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NICOLAS MODENEL : À 40 ANS, IL QUITTE PARIS POUR REVENIR AU PAYS

Depuismai2023,Nicolas Modenel a rejoint son frère Pierre et leur mère Gisèle sur l’exploitation familiale à Narnhac. Un changement de vie pour un retour à la terre.

un homme assis sur un tracteur et un autre debout avec un tee shirt bleu
Nicolas Modenel : la nécessité a rejoint l’envie pour un retour sur l’exploitation familiale aux côtés de son frère Pierre.
© b.parret

C’est une histoire comme seuls les Auvergnats savent les écrire sur la base de cette large communauté de Bougnats qui, depuis deux siècles, naviguent entre les hautes terres d’estives et les rues de Paris.
Nicolas Modenel fait partie de cette histoire. Malgré des études agricoles (BEP et Bac pro à Aurillac, complété d’un BTS “action commerciale” à la MFR de Marcolès), le garçon de Narnhac doit s’expatrier vers la capitale. Pierre, son frère aîné, vient égale- ment de terminer ses études. La place sur l’exploitation aux côtés de leurs parents est pour lui. Il n’y a pas de travail pour deux à la fois. Dans un premier temps, pour financer son permis de conduire et en attendant de trouver un emploi, Nicolas part faire garçon de café. Cela va durer 19 ans. Il débute comme serveur au marché de Rungis. II enchaîne 14 années de gérance d’une brasserie traditionnelle du côté de la gare Saint- Lazare, propriété de son beau-père. Il a une dizaine de salariés tandis que son épouse, Céline, une Parisienne aux racines auvergnates, dirige 40 personnes. Mais Nicolas cultive toujours un peu la nostalgie du pays et de la ferme.

Situation imprévue

En avril 2023, Jean-François Modenel, le chef de famille bien connu dans le milieu de la race aubrac, décède subitement. Pierre, et sa mère Gisèle, qui envisageait, elle, de partir à la retraite, n’ont d’autre choix que de réduire l’activité ou de faire appel à Nicolas. “Le choix de revenir a été vite fait, explique celui-ci. Depuis le Covid, les grèves, l’ambiance, c’est devenu très difficile dans Paris. Et nous avons des enfants en bas âge, nous faisions énormément d’heures, cela devenait intenable.” Les valises faites, le retour s’accompagne de nombreux allers- retours le temps de régler les affaires d’un côté et de préparer l’installation sur le Gaec de l’autre. “Heureusement que j’avais un diplôme agricole car je ne me sentais pas de retourner à l’école”, s’amuse Nicolas Modenel. Il a pourtant suivi la formation pour l’obtention, in extremis compte tenu de son âge, 39 ans, de la dotation jeune agriculteur. “Avec l’aide de notre comptable, tout s’est bien passé sur le plan administratif avec une bonne écoute des différents interlocuteurs. Nous avions déjà un système bien installé et viable sans besoin d’investissements importants. Nous avons juste acheté quelques hectares que nous avions déjà en location et nous préparons le départ de notre mère mais mon neveu pourrait être intéressé pour nous rejoindre.” 

Aucun regret

En cette fin de mois de juin, c’est la pleine période des foins. Pierre et Nicolas s’activent au volant de leurs tracteurs. L’aîné fait valoir son expérience sur l’exploitation mais les tâches se répartissent naturellement selon les compétences de chacun. Pierre est davantage sur les cultures et les machines et Nicolas dans la conduite des animaux. “Nous partageons beaucoup avec une complicité que je n’aurais pas eue avec quelqu’un de l’extérieur”, apprécie Pierre. Avec une exploitation en rythme de croisière, leur organisation leur permet de prendre un week-end sur deux et des vacances régulièrement. “Je ne regrette rien, fait part Nicolas Modenel. Rien à voir avec la vie parisienne ! Nous sommes au calme, dans la nature, avec nos enfants, et avec le projet pour Céline d’ouvrir un gîte. Tout n’est pas simple dans l’agriculture mais ce n’est pas simple non plus ailleurs. Alors oui, nous n’avons aucun regret.”

 

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