FDSEA et JA de la Creuse contrôlent les entrées du département
Après avoir bâché des radars et posé des banderoles sur les ronds-points en fin de semaine dernière, les agriculteurs ne décolèrent pas et continuent de protester contre le Mercosur. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Creuse ont repris leurs actions dès ce lundi 12 janvier après-midi, avec des barrages filtrants aux grandes entrées du département. Près de 250 agriculteurs étaient mobilisés sur les différents points : Gouzon,Lépaud, Létrade, Bourganeuf et La Croisière.
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Tout au long de l’après-midi, les klaxons des automobilistes retentissaient en signe de soutien, sans réaction hostile. « Les gens nous encouragent à continuer ces actions simples et propres », souligne Séverine Bry, secrétaire générale de la FDSEA, présente sur le point de La Croisière.
Des barrages filtrants pour contrôler les produits alimentaires
À La Croisière, à l’entrée de la RN 145, une cinquantaine d'agriculteurs tenaient le barrage filtrant et ont contrôlé une trentaine de camions. Au sein des cargaisons contrôlées, ils ont trouvé du jambon blanc sous-vide d’origine danoise ou espagnole, jugé non conforme à leurs critères. Les marchandises ont été déchargées et détruites, dans une opération symbolique dénonçant la menace sur l’agriculture locale.
À Gouzon, une vingtaine de camions frigorifiques ont été contrôlés, tandis qu’une dizaine de poids lourds ont été inspectés à Létrade et à Bourganeuf. Comme le souligne Thierry Jamot, sur le barrage de Gouzon, « le problème de ces opérations est que les transporteurs sont rapidement avisés par radio et s’arrêtent ailleurs, ce qui réduit progressivement le passage au fil des heures ».
Des grandes surfaces dans le viseur
Après les contrôles des camions, les agriculteurs se sont rendus dans les grandes surfaces de Bourganeuf pour vérifier directement l’origine des produits vendus. Certaines enseignes, tout à fait compréhensives, ont accompagné la délégation dans le magasin. En revanche, pour d’autres, la situation a été plus problématique : au-delà des produits non français, des produits trompeusement étiquetés ont été découverts, comme des champignons provenant de Pologne présentés comme français. « C’est un scandale », confie Pascale Durudaud, soulignant l’urgence de protéger la transparence et la qualité des produits pour les consommateurs et les producteurs locaux.
Une mobilisation qui ne faiblit pas
La mobilisation ne s’arrêtera pas là. La FDSEA de la Creuse sera présente à Strasbourg, devant le Parlement européen, pour refuser la ratification de l’accord Mercosur et défendre l’agriculture française.« Tous à Strasbourg le mardi 20 janvier ! C’est notre dernière chance de faire rejeter cet accord. Cela fait plus de 20 ans que nous nous opposons à ce traité. Cette mobilisation n’est pas nouvelle et nous ne nous arrêterons pas là. Nous serons devant le Parlement européen pour continuer à nous opposer », déclare Christian Arvis, président de la FDSEA de la Creuse. « Des bus partiront de Guéret et d’Aubusson pour rejoindre la mobilisation nationale, et tous les agriculteurs sont invités à se joindre à nous pour faire entendre la voix du monde agricole creusois » conclut-il.