Face à la canicule, comment limiter le stress thermique de ses animaux au bâtiment ?
Les fortes chaleurs impactent sévèrement le confort et la production de vos bovins. Le service Bâtiment de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire communique des préconisations techniques immédiates et à plus long terme pour limiter l’impact de ces coups de chaud au bâtiment.
Les fortes chaleurs impactent sévèrement le confort et la production de vos bovins. Le service Bâtiment de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire communique des préconisations techniques immédiates et à plus long terme pour limiter l’impact de ces coups de chaud au bâtiment.
Alors que les périodes de canicule se succèdent depuis le mois de juin, les éleveurs déplorent des effets délétères sur leur cheptel. Si le changement climatique impose de réfléchir plus largement à l’adaptation de vos bâtiments d’élevage, sachez qu’il est possible d’agir dès à présent pour améliorer le confort de vos animaux.
Misez sur le confort et l’hygiène
Il convient en premier lieu de respecter les préconisations techniques habituelles. En cas de place disponible, réduire la densité des différents lots d’animaux dans les bâtiments. Pour les vaches laitières, il convient d’éviter de serrer les vaches en aire d’attente avant la traite et si le bâtiment le permet, augmenter la surface en utilisant en complément un couloir de circulation. Si possible, décaler les horaires de traite pour travailler en conditions moins chaudes. Enfin, il s’agit également d’accroître la vigilance sur l’entretien en adaptant la fréquence de paillage, de curage, de nettoyage des logettes…
De l’eau en quantité
Apporter de l’eau en quantité dans les abreuvoirs ; augmenter la fréquence de vidange (et brossage) des abreuvoirs, au moins plusieurs fois par semaine. S’assurer de la présence de seaux d’eau en permanence pour les veaux logés en case ou en niche. Ajuster les pratiques d’alimentation contribue également à apporter plus de confort à vos bovins.
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Se protéger du rayonnement solaire
L’un des moyens efficaces de lutter contre les coups de chaud consiste à se protéger du rayonnement solaire. Au bâtiment, l’éleveur va devoir veiller à limiter l'échauffement du bâtiment et les contrastes lumineux et ce au moyen de différentes actions. Avant tout, pensez à fermer les portes exposées au soleil l’après-midi.
Débords de toiture
Un débord de toiture installé sur les façades orientées sud-est, sud et sud-ouest contribuera à créer de l’ombre sans gêner l’ensoleillement l’hiver.
Gérer les ouvertures
Pour éviter le rayonnement solaire direct en période de fortes chaleurs, les ouvertures sont à gérer en fonction de la course du soleil. En ouvrant les portails exposés au soleil uniquement la nuit et en début de matinée, et en limitant l’entrée de chaleur durant les périodes les plus chaudes de la journée, le bâtiment peut être rafraîchi. Pour les façades exposées au sud, un débord de toiture suffisant permet l’ouverture sans risque d’ensoleillement (voir ci-dessus). Cependant en l’absence d’avancée de toit ou sur la façade exposée au soleil bas et chaud de l’ouest, il est intéressant de pouvoir moduler les ouvertures selon le moment de la journée pour conserver l’ombre au sein du bâtiment tout en permettant une ventilation en partie basse.
L’installation de rideaux est une solution efficace mais il existe aussi des dispositifs d’ombrage simplifiés tels que la prolongation d’un auvent avec une toile textile d’ombrage ou l’installation de volets en bois pour faire rentrer de l’air mais sans rayonnement.
Obturer les plaques éclairantes en toiture
Lors de la conception d’un bâtiment, le dilemme est de faire rentrer la lumière tout en limitant le rayonnement en toiture ; l’usage de translucides en toiture doit être raisonné. Le service bâtiment conseille le recours à des peintures blanches (utilisées l’été par les serristes) pour les tôles existantes ; pour plus de durabilité et moins de risque d’accident, l’application de l’intérieur est conseillée, avec une première couche d’accroche très diluée puis une seconde permettant une bonne protection, tout en conservant de la luminosité. L’application peut se faire avec un pulvérisateur à dos. Selon les cas, il peut aussi être judicieux d’isoler la toiture de son bâtiment.
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Repeindre la toiture
Repeindre les couvertures de bâtiments agricoles avec des peintures claires réfléchissantes pourrait être une solution intéressante à l’avenir, toutefois cette technique se heurte à plusieurs freins : le coût et la pérennité ; le coût du nettoyage régulier pour conserver l’efficacité de cette solution, la réglementation d’urbanisme et l’impact sur le paysage ; notons qu’une peinture inadaptée risque de dégrader les tôles en fibro ciment. Cette solution est donc à comparer avec le coût d’une isolation de la toiture.
Objectif ventilation
Ouvrez le plus possible vos bâtiments et lieux de traite tout en empêchant les rayons du soleil d’atteindre les vaches ou l’auge.
Les débits de ventilation doivent être maximisés en été (la vache rejette beaucoup plus d'humidité et l'air vicié stagne en partie basse) sans faire rentrer de chaleur supplémentaire. N’hésitez pas à démonter les murs et les parois au nord (et à l’est), jusqu'au sol !
Et les ventilateurs et autres brumisateurs ?
L’achat de ventilateurs doit être réfléchi, quelques ventilateurs épars risquent d’augmenter le risque de regroupements. Installer des ventilateurs dans les salles de traite et boxes robots pour chasser les mouches et découper les bardages derrière les prises d’air des ventilateurs à flux horizontaux. Orienter les flux d’air des ventilateurs vers les vaches et non au-dessus de leur dos, grâce à l'installation de chaînes de reprise en partie basse (inclinaison fréquente entre 15 et 20°).
Quant à la brumisation, qui vise à refroidir l’air entrant et environnant les animaux, soyez vigilant dans le cas de bâtiments trop fermés et/ou mal ventilés où le risque d’augmenter le taux d’humidité et donc le stress est réel. Il est également possible de doucher ses animaux mais pas n’importe comment. Le douchage, c’est 6 à 8 séquences par jour d’une heure quand il fait très chaud, avec à l’intérieur de chaque séquence une alternance de douchage (1 mn) et séchage (5 mn) avec des buses qui débitent 1 à 2 litres/mn. En urgence, et/ou pour limiter les coûts d'installation, cette technique peut être mise en place dans une zone bien ventilée en rassemblant les vaches plusieurs fois par jour.
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