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La sarcosporidiose
La sarcosporidiose bovine : une maladie parasitaire peu connue mais très répandue

En élevage, l’alerte vis-à-vis de cette maladie parasitaire intervient lors de saisie en abattoir. Cette parasitose très répandue peut, dans certains cas, entraîner des saisies partielles voire totales.

© D.R.

La sarcosporidiose est une maladie parasitaire (protozoose) transmissible aux carnivores par la viande de divers animaux de rente contenant des sarcocystes (kystes musculaires). Deux types sont transmissibles à l’être humain par la viande de bœuf ou de porc. Cette protozoose est présente dans le monde entier. Le parasite à besoin de deux hôtes, un hôte intermédiaire pour se développer et un hôte définitif pour se multiplier. Le bovin intervient comme hôte intermédiaire pour trois espèces de sarcocystis (coccidie kystogène) : Sarcocystis cruzi, S. hirsuta, S. hominis dont les hôtes définitifs sont respectivement le chien, le chat et l’Homme. S. cruzi semble être l’espèce la plus pathogène pour les bovins. Elle est très fréquente chez tous les animaux de rente, en particulier chez les bovins et les porcins, mais rarement observée.

 

Un cycle évolutif rapide

La source d’infection, pour l’hôte final, est la viande crue ou insuffisamment cuite, renfermant les kystes. La contamination de l’environnement se fait par les matières fécales des carnivores qui sont immédiatement infectantes. Les sporocystes évacués sont relativement résistants aux facteurs extérieurs d’autant plus qu’un milieu humide favorisera leur survie durant une année et des températures légèrement basses n’altèrent pas leur résistance. Les hôtes intermédiaires s’infestent à leur tour en broutant l’herbe contaminée ou par coprophagie (voir le schéma du cycle évolutif du parasite). Les sporocystes ainsi ingérés libèrent des sporozoïtes (cellules infectantes pour le nouvel hôte) qui pénètrent dans la paroi intestinale puis dans l’hôte via le sang ou la lymphe. Le parasite se multiplie alors et la dernière phase de reproduction conduit à la formation de ces kystes tissulaires.

 

Très peu de symptômes chez les bovins…

Bien que l’infection sarcosporidienne soit très fréquente chez les bovins, la maladie est très rarement observée. Dans le cas de contamination massive (infections expérimentales), la maladie peut exister avec des symptômes très peu évocateurs : état fébrile, anémie, amaigrissement, alopécie, avortements, mortinatalité. Lorsque les kystes se développent dans les muscles des bovins, la plupart du temps, aucun symptôme n’est observé.

 

… comme chez les hôtes définitifs, carnivores ou Homme

Les sarcosporidies ne sont en général pas pathogènes pour les carnivores. Il peut être observé une diarrhée, bénigne, passagère, sans hyperthermie qui rétrocède d’elle-même en quelques jours.

 

Chez l’homme, après ingestion de viande bovine insuffisamment cuite contenant des sarcocystes de S. hominis, une entérite diarrhéique peut se manifester autour du 15ème jour après le repas infectieux et se prolonger 8 à 10 jours. Cela s’observe lors de consommation de grand nombre de sarcocystes, ce qui est rarement trouvé dans une viande infectée naturellement.

 

Le risque : la saisie à l’abattoir

Les kystes étant invisibles à l’œil nu, la mise en évidence à l’abattoir des bovins infectés reste rare. Il n’est vu que les kystes coalescents ou en voie de dégénérescence et les bovins sont alors, tout ou partie, saisis pour « infection parasitaire ». La myosite éosinophilique est un terme utilisé en inspection des viandes. C’est une inflammation spécifique des muscles striés. Les animaux affectés apparaissent le plus souvent comme cliniquement normaux et cette myosite n’est détectée qu’au moment de l’inspection post mortem à l’abattoir ou dans les salles de découpe. Ces viandes sont déclarées impropres à la consommation humaine. Le motif de saisie est « couleur anormale » avec précision sur le libellé de saisie de « myosite éosinophilique ».

 

Des moyens de lutte assez restreints

Son diagnostic est très difficile car la sarcosporidiose n’est pratiquement jamais évoquée en 1ère intention. Le contexte épidémiologique (présence de chien et de chat, hygiène humaine) peut parfois renforcer la suspicion. Néanmoins, ces diagnostics ont leurs limites liées au fait que les symptômes de la maladie sont peu révélateurs. Il n’existe pas de vaccins disponibles contre les cas cliniques mais les animaux peuvent s’immuniser par une faible ingestion de sporocystes. Le traitement ne concerne que la forme aiguë de la maladie. Cependant, il est rarement utilisé et s’appuie essentiellement sur les données provenant d’infections expérimentales. Il fait alors appel aux anticoccidiens. En ce qui concerne la prophylaxie, seule la prophylaxie sanitaire reste efficace et consiste principalement à prévenir les contacts directs entre les bovins, les chiens et les chats. Pour cela, il est nécessaire de limiter la circulation de ces carnivores au sein des bâtiments d’élevage (pour restreindre la dispersion des sporocystes par les fèces) et des abattoirs (pour éviter l’ingestion de viande contaminée). La prévention de l’infection de l’être humain consiste à éviter la consommation de viande de porc ou de bœuf crue ou saignante. On prévient l’infestation chez les carnivores et les animaux domestiques en leur donnant de la viande préalablement bien congelée ou bien cuite. Les kystes sont détruits par une cuisson à cœur (56 à 75 °C pendant 20 à 25 min) et par une congélation – 5 °C pendant 48 h ou à – 20 °C pendant 24 h. En revanche, ils résistent aux micro-ondes.

 

Face aux incertitudes, une application des mesures sanitaires de base

Finalement, la sarcosporidiose bovine est une protozoose très répandue avec une atteinte qui touche la quasi-totalité des bovins. Seuls, certains vont présenter des lésions dites de « myosite éosinophilique » qui vont alors entraîner des saisies partielles ou totales essentiellement pour le côté « anormalité » de la présentation des viandes concernées. Les raisons du développement de telles lésions chez certains individus ne sont actuellement pas connues. Le risque zoonose n’intervient que lors d’infection massive où il y a alors saisie totale de l’animal. La prophylaxie de la contamination des bovins est difficile. Elle est basée sur la limitation des contacts entre les fèces des carnivores et les bovins, ce qui constitue une mesure de prévention pour d’autres pathologies comme la néosporose.

Le cycle évolutif est un cycle dixène dont le bovin est l’hôte intermédiaire et le chien, le chat et l’Homme sont des hôtes définitifs.

 

- La phase exogène commence par l’émission de sporocystes en très grand nombre dans les matières fécales de l’hôte définitif.

 

- La phase endogène se déroule en impliquant deux espèces différentes : d’abord l’hôte intermédiaire qu’est le bovin puis l’hôte définitif.

 

Le bovin s’infecte en ingérant les sporocystes présents sur le sol. Les sporocystes ainsi ingérés libèrent des sporozoïtes (cellules infectantes pour le nouvel hôte) qui pénètrent dans la paroi intestinale puis dans l’hôte via le sang ou la lymphe. Le parasite se multiplie alors et la dernière phase de reproduction conduit à la formation de ces kystes tissulaires. L’hôte définitif s’infecte à son tour par l’ingestion de kystes musculaires qui libèrent des cellules dans l’intestin grêle qui vont ainsi former des oocystes et leur sporulation va donner naissance à des sporocystes qui seront rejetés dans le milieu extérieur via les matières fécales.

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