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En Auvergne Rhône-Alpes, la course pour produire plus d’œufs

Avec une consommation en hausse de 5 %/an depuis 2023 et un record de 235 œufs consommés par habitant en 2025, la filière avicole française fait face à un défi sans précédent : répondre à une demande croissante tout en surmontant les obstacles à l’expansion de la production.

© Mélodie Comte

La France est le premier producteur européen d’œufs avec 15,4 milliards d’unités par an. Pourtant, le pays connaît depuis plusieurs mois des ruptures ponctuelles d’approvisionnement dans les rayons. En cause ? Une hausse rapide de la consommation (+5 % par an depuis 2023). 

L'œuf est tout à la fois pratique en cuisine et nutritionnellement qualitatif, en plus d’avoir un prix abordable à l’heure où le pouvoir d’achat des Français est en berne.

L’Auvergne-Rhône-Alpes représente 7 à 10 % de la production nationale d’œufs (4e région productrice en France), avec 750 éleveurs.

Là où la production pourrait se sentir portée et profiter de cette embellie, elle peine à suivre. Depuis plusieurs années maintenant, les éleveurs se heurtent aux freins structurels et sociaux.

À lire aussi : Que contient la loi d'urgence agricole annoncée par le Gouvernement ?

Les producteurs d'oeufs français dénoncent les restrictions administratives et sociales 

En Auvergne-Rhône-Alpes, l’Afivol, l’interprofession régionale, dénonce dans un communiqué de presse du 26 janvier, la complexité des procédures administratives pour la création de nouveaux poulaillers, les oppositions locales fréquentes et des investissements lourds, estimés entre 1 et 1,5 million d’euros par équivalent temps plein.

« 300 millions d’œufs supplémentaires ont été consommés cette année en France. Sans la construction de nouveaux poulaillers, il sera impossible de répondre durablement à cette hausse de la demande », souligne Jean-Philippe Nallet, vice-président d’Afivol et éleveur en Isère.

Transition vers des modes d’élevage alternatifs : 300 nouveaux poulaillers pourraient voir le jour d'ici 2030.

La filière tente pourtant de lever certains freins pour accompagner la production. Elle s’est ainsi engagée dans une transition vers des modes d’élevage alternatifs (au sol, plein air) pour répondre aux attentes de bien-être animal et aux réglementations européennes. Un virage « nécessaire » selon l’Afivol, mais qui a un prix : 

« 1,5 milliard d’euros ont été investis en 20 ans pour transformer les élevages (...) entraînant une perte de 20 % du cheptel à chaque transformation », dénonce Jean-Philippe Nallet.

La filière ne s’avoue pas pour autant vaincue. Afivol accompagne ses éleveurs dans la modernisation et l’extension des unités existantes

Elle affirme qu’avec ce soutien, 300 nouveaux poulaillers verront le jour d’ici 2030 (dont une centaine d’ici fin 2026).

Néanmoins, le paradoxe franco-français de vouloir consommer plus d’œufs tout en rejetant l’implantation de poulaillers a la dent dure. L’interprofession auvergnate appelle à une concertation renforcée entre acteurs locaux, élus et citoyens pour tenter de lever les craintes. « Produire plus, mais où ? La question est cruciale pour l’avenir de notre filière », rappelle Jean-Philippe Nallet.

À lire aussi : Lionel Chauvin, président du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme dénonce les freins à l’agriculture française

 

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