les grands gagnants de la conjoncture

La filière bovin viande du Puy-de-Dôme affiche une bonne santé économique. Le cheptel poursuit sa diminution (-29 000 naissances entre 2024 et 2025), mais deux signaux positifs émergent : le ralentissement de la baisse du nombre de vaches allaitantes et la conservation des femelles. « Les prix favorables incitent les éleveurs à conserver les animaux. »

Dans le Puy-de-Dôme, l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) pourrait atteindre 815 €/UGB en 2025 (+49 %), avec une valeur ajoutée de 8 000 à 28 000 €/UTH totaux

La rémunération permise doublerait, atteignant 40 000 €. Le bilan de santé des exploitations s’améliore : 62 % sont en bonne santé en 2025, contre 55 % en 2019.

À lire aussi : Élevage allaitant : « Le Puy-de-Dôme est avant tout un département de naisseurs, pas d'engraisseurs »

Les éleveurs laitiers du Puy-de-Dôme profitent d'un rebond économique mais qui reste fragile

« La filière laitière bénéficie d’un rebond de la collecte en fin d’année, soutenu par une bonne campagne fourragère et une baisse des prix des aliments » rappelle l’experte. « Les prix du lait restent incitatifs, et les réformes sont limitées. » Cependant, les taxes antidumping chinoises pourraient freiner les exportations au niveau national.

Dans le Puy-de-Dôme, les exploitations (1,9 UTH, 112 ha en moyenne) pourraient voir leur EBE atteindre 235 €/1 000 L (+9 %), avec une rémunération permise de +80 €/1 000 L.

Malgré tout, le bilan de santé des exploitations laitières ne s’améliore guère puisque 25 % d’entre elles sont encore considérées comme fragiles en 2024-2025

Selon Annabelle Barthélémy-Dubost, « les trésoreries se dégradent en raison de la hausse des investissements et l’augmentation de l’autofinancement ».

Encore une fois, les chiffres témoignent de l’activité N-1, établis à partir des comptabilités 2024-2025. Ils ne prennent pas en compte le contexte laitier actuel, impacté par l’afflux de lait inattendu dû à l’automne favorable qui entraîne une baisse significative des prix depuis le début de 2026.

À lire aussi : « On fait du volume et du taux », une production laitière record dans le Puy-de-Dôme

Les éleveurs ovins du Puy-de-Dôme profitent toujours des cours élevés de l'agneau

La filière ovine profite d’un déséquilibre offre demande, maintenant les prix à des niveaux « quasi records ». Malgré une baisse de la consommation d’agneau (due à la hausse des prix) et un décalage des naissances lié à la FCO qui ont tiré les prix vers le bas, ceux-ci sont rapidement remontés.

À l’échelle CerFrance Alliance Massif Central (5 départements), les exploitations ovines (1,4 UTH en moyenne) maintiennent un EBE de 120 €/brebis en 2025, avec une valeur ajoutée de 7 750 €/UTH

La rémunération permise dépasse le SMIC

Le bilan de santé s’améliore, avec presque aucune exploitation fragile en 2025, bien que « la FCO puisse impacter les comptabilités en cours » souligne Judicaël Renard, conseiller de gestion.

AOP Saint-Nectaire : équilibre en 2025 pour les producteurs

Les exploitations de la filière AOP Saint-Nectaire (103 ha en moyenne, 94 % d’herbe) produisent 263 000 L de lait pour 50 vaches, avec un prix de vente de 567 €/1 000 L en 2025 (+3 %). Les chiffres ont été établis à partir des comptabilités des exploitations du Puy-de-Dôme et du Cantal.

L’EBE pourrait atteindre en 2025, 300 €/1 000 L (+16 %), avec une valeur ajoutée de 34 000 €/UTH totaux. Le bilan de santé est excellent : 75 % des exploitations sont en bonne santé.

À lire aussi : Surproduction laitière : la filière Saint-Nectaire asphyxiée, les producteurs sommés de réduire leur production 

2025, une année difficile pour les producteurs de céréales et de semences du Puy-de-Dôme

Les céréaliers du département subissent une baisse des cours (orge -4 %, blé -14 %). Les bonnes récoltes 2025 ne parviennent cependant pas à compenser la hausse des charges

« Il faut s’attendre en 2026 à une augmentation des prix de l’engrais en raison des sanctions à l’encontre de la Russie et de la Biélorussie. » 

Dans le Puy-de-Dôme, les fermes en culture non contractualisées (toute production de céréales, hors semences) voient leur EBE chuter de 30 % (295 €/ha de cultures de vente), avec une valeur ajoutée de 15 000 €/UTH totaux (contre 25 000 € auparavant).

Les fermes avec une production semencière subissent une chute de 41 % de l’EBE (595 €/ha de cultures de vente), avec une valeur ajoutée de 42 000 €/UTH totaux (contre 68 000 €).

« Le bilan de santé se dégrade, avec un risque d’apparition de structures fragiles » alerte Annabelle Barthélémy-Dubost.

*calculée à partir de l’EBE auquel on retranche les annuités d’exploitations et la capacité d’autofinancement de 5 %.

À lire aussi : Les surfaces de maïs semence réduites de 12% dans le Puy-de-Dôme pour la campagne 2026

 

 

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