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Limagrain construit le plus grand magasin de semences d'Europe à Ennezat

Annie Genevard a posé aux côtés de Sébastien Vidal, président de Limagrain, la première pierre du projet Athenza, doté de 200 millions d’euros, qui entend répondre aux défis et à la sécurisation de l’agriculture de Limagne.

© Mélodie Comte

Alors que les pressions géopolitiques se renforcent de par le monde, l’alimentation et la souveraineté de la France occupent le devant de la scène. Un sujet au cœur des préoccupations de la ministre de l’Agriculture qui l’a réaffirmé face aux éleveurs bovins en congrès à Cournon-d’Auvergne

À lire aussi : Annie Genevard détaille le budget agricole et annonce la simplification des tirs sur le loup

Annie Genevard pose la première pierre du projet Athenza chez Limagrain 

La ministre de l'Agriculture a profité de sa visite en terres puydomoises ce jeudi 5 février pour se rendre chez Limagrain et posé la première pierre du projet Athenza. Le 4ᵉ semencier mondial a ainsi annoncé investir, encore, dans son site d’Ennezat (Puy-de-Dôme) plus de 200 millions d’euros. Ce nouveau projet s’inscrit dans une démarche de modernisation de son usine de semences et, grande première en Europe, dans la construction d’un magasin de semences automatisé.

Athenza, un projet industriel phare pour l’agriculture française et du Puy-de-Dôme

Lancé en 2025, le projet Athenza permettra de sécuriser l’approvisionnement en semences pour les agriculteurs français et européens, tout en développant de nouvelles filières, comme les protéines végétales.

Pour Sébastien Vidal, président de Limagrain, ces investissements sont un pari sur l’avenir au cœur de l’Auvergne

« Nous ne bâtissons pas seulement une usine, nous renforçons la filière, nous pérennisons les emplois, nous sécurisons la capacité de la France à innover et à nourrir. Cette première pierre, c’est un acte de confiance en l’avenir. »

La première phase, d’un montant de 87 millions d’euros, inclut la création du premier magasin automatisé de stockage de semences en Europe. D’une capacité de 17 500 palettes, il sera équipé de technologies de pointe pour sécuriser la qualité des produits et sera complété par un système de contrôle de l’atmosphère. Un investissement de 30 millions d’euros pour la coopérative auvergnate qui prévoit la mise en service de ce site à l’automne prochain.

Dans le même temps, un silo dédié au maïs pour l’alimentation humaine et à la filière Limagrain est également en cours de construction. D’une capacité de 46 500 tonnes, il devrait lui aussi être mis en service pour la récolte 2026. Là encore, la coopérative a misé sur la modernisation des équipements et des technologies derniers cri pour améliorer le séchage et le nettoyage des grains, tout en réduisant la consommation d’énergie.

Toujours sur ce même site à Ennezat, le moulin à blé inauguré en 2022, va être agrandi. Ces travaux représentent un nouvel investissement de 12 millions d’euros pour Limagrain, correspondant à l’ajout de 23 silos à blé, 4 silos de farine et 4 silos de coproduits. Le moulin va ainsi augmenter sa capacité de stockage et de production de 30 %

À lire aussi : Limagrain inaugure son nouveau moulin

La nouvelle ligne de production destinée à la fabrication d’ingrédients texturés, à forte teneur en protéines végétales (minimum 50 %) et inaugurée le 6 octobre dernier, fait partie de ce projet. Elle représentait d’ores et déjà un investissement de 15 millions d’euros.

À lire ici : Limagrain se lance dans la production de protéines végétales sur son site de Saint-Ignat, dans le Puy-de-Dôme

Une nouvelle usine de semences plus moderne et performante pour 2031-2033

D’ici 2033, un investissement complémentaire de 113 millions d’euros a pour ambition de faire émerger de terre une nouvelle usine de tri de semences. Elle intégrera les dernières technologies pour être plus économe en énergie, plus flexible sur le nombre de variétés ainsi que l’exploitation des données en temps réel et l’intelligence artificielle pour améliorer la qualité et la quantité de grains traités.

« L’usine, c’est le vaisseau amiral de Limagrain où converge le fruit de la recherche, les exigences du marché et de la production agricole » explique Sébastien Vidal, président de Limagrain.

Répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire

Avec ces nouveaux investissements, Limagrain assoit son attachement au territoire qui lui a donné vie et qui l’alimente aujourd’hui.

« Ici se joue l’avenir de l’agriculture parce que la maîtrise totale de la chaîne nous permet de proposer une agriculture résiliente, productive, conforme aux attentes sociétales et au marché, sécurisant ainsi les productions et le revenu de nos agriculteurs » réaffirme Sébastien Vidal à la ministre.

Un discours partagé par Annie Genevard, qui s’est fait ces derniers mois de la souveraineté alimentaire une feuille de route. 

« Vous avez absolument tout compris de ce qu’il faut faire (...) je voudrais me tourner vers les coopérateurs pour leur dire bravo » a-t-elle dit à Sébastien Vidal lors de cette visite. 

La ministre de l’Agriculture adoube ainsi publiquement l’activité et les investissements de la coopérative auvergnate. Si Limagrain est le 4ᵉ semencier mondial, le trio de tête est occupé par Bayer « une entreprise plus américaine qu’allemande » selon Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain, devant un autre semencier lui aussi américain et un troisième chinois. Les dernières tensions géopolitiques démontrent l’intérêt pour la souveraineté alimentaire européenne, à compter dans ses rangs un semencier français aux reins solides. 

« Chaque fois qu’il se construit ou qu’il se modernise un moulin, j’y vois une brique de souveraineté alimentaire qui s’ajoute. »

Après la visite du chantier, la ministre a échangé avec huit jeunes agriculteurs adhérents de Limagrain autour de leurs préoccupations et leurs attentes, notamment autour de la simplification des réglementations, l’irrigation et le stockage de l’eau, l’innovation génétique et l’avenir des coopératives.

À lire aussi : 60 ans de Limagrain : « les paysans sont encore  les patrons ! »

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