Sécheresse et élevage : comment sécuriser l'accès à l'eau (réseau, forages, eaux pluviales)
L’abreuvement constitue un levier central de la performance des élevages. Le point sur les besoins en eau des animaux d'élevage et les différentes sources d’alimentation en eau.
L’abreuvement constitue un levier central de la performance des élevages. Le point sur les besoins en eau des animaux d'élevage et les différentes sources d’alimentation en eau.
Dans un contexte de changement climatique marqué par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses, la disponibilité en eau devient un facteur limitant majeur pour les systèmes d’élevage. La sécurisation de la ressource, la maîtrise de la qualité de l’eau et l’adaptation des infrastructures constituent désormais des priorités techniques incontournables. Le changement climatique modifie profondément les équilibres hydriques. L’évolution des régimes de précipitations et l’augmentation des températures entraînent une variabilité accrue des ressources disponibles. Dans les territoires d’élevage, cela se traduit concrètement par : des assecs de sources ou de cours d’eau historiquement utilisés ; des tensions sur les réseaux d’eau potable ; une concurrence accrue entre usages (agriculture, collectivités, industrie, particuliers).
Des besoins amplifiés
Les besoins en eau des animaux restent élevés et peu compressibles. Par exemple, une vache laitière consomme entre 60 et 100 litres d’eau par jour, une brebis environ 6 litres d’eau par jour. Ces besoins augmentent fortement en période de forte chaleur et avec le niveau de production des animaux. À cela s’ajoutent les usages indirects tels que le nettoyage des installations de traite, la préparation de certains aliments des jeunes animaux, remplissage du pulvérisateur…
Le changement climatique amplifie ces besoins, en raison du stress thermique : les animaux augmentent leur consommation d’eau pour réguler leur température corporelle, alors même que la ressource diminue.
Un abreuvement insuffisant ou de mauvaise qualité a des répercussions directes sur les performances : baisse d’ingestion et de production, risques sanitaires (pathologies, avortements) et augmentation de la mortalité dans les cas extrêmes.
À lire aussi : Parasitisme des bovins, ovins, caprins : le danger caché après la sécheresse
Diversification des ressources en eau
La qualité de l’eau est un enjeu majeur ; en contexte de sécheresse, la concentration en minéraux ou contaminants peut augmenter, dégradant l’acceptabilité et les performances animales. Face à ces risques, la sécurisation de l’alimentation en eau devient un axe stratégique des exploitations. Elle repose en particulier sur la diversification des ressources : réseau d’eau potable, forages et récupération d’eau de pluie.
Le réseau d’eau potable
L’abreuvement des animaux à partir du réseau d’eau potable ne demande pas d’investissement ou d’aménagement en particulier. Mais en cas de tension très forte sur le réseau d’eau potable et d’absence d’alternatives pour l’éleveur, l’abreuvement des animaux peut devenir critique. Il est vivement conseillé de disposer d’autres sources d’alimentation en eau.
Les forages
L’alimentation en eau des bâtiments d’élevage peut être issue d’un forage. La création d’un forage est soumise à réglementation quelle qu’en soit sa profondeur mais cela permet d’avoir une ressource en eau complémentaire et de qualité. Les points de forages sont déterminés par un sourcier ou un hydrogéologue. Au-delà de 10 mètres de profondeur une simple déclaration en DDT est nécessaire avant de faire intervenir un foreur. Sur certains secteurs de la Haute-Loire (Nappes du Devès et du Velay), les avis d’un hydrogéologue et du syndicat de distribution de l’eau sont demandés. Les forages permettent d’obtenir en règle générale une eau de qualité et en quantité suffisante pour l’abreuvement des animaux.
À lire aussi : Risque incendie Haute-Loire : les consignes de sécurité pour les travaux agricoles
La récupération des eaux pluviales
La récupération des eaux pluviales constitue une piste intéressante pour réduire la dépendance au réseau public, à condition de maîtriser les aspects sanitaires et techniques. Il est recommandé de réaliser des cuves enterrées étanches de préférence maçonnées permettant une meilleure stabilité de l’eau dans le temps et une meilleure conservation. Le volume de la cuve doit se calculer en fonction des besoins du troupeau, de la surface de toit et de la pluviométrie annuelle du secteur. Le stockage de l’eau pluviale ne nécessite pas de déclaration administrative. Il exige cependant une bonne surveillance de la qualité sanitaire de l’eau distribuée et nécessite la mise en place d’un système de traitement de l’eau.
Ces différents investissements représentent un coût plus ou moins important en fonction de la situation de chacun. Des aides au financement existent via certains fonds FEADER/Région. Le coût de ces investissements est à mettre au regard de la sécurisation de l’apport en eau dans son élevage.