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Les surfaces de maïs semence réduites de 12% dans le Puy-de-Dôme pour la campagne 2026

Les producteurs de maïs semences de Limagne s'apprêtent à démarrer une nouvelle campagne marquée par une réduction de 12% des surfaces, la deuxième seulement dans l'histoire de la filière, pour faire face à un marché ralenti. 

champs de maïs semence avec les volcans d'Auvergne en fond
© Mélodie Comte

En 2025, la Limagne a connu une année contrastée. Alors que partout en France les surfaces de production avaient été revues à la baisse, la filière semencière auvergnate faisait office d’exception avec le maintien à 6 035 hectares. Cette année malheureusement, elle ne coupera pas à la baisse des surfaces. Lors de l’assemblée générale du Syndicat des producteurs de maïs semences qui s’est tenue la semaine dernière à Entraigues, Régis Rougier, son président, accompagné de Sébastien Vidal, président de Limagrain, ont annoncé une réduction de 12% des surfaces de production.

La production de maïs semence en Limagne représente 40 % du plan européen de Limagrain.

Un marché du maïs semence sous tension et des surfaces de production en baisse

Le marché de la semence déjà tendu en 2025, promet de l’être encore davantage en 2026. Le marché du maïs consommation s’est tassé, et les usines semencières, encore bien approvisionnées, ont conduit Limagrain à prendre la décision de réduire les surfaces de production. Les surfaces vont ainsi passer de 6 035 à 5 400 hectares

Ce n’était pas arrivé depuis 20 ans » précise Régis Rougier, président du Syndicat des producteurs

« Tous les producteurs, y compris les jeunes en plan de progression, vont baisser leurs surfaces de l’ordre de 12%. C’est la solution la plus équitable. »

La crise du prix du lait et la baisse de rendement du maïs conso en 2025 ont accentué cette décision. « Les producteurs laitiers pourraient réviser leur politique d’achat de semences pour le maïs ensilage voire même baisser les surfaces face à la surproduction laitière. » La perte sur le marché 2026 serait estimée à 5 %.

À lire aussi : Culture du maïs grain non irrigué : stop ou encore ?

La récolte 2025 de maïs semences n’a pas rempli les objectifs

Cette annonce intervient dans un contexte déjà compliqué pour les semenciers. L’année dernière, ils ont essuyé deux épisodes caniculaires à des stades critiques pour le maïs, qui ont eu un impact important sur les rendements

On a atteint seulement 88 % des objectifs en quintaux par hectare, et 91 % en nombre de doses, en raison de la stérilité des pollens et de la casse sur certaines variétés génétiques plus fragiles », explique Régis Rougier.

L’ensemble de la Limagne, du nord au sud, a été touchée. Les écarts se sont joués à l’îlot voire même à la parcelle. Certains ont accusé un faible rendement, à la fois en fonction des variétés et des températures.

La rémunération des producteurs de maïs semences sous pression

Dans le même temps, la rémunération des producteurs a continué de se dégrader. Après une baisse de 410 €/ha en 2024, 210 €/ha supplémentaires ont été perdus en 2025.

« Les charges restent lourdes et les récents évènements au niveau mondial ne promettent pas une baisse » s’inquiète Régis Rougier. Dans l’espoir de stopper cette érosion, le président du syndicat puydomois explique travailler à l’élaboration « la plus détaillée et juste possible » d’un coût de production à l’hectare du maïs semence en Limagne, pour ne plus dépendre de ceux du national.

L’objectif est d’avoir des données objectivées lors de la négociation triennale avec Limagrain pour fixer un prix couvrant les charges et assurant un revenu décent aux producteurs

La semence suit le prix du maïs conso depuis plus de vingt ans, mais aujourd’hui, c’est trop fluctuant pour une production qui demande beaucoup d’investissements et de risques. Nous devons trouver un compromis pour garantir un prix au coût de production, comme l’a fait la filière laitière. » 

Ce nouveau calcul des charges inclura désormais le temps de travail des producteurs, pour une rémunération plus juste.

Un avenir incertain, mais des raisons d’espérer pour les producteurs de maïs semence

Malgré ces difficultés, la filière reste optimiste. Le projet d’usine de maïs à Ennezat, avec un investissement de 30 millions d’euros et une mise en service prévue à l’automne 2026, est un signal fort pour l’avenir. Limagrain, 4e semencier mondial, continue d’investir dans la région, avec l’ambition de sécuriser la qualité des semences et de renforcer la souveraineté alimentaire française. « On espère que cette baisse de surfaces ne sera que conjoncturelle, et que le marché se redressera », conclut Régis Rougier.

À lire aussi : Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

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