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GNR, engrais, PAC, prédation...La chambre régionale d'agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes tire la sonnette d'alarme

Flambée du GNR, politique agricole commune, prédation lupine, sanitaire… Lors de la session de la chambre régionale d’agriculture du 17 mars au Campus Région du numérique à Charbonnières (Rhône), les élus professionnels ont dressé un panorama des inquiétudes qui secouent actuellement le monde agricole.

 "Un pays qui ne peut plus nourrir sa population n’est plus pleinement souverain !"

Dès l’ouverture de la session de la chambre régionale d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes qui s'est tenue le 17 mars à Charbonnières (Rhône), Michel Joux, son président, a martelé qu' « un pays qui ne peut plus nourrir sa population n’est plus pleinement souverain ! » Ce dernier a donné, en effet, sans détour la mesure des inquiétudes qui traversent la profession agricole

Replacer la production agricole au coeur des priorités nationales

Pour lui, il y a urgence à replacer la production agricole au cœur des priorités nationales. Il a également dénoncé l’empilement de normes qui entrave le travail des agriculteurs. Dans la salle, les élus ont largement partagé cette analyse, posant une question centrale : comment préserver la capacité productive d’Auvergne-Rhône-Alpes alors que les contraintes économiques et réglementaires se multiplient ?

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GNR et Pac : les agriculteurs sont inquiets

Parmi les inquiétudes conjoncturelles grandissantes, Jean-Luc Perrin, président de la FDSEA de la Loire et secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, est revenu sur la guerre au Moyen-Orient qui a pour conséquence notamment la flambée du GNR. Cette hausse survenue au moment où les travaux de printemps démarrent a suscité une vive réaction. En effet, tous ont rappelé que ces prix qui, selon les élus, ont presque été multipliés par deux, ont des conséquences directes sur les trésoreries déjà fragiles pour certaines exploitations.

À cette pression économique s’ajoute un contexte européen très mouvant : les discussions autour du Mercosur renforcent la crainte d’une concurrence étrangère moins contrainte, tandis que la politique agricole commune (Pac) en cours de renégociation, apparaît sous‑dotée. Le secrétaire général de la FRSEA a évoqué un manque de 390 à 450 milliards d’euros pour répondre aux besoins actuels.

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Agriculture : Supprimer les surtranspositions françaises des règles européennes

Le sujet des surtranspositions françaises des règles européennes est également au cœur des préoccupations des agriculteurs. Les élus de la session dénoncent cet état de fait qui freine « la liberté d’entreprendre » des agriculteurs et demandent que « la fin du match soit sifflée ».

« Ces surtranspositions coûtent chaque année 120 milliards d’euros à l’État français », a-t-on pu entendre dans l’assemblée. 

C’est dans cet esprit que la FRSEA et Jeunes agriculteurs ont présenté une motion, adoptée à la majorité, qui demande que la loi d’urgence agricole acte la suppression de ces surtranspositions. « Ceci dans le seul objectif de relancer la dynamique des projets agricoles sans les entraver réglementairement et, in fine, d’augmenter la production agricole française pour répondre à l’enjeu de souveraineté alimentaire », stipule la délibération.

Loup : une pression grandissante en Auvergne-Rhône-Alpes

Autre sujet d’inquiétude grandissant : la prédation du loup toujours plus prégnante en Auvergne-Rhône-Alpes. La présence du loup a en effet été confirmée dernièrement dans le Rhône et la Loire, départements très urbanisés où, aux dires du président de la chambre départementale de l’agriculture du Rhône, Pascal Girin, les moyens de lutte seront parfois compliqués à mettre en place. Alors, si les agriculteurs ne demandent pas une éradication du loup, ils demandent une régulation plus efficace.

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Bernard Mogenet, président de la FDSEA des Savoie et porte-parole de la motion présentée par la FRSEA et Jeunes agriculteurs, a rappelé que la volonté aujourd’hui est de « baisser la pression de prédation. Pour diminuer les dégâts que nous avons sur nos élevages, nous n’avons pas d’autre choix que de réduire la population lupine sur notre territoire et ainsi revenir à quelque chose de plus acceptable ».

Ainsi, dans la motion adoptée à la majorité, les demandes portent sur l’évolution du quota national, l’autorisation de moyens de défense mieux adaptés et la possibilité d’intervenir dans les zones protégées. La fatigue psychologique des éleveurs a également été mise en avant.

« Les éleveurs sont tout seuls contre ça et je vous garantis que ça pèse sur le terrain », ont martelé les représentants professionnels présents.

Pour rappel, selon les premières estimations du ministère de l’Agriculture, en 2025, le nombre d’attaques de loup a augmenté d’environ 10 % (4 441 attaques) tandis que le nombre d’animaux victimes a augmenté de 15,1 % (12 927 bêtes, surtout des ovins).

DNC : une victoire fragile, une vigilance indispensable

Avec l’arrivée du printemps, la dermatose nodulaire contagieuse reste un sujet d’inquiétude pour la profession. Si la chambre régionale estime que la situation s’améliore grâce à l’application rigoureuse du protocole sanitaire, le risque de rechute demeure.

L’exemple espagnol, cité à plusieurs reprises, agit comme un avertissement : dans certaines zones, quelques animaux non vaccinés ont suffi à relancer l’épizootie, démontrant la rapidité de diffusion du virus et la nécessité de maintenir un très haut niveau de vigilance. Ainsi, les représentants professionnels présents ont fait remonter les attentes du terrain à l’aube des transhumances, notamment la vaccination des vaches destinées aux estives au moins quinze jours avant.

Tous ont insisté sur la nécessité de porter une ligne claire et unifiée : en matière sanitaire, les positions doivent s'appuyer sur la science et sur l’expérience du terrain.

Lire aussi DNC : la vaccination reconduite pour 2026

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