Aller au contenu principal

Grandes cultures : une pression sanitaire à nuancer en Auvergne

Invitée à l’assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme, Chloé Malaval Juery, ingénieure régionale Auvergne chez ARVALIS, a livré une analyse mesurée de l’impact du changement climatique sur les grandes cultures. 

Infestation de vulpins en floraison au-dessus d'une parcelle de céréale (blé). Le vulpin prolonge désormais sa pousse jusqu'au printemps.
Infestation de vulpins en floraison au-dessus d'une parcelle de céréale (blé). Le vulpin prolonge désormais sa pousse jusqu'au printemps.
© Christian Gloria

« Il n’y a pas d’augmentation générale de la pression sanitaire : il faut raisonner parasite par parasite », insiste Chloé Malaval Juery, ingénieure régionale Auvergne chez ARVALIS.

Influence du climat sur les bioagresseurs : des impacts variables selon les espèces

Si le climat n’est pas la cause principale des évolutions observées, il influence toutefois certains bioagresseurs. Dans le Puy-de-Dôme, le vulpin et le ray-grass prolongent désormais leur pousse jusqu’au printemps

À l’inverse, le datura - pourtant largement répandu en France - reste peu présent localement. Les populations de pucerons montrent une légère hausse, avec une activité renforcée à l’automne et prolongée en hiver, sans augmentation notable des symptômes de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), dont ils sont vecteurs.

À lire aussi : Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

Évolution des parasites et maladies : entre émergences et stabilité

D’autres évolutions sont plus contrastées. La contamination par l’ergot a émergé en Auvergne depuis 2022, à des niveaux variables selon les territoires. Les dégâts de taupins réapparaissent sur maïs, pomme de terre et céréales à paille depuis les années 2000, notamment après l’interdiction de certaines molécules phytosanitaires, sans progression marquée. La pyrale, elle, tend plutôt à diminuer. Quant aux maladies foliaires (septoriose, rouilles), elles peuvent être ponctuellement fortes mais sans tendance haussière. La pression de fusariose recule globalement ; 

en Limagne, le taux moyen de déclassement pour mycotoxines atteint 2 % sur les quatre dernières années » indique l’ingénieure.

Changement climatique : un impact majeur sur les cycles culturaux

Pour ARVALIS, le changement climatique agit surtout sur les cycles culturaux : ils se raccourcissent et s’anticipent, avec un gain estimé à 35 jours pour le maïs et 11 jours pour le blé. Mais d’autres facteurs pèsent davantage sur la pression sanitaire : rotation, travail du sol, résistances aux herbicides et fongicides, dissémination des graines via le matériel, évolution génétique des adventices, disparition de certains traitements.

À lire aussi : Greencell, l'entreprise puydomoise qui mise  sur l’invisible pour accompagner l’agriculture

Stratégies d’adaptation : diversification et outils d’aide à la décision

L’adaptation repose donc sur la combinaison de leviers, la diversification des cycles et des stratégies, et une organisation plus opportuniste pour étaler les risques

« Nous devons regarder l’exploitation dans sa globalité. Chaque cas est différent » conseille Mathieu Daim, agriculteur en grandes cultures.

 Les outils d’aide à la décision - modèles météo, indicateurs économiques - deviennent des alliés précieux. Car en matière sanitaire, « il n’y a plus de vérité figée, mais des situations évolutives d’une année sur l’autre » conclut Mathieu Daim.

À lire aussi : INRAE et changement climatique : anticiper les impacts sur l’agriculture

Les plus lus

La dose d’engrais azoté à apporter correspond à l’écart entre les besoins totaux et les fournitures du sol. Ici un maïs au stade 4-5 feuilles.
25 à 30 T/ha de fumier de bovins suffisent à couvrir les besoins en phosphore et potasse

Le service productions végétales de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire fait le point sur la fertilisation de la culture…

Poulet du Bourbonnais.
Dans les coulisses de la filière avicole dans l'Allier

Première viande consommée en France depuis 2024 après le porc, la volaille s’impose à près de 32 kg par habitant chaque année…

Ludivine Lot sur son exploitation
JA 03 : une nouvelle présidence, un nouveau bureau

À l’issue des élections internes du 8 avril, les Jeunes Agriculteurs de l’Allier ont annoncé l’élection de Ludivine Lot à…

La France des fermes bio de Pauline

À la force des mollets, Pauline Plaçais explore les réalités agricoles françaises et questionne notre rapport à l’alimentation…

Le producteur Nicolas Vanstraceele dans son laboratoire
Nicolas Vanstraceele, le pari de la pomme de terre transformée à Créchy

À Créchy, dans le Val d’Allier, Nicolas Vanstraceele, producteur de pommes de terre et de carottes de plein champ, s’est…

Filière châtaigne : le Cantal accélère la structuration de sa châtaigneraie

Créé en 2025, le Syndicat des Producteurs de Châtaignes du Cantal fédère déjà plus de 50 adhérents. Soutenue par plusieurs…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière