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Distinction
La médaille de Laurent Lours, pleinement méritée

L’éleveur Laurent Lours, transformateur fermier et acteur majeur des organisations agricoles, est chevalier du Mérite agricole. 

un médaillé du mérite agricole, entouré de sa famille et de responsables politiques du Cantal.
Laurent Lours, ici entouré de ses parents, de son frère, de son épouse et des orateurs qui ont retracé son parcours, a été décoré par Bruno Faure, en présence du député Descœur.  
© R. Saint-André

Pas question de manquer ça. De nombreux administrateurs d’organisations professionnelles agricoles étaient présents à Vézac, vendredi 6 février en soirée : Laurent Lours, éleveur impliqué dans de nombreuses structures, se voyait remettre des mains de Bruno Faure, la médaille de l’ordre du Mérite agricole.

Mais c’est à Jean Bouniol, autre enfant du pays, et à Jean Brial, technicien retraité de la Chambre d’agriculture du Cantal, qu’il est revenu le soin de tracer le parcours du récipiendaire.

"La solidarité, la générosité, un grand cœur ! Le tout derrière une apparence discrète et parfois timide." – Frédérique Buchon, présidente de Groupama

Une communauté familiale

Âgé de 57 ans, il est le deuxième d’une fratrie de quatre enfants : Patrick, Laurent, Karine et Marie-Laure. Après avoir obtenu son BTAG (bac technique agricole général) au lycée agricole Georges-Pompidou, il a travaillé trois ans sur l’exploitation familiale avant de s’installer en 1991 à Vézac, en Gaec aux côtés de ses parents, Lucien et Christiane, et de son frère.

Les parents en retraite, Laurent s’occupe de la transformation fromagère avec l’aide d’une de ses sœurs, salariée, tandis que Patrick se consacre au suivi du troupeau et à la conduite des surfaces avec l’aide d’un salarié à mi-temps. Laurent et Patrick accordent une attention particulière à la génétique de leur troupeau montbéliard.

Leur engagement s’est traduit par de nombreux succès en concours : journées laitières de Saint-Mamet, concours à Aurillac, à Brive, à Besançon, au Sommet de l’élevage à Cournon... Et, point d’orgue de ces participations, le Salon international de l’agriculture à Paris, avec un prix de la meilleure laitière de la race montbéliarde, qui témoigne du niveau génétique exceptionnel du troupeau.

Au cœur de l’action, le Cif

https://www.cuma.fr/

Outre ces succès personnels, c’est surtout l’engagement au profit du collectif qui résume l’état d’esprit qu’incarne Laurent Lours et sa famille. La Cuma locale, qui lui doit son développement ; Groupama, dont il préside la caisse locale et où il siège comme administrateur au niveau départemental ; le syndicat des éleveurs montbéliarde du Cantal depuis 1999 et Umotest ; les JA, dont il a été responsable du groupe lait...

Mais c’est incontestablement au sein du Comité interprofessionnel des fromages (Cif) que l’engagement de Laurent Lours prend toute sa dimension. Producteur fermier lui-même, il connaît de l’intérieur les exigences de la transformation fromagère et les enjeux de valorisation des AOP Cantal et salers.

Arrivé au Cif en 2004, il en est rapidement devenu vice-président du collège producteurs, avant de prendre la présidence de la section salers, poste qu’il a occupé pendant 20 ans. Son parcours au sein de cette interprofession traduit son engagement pour faire progresser ces filières et obtenir une juste rémunération des producteurs. En 2024, dans un contexte de crise et de tensions au sein de l’interprofession, ses pairs l’ont choisi pour prendre la présidence du Cif. Un choix qui n’est pas anodin : décrit comme quelqu’un animé par l’esprit de compromis – ce qu’il faut dans une interprofession – et porté par des convictions fortes, il a su gérer les périodes de turbulences avec patience et détermination.

Lors de la remise de la médaille du Mérite agricole, les différents intervenants – Frédérique Buchon pour Groupama, Jean-François Navarro du Cif, Annie Coste de l’Amoma(1) – ont souligné les valeurs qui caractérisent Laurent.

"Votre présence, ça me fait presque plus chaud au cœur que la médaille elle-même." – Laurent Lours, récipiendaire. 

Dans son allocution, Laurent a exprimé sa gratitude envers ceux qui ont pensé à lui pour cette distinction. Il a surtout tenu à remercier ses parents qui lui ont transmis la passion de l’agriculture et le goût du travail bien fait, ainsi que son épouse, infirmière de nuit, avec qui les emplois du temps croisés rendent les rencontres parfois difficiles mais qui reste sa “base”. Et puis aussi pour ceux qui ont marqué son parcours et qui sont partis trop jeunes : Antoine Croutes, Michel Lacoste.

(1) Association départementale des médaillés dans l’ordre du Mérite agricole. 
 

GAEC DE L'ALLÉE D'ESPINET : 
Aujourd’hui, l’exploitation s’étend sur 160 hectares et compte environ 90 vaches laitières montbéliardes. La production annuelle atteint 580 000 litres de lait : 260 000 litres sont livrés et 320 000 litres transformés sur place en fromages AOP cantal et salers. Le Gaec compte deux associés, Laurent et son frère Patrick, et deux salariés, dont une sœur de la fratrie.  La commercialisation s’articule autour de trois axes : 10 % en vente directe, 30 % à un laitier de Corrèze, et 60 % vendus à des crémiers, grossistes et GMS de Brive, Aurillac, de la région de Limoges et du secteur Montauban-Toulouse. À noter que l’exploitation investit dans un séchoir en grange pour améliorer la qualité du foin et des fromages.

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