Qualité des cours d'eau en Haute-Loire : le changement climatique laisse des traces
Les résultats du suivi de la qualité des cours d’eau en 2025 ont été présentés le 10 juillet sur une rive de la Borne, aux Estreys. Les températures de l’eau augmentent et les débits diminuent...
Les résultats du suivi de la qualité des cours d’eau en 2025 ont été présentés le 10 juillet sur une rive de la Borne, aux Estreys. Les températures de l’eau augmentent et les débits diminuent...
Le Département de Haute-Loire assure annuellement le suivi de la qualité des cours d'eau sur son territoire. La mise en œuvre, confiée à Ingé43, s'appuie en 2025 sur un réseau de 301 prélèvements répartis sur 25 cours d’eau pour lesquels de nombreux paramètres ont été observés : température, pH, azote, phosphore, prélèvements et déterminations d’invertébrés benthiques différents... Les élues présentes ce 10 juillet, Annie Ricoux, conseillère départementale du canton du Pays de Lafayette, vice-présidente en charge de l'environnement et Nathalie Rousset, conseillère départementale du canton du Mézenc, déléguée à l'eau, accompagnées des techniciens chargés des analyses, ont rappelé que ce suivi annuel est le fruit d’un travail collectif réalisé chaque année par le Service Eau et Assainissement d’Ingé43 et le laboratoire Terana, en partenariat avec l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.
2025 : 4e année la plus chaude
Du point de vue hydro-climatique, 2025 est la 4e année la plus chaude (+ 1,4°C par rapport aux normales) avec une pluviométrie et une hydrologie proches de la normale, mais avec des baisses rapides des débits sur la période d’étiage, favorisant une élévation de la température des rivières. Cette année, un focus était fait sur le bassin versant de la Loire et ses affluents.
Du point de vue physico-chimique, sur les 40 sites suivis, 65% sont en bon à très bon état. Pour les 35% restants, des états moyens à médiocres sont causés par des apports excessifs en nutriments sur 3 affluents de la Loire et un réchauffement excessif de la Loire elle-même sous l’effet des fortes chaleurs estivales, en raison de la faiblesse des débits transités par rapport à la largeur de son lit.
À lire aussi : Sécheresse : les axes Allier et Loire placés en alerte
Indicateurs biologiques : majorité de résultats moyens à mauvais
Parallèlement, les indicateurs biologiques, établis sur 39 sites et issus de l’étude des peuplements de diatomées, d’invertébrés et de poissons, affichent une majorité de résultats moyens à mauvais, avec seulement 33% de sites en bon ou très bon état, en raison de résultats très contrastés sur l’indice biologique diatomées (IBD). À titre de comparaison, ce résultat est assez proche des 26% obtenus en 2022. Pour résumer ;
Les résultats de l’année 2025 témoignent de situations contrastées entre des secteurs encore bien préservés à l’amont des bassins versants et des zones plus marquées par les apports issus des activités anthropiques et les fortes chaleurs estivales, dont l’effet sur la qualité des cours d’eau est amplifié par les faibles débits d’étiage observés cette année ».
Ce constat, fait depuis quelques années à l’échelle du département, illustre une des conséquences du dérèglement climatique sur les cours d’eau du territoire.
Ce dernier accroît en effet l’importance des actions à conduire (amélioration de l’assainissement collectif, adaptation des pratiques culturales, infiltration des eaux pluviales urbaines, renaturation des berges, présence d’une ripisylve) pour la préservation de nos ressources en eau. Désormais, le moindre dérapage dans nos activités humaines a des conséquences sur l’ensemble du cours d’eau et du réseau » indique Nathalie Rousset.
Nos cours d'eau : un patrimoine précieux
Pour mieux préserver et partager la ressource en eau, les territoires, accompagnés par le Département, travaillent sur le partage de l’eau aujourd’hui et dans le futur. Le faire ensemble est une valeur forte de notre plan de mandat CAP2030, elle est fondamentale dans le domaine de la gestion et du partage de l’eau. La qualité de nos cours d'eau est un patrimoine précieux qui conditionne l'avenir de notre territoire. Face aux effets du changement climatique, nous devons continuer à agir collectivement, avec lucidité mais aussi avec confiance. Mieux connaître l'état de nos rivières, c'est mieux les préserver et préparer ensemble un partage durable de la ressource en eau pour les générations futures » souligne Marie-Agnès Petit, présidente du Département de la Haute-Loire.
La plaquette d’information annuelle sur la qualité des cours d’eau est consultable sur internet : www.hauteloire.fr
À lire aussi : Parasitisme des bovins, ovins, caprins : le danger caché après la sécheresse