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Greencell, l'entreprise puydomoise qui mise sur l’invisible pour accompagner l’agriculture

Depuis 25 ans, Greencell (filiale du groupe Greentech) sélectionne, multiplie et commercialise des micro-organismes issus majoritairement des sols de Limagne pour stimuler l'activité des plantes de cultures et participer ainsi à réduire l'usage des produits phytosanitaires.

Greencell a sélectionné plus de 800 micro-organismes d'intérêt agronomique dont la plupart proviennent des sols de Limagnes.
Greencell a sélectionné plus de 800 micro-organismes d'intérêt agronomique dont la plupart proviennent des sols de Limagnes.
© Mélodie Comte

Du fromage aux cultures, il n'y a qu'un champ ! La société Greencell, filiale du groupe Greentech spécialisé dans les biotechnologies, a commencé son activité en 2000 (sous le nom de Biovitis) avec la production de fleurs d'affinage. Au fil du temps, elle a déployé son activité vers d'autres domaines comme la pharmacie, les cosmétiques, l'environnement, l'industrie et l'agriculture. En 2019, Greencell dédie son site de Saint-Étienne-de-Chaumeil dans le Cantal exclusivement à la production agroalimentaire pour développer à Saint-Beauzire, au cœur du Biopôle Clermont Limagne, des biostimulants pour les grandes cultures et participer ainsi à réduire l'usage des produits phytosanitaires.

« Nous recherchons des agri-testeurs pour des expériences terrains ou des utilisateurs pour conforter nos résultats »

Chez Greencell, une compétition acharnée pour sélectionner les meilleurs micro-organismes

Comment parviendrons-nous encore à nourrir demain une population mondiale en croissance constante, tout en limitant l'impact de l’agriculture sur l'environnement ?

Alors que certains recherchent des solutions dans la génétique, d'autres voient une partie de la réponse à cet épineux problème dans les micro-organismes. Greencell a choisi de croire que les petites choses, celles invisibles à l'œil nu, ont un grand pouvoir.

Ainsi, en 25 ans d'existence, l'entreprise puydomoise a référencé et sélectionné plus de 800 de ces organismes (bactéries, champignons, levures) ayant un intérêt agronomique. La plupart ont été prélevés dans les sols mêmes de Limagne et sont aujourd'hui exportés jusqu'en Nouvelle-Zélande.

« Un gramme de sol compte plus d'un milliard de bactéries et champignons » précise Anthonin Gallien, responsable technique agronomie chez Greencell.

Dans les laboratoires de Saint-Beauzire, la vingtaine de salariés expose chaque jour ces micro-organismes à de rudes compétitions pour déterminer lequel, ou lesquels, sont dignes de rejoindre le circuit d'industrialisation. « C'est un peu comme si on leur faisait faire la course ! On recherche ceux qui ont le plus de bienfaits pour les plantes ou le sol et surtout s'ils peuvent être reproduits et multipliés à l'échelle industrielle, sans perdre leurs caractéristiques. » Après cette première sélection viennent les tests en plein champ, avant la commercialisation.

Prévenir les maladies et optimiser la résistance des cultures

Dans cette filiale "agronomique" de la production de biotechnologies, Greencell cherche principalement à élaborer des biostimulants pour les grandes cultures. Face à une réglementation sur les produits phytosanitaires toujours plus stricte, l'entreprise veut accompagner les agriculteurs en proposant non pas des solutions alternatives mais des boosters. « Nous avons par exemple une solution pour améliorer l'absorption des plantes ou encore pour aider à restructurer le sol en imprégnant ce dernier, avant un semi de blé, d'un bio fertilisant permettant d'optimiser la vie microbienne. »

Poudre de perlimpinpin ou efficacité réelle ? 

« Les produits phytosanitaires sont comme des médicaments pour les plantes ; nos solutions sont comparables à des compléments alimentaires » souligne Laurie Carrio, responsable de la mise en place terrain.

Il faut donc comprendre que l'effet de ces produits à base de micro-organismes n'a pas une efficacité toujours immédiate. « Les solutions pour le sol vont œuvrer sur le long terme en rétablissant des équilibres. Elles vont favoriser le développement de champignons présents naturellement dans le sol et qui, par leur mycélium, vont venir travailler sa structure. En lien avec un travail du sol adapté, ces micro-organismes accélèrent la restructuration mais ont malgré tout besoin de temps. »

Certains micro-organismes sélectionnés auront un effet de renforcement sur les plantes cultivées pour prévenir les maladies.

D’autres, à base d'algues, vont optimiser en période de fortes chaleurs, la capacité des plantes à ouvrir et fermer leurs stomates et ainsi améliorer l'absorption de l'eau d'irrigation

« D'après nos expérimentations menées dans la plaine de la Limagne sur maïs, cette solution a augmenté les rendements de 2 à 3 q/ha. »

Des plaines de Limagne à l'Océanie

Greencell a développé une dizaine de produits dédiés à l'agriculture. La majorité des ventes est réalisée en France mais l'entreprise compte des clients dans toute l'Europe, en Australie et Nouvelle-Zélande, en Afrique et en Asie. « Nous adaptons nos formules en fonction des conditions climatiques » précise Anthonin Gallien.

Commercialisé sous forme de poudre à diluer dans le pulvérisateur, « 1 kg permet de couvrir 4 à 5 ha », ce sont plus de 60 tonnes de micro-organismes qui sont vendues chaque année pour un chiffre d'affaires de plus de 2 millions d'euros. « Nous sommes en progression mais il nous faut convaincre encore » souligne Claire Huot, business developer.

À lire aussi : Canopée, l’innovation auvergnate qui défie les aléas climatiques

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