Aller au contenu principal

Élevage allaitant : « Le Puy-de-Dôme est avant tout un département de naisseurs, pas d'engraisseurs »

David Chaize, président de la section bovine du Puy-de-Dôme, répond à 3 de nos questions avant l'ouverture du Congrès de la FNB à Cournon-d'Auvergne. 

Photo d'archives
© Mélodie Comte

Quelles sont les principales raisons de l’érosion de l’élevage allaitant du Puy-de-Dôme ?

David Chaize : En dix ans, le département a perdu 15 000 têtes, passant de près de 100 000 bovins à moins de 85 000. En raison de son relief montagneux à l’ouest et à l’est, le Puy-de-Dôme limite les pertes, même si nous suivons la tendance nationale

Autrefois, les éleveurs laitiers passaient à l’allaitant, atténuant de fait cette baisse, mais aujourd’hui, les deux filières reculent. 

Les raisons sont multiples. Il y a d’abord le manque de reprises par les jeunes. Les sécheresses fréquentes jouent aussi un rôle, y compris en montagne. Les exploitations s’agrandissent sans augmenter leur cheptel (extensification) pour maintenir leur autonomie fourragère

Bien que l’économie connaisse une belle embellie, la taille des troupeaux est optimisée à 60 bêtes/éleveur pour maintenir une rentabilité en adéquation avec la main-d’œuvre.

À lire aussi : Patrick Bénézit : « Le combat de la FNB, c’est le prix »

Pourquoi le Puy-de-Dôme, malgré son potentiel, n’est-il pas un département producteur de viande ?

D.C : Le département est avant tout un bassin de naisseurs : 60 % des animaux partent à l’export, et 30 à 40 % restent en France, mais ne sont pas engraissés localement. La filière viande est très limitée sur le département avec seulement deux abattoirs. Nous avons pourtant un gros bassin de consommation avec la métropole clermontoise, sans compter des axes routiers qui pourraient faciliter le transport de la viande. Malheureusement, historiquement, les politiques locales n’ont pas soutenu l’abattage

La volonté politique de relocaliser l’alimentation est récente. Entretemps, nos élevages se sont orientés vers les grands flux (l’export) pour avoir un débouché

Sortir de ce système prend du temps. Les petits abattoirs (Ambert et Issoire), bien que limités, jouent malgré tout un rôle clé. Ils permettent aux éleveurs, et pas seulement bovins, qui le souhaitent de faire de la vente directe et de répondre aux urgences sanitaires. Ils participent au maintien de l’élevage allaitant dans le département.

Quelle est la situation économique actuelle des éleveurs ?

D.C : Depuis deux ans, les prix sont élevés et couvrent nos coûts de production

Les exploitations retrouvent du souffle. 

Les dernières manifestations pourraient laisser penser que le moral est au plus bas (et pour certains il l’est) mais globalement, la situation est bonne. Je pense que c’est important de le dire pour nos jeunes. Comment les motiver à reprendre des exploitations et s’engager dans l’élevage, si l’on est toujours négatif ? Il faut aussi dire ce qui va bien ! 

Les prix actuels offrent une réelle opportunité économique

Oui, les défis de l’élevage allaitant, et de l’agriculture en général, sont réels, mais les solutions existent grâce à l’innovation et à l’adaptation. C’est un métier exigeant mais essentiel pour notre territoire.

À lire aussi : L'élevage allaitant, le pilier fragile de l'agriculture du Puy-de-Dôme

 

Les plus lus

Optimisme prudent pour les producteurs de lait de Sodiaal

La section lozérienne de Sodiaal s’est réunie lundi 1er décembre au Chastel-Nouvel, pour son assemblée annuelle,…

Quand les incohérences fragilisent l’agriculture

Pour la FDSEA de la Creuse, remettre de la cohérence dans les décisions publiques est devenu une urgence absolue.

Deux personnes portent un plat de charcuterie.
Restaurant du col de Serre : “Vivre l’endroit” pour Manon et Pascal

Le restaurant du col de Serre est à nouveau ouvert depuis début décembre. À sa tête, Manon Pissavy et Pascal Dhennin veulent s…

Depuis le 19 janvier, Murat retrouve un cabinet vétérinaire

Emma Mondy et Alexis Ferrières viennent de s’installer à Murat, en sortie de ville pour soigner les animaux de compagnie. Un…

Aurillac : Hadrien Passenaud ouvre son cabinet vétérinaire à La Ponétie

Originaire de Saint-Illide, salarié plusieurs années dans une clinique aurillacoise, Hadrien Passenaud a fait le choix de s’…

Deux nouvelles attaques de loup dans Puy-de-Dôme, 9 brebis tuées en 5 jours

Deux nouvelles attaques de loup ont eu lieu dans le Puy-de-Dôme le 7 janvier à Aydat et 5 jours plus tard sur une commune du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière