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INRAE et changement climatique : anticiper les impacts sur l’agriculture

En France, le changement climatique modifie de plus en plus les conditions de culture du blé. Des chercheurs de l’INRAE ont donc développé une méthode pour estimer à quelle fréquence des années avec de fortes pertes de récolte pourraient survenir d’ici 2 100.

© INRAE - Bertrand Nicolas

Des événements météo extrêmes, comme les hivers trop doux, les printemps trop humides ou les canicules avec sécheresse affectent les récoltes de blé. Avec le changement climatique, ces événements qui se produisaient historiquement 1 fois tous les 10 ans pourraient devenir courants, et même se combiner.

Les années marquées par les fortes pertes de rendement en blé résultent souvent de la conséquence d’une succession d’événements climatiques extrêmes, comme en 2016 où un hiver anormalement doux a précédé un printemps très humide. Les effets des canicules sont aggravés par les sécheresses et vice-versa.

Vers une multiplication des risques climatiques ?

Pour évaluer la fréquence des risques climatiques et la probabilité de « pires récoltes » jusqu’en 2100, les scientifiques de l’INRAE ont développé une méthode combinant des modèles de développement de variétés de blé (précoces ou tardives), les données climatiques historiques et les projections climatiques du GIEC et des modèles statistiques.

Dans le scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre d’ici 2100, la fréquence d’événements climatiques extrêmes passerait de « rares » à « courants ». Ainsi, la fréquence des épisodes simultanés de canicules et de sécheresses pourrait être multipliée d’un facteur 3 dans le nord de la France et d’un facteur 6 dans le sud de la France. La combinaison d’hivers trop doux et de conditions très humides, favorables au développement de maladies et de ravageurs du blé, pourrait avoir une fréquence multipliée par 12 dans le nord de la France d’ici 2100 et une fréquence multipliée par 2,5 dans le sud de la France.

De nouveaux risques climatiques pourraient également apparaître pour le blé, comme un stress thermique précoce et des nuits trop chaudes qui affecteraient le développement de la plante et la maturité des grains. En revanche les risques liés au froid diminueraient.

Dans un scénario à faibles émissions de GES

Par contraste, dans le scénario à faibles émissions de gaz à effet de serre, conforme aux objectifs de l’accord de Paris, les risques climatiques à l’horizon 2100 resteraient similaires aux conditions actuelles.

Ainsi, mieux comprendre comment les principaux risques vont évoluer dans les décennies à venir devrait permettre aux agriculteurs ainsi qu'aux acteurs de la filière d’anticiper ces changements. Cela leur fournit des éléments pour adapter les pratiques agricoles en conséquence, pour sécuriser durablement la production de blé face au climat de demain.

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