Combien d'éleveurs laitiers en 2034 ?
Constituer un groupe de travail pour réfléchir au maintien d'une production laitière importante en Haute-Loire à l'horizon 2034, tel était l'objet d'une réunion jeudi 18 décembre au Puy-en-Velay à l'initiative de la Chambre d'agriculture.
Constituer un groupe de travail pour réfléchir au maintien d'une production laitière importante en Haute-Loire à l'horizon 2034, tel était l'objet d'une réunion jeudi 18 décembre au Puy-en-Velay à l'initiative de la Chambre d'agriculture.
Quel sera le visage de la filière laitière en 2034 ?
Combien d'exploitations laitières seront en activité et pour quels volumes de lait produits ?
La Chambre départementale d'Agriculture et Haute-Loire Conseil Élevage ont lancé une enquête conduite en 2024 via un questionnaire auprès d'exploitants laitiers. Ce travail a été confié à Zoé Crozet, étudiante en licence pro à l'ISVT en alternance à la Chambre d'agriculture, et Claude Roche, conseiller Réseau Bovins Lait.
Jeudi 18 décembre, l'ensemble des acteurs de la filière laitière altiligérienne étaient réunis au Puy-en-Velay pour connaître les données de cette étude et échanger autour des perspectives de l'élevage laitier et de l'ensemble de la filière sur le département. La présentation était assurée par Claude Roche et Alexandre Darle des réseaux de références à la Chambre d'Agriculture et Pauline Caire de l'équipe Traçabilité-Identification à la l'EDE.
Maintenir une production laitière forte
Les professionnels de la Chambre d'Agriculture souhaitent réunir un Comité de pilotage autour du "métier d'éleveur laitier" dans le but de maintenir un maximum de livreurs de lait à l'horizon 2034 et ralentir la tendance mise en lumière dans cette projection. Tel était l'objet de cette rencontre qui a réuni une trentaine de personnes (représentants des JA et de la FDSEA, des entreprises laitières, du Crédit Agricole, Crédit Mutuel, de Cerfrance Haute-Loire, de la MSA, de XRRepro, du GDS, de la DDETSPP, du Département, des responsables des centres de formation...).
En savoir plus sur l'étude : Rester le leader laitier de la région en 2034
Si tout le monde s'accorde à dire qu'il faut continuer à produire du lait en Haute-Loire, chiffres de l'étude en tête, les échanges ont mis en évidence plusieurs freins qu'il faudra s'évertuer à déserrer : les problèmes de main d'oeuvre sur les exploitations, même si on peut faire appel au Service de Remplacement ou au salariat… Le manque de motivation des jeunes pour l'élevage laitier en raison de l'astreinte, de l'image du métier, et du revenu…
Objectif : -500 éleveurs au lieu de -700
Arriver en 2034 à -500 éleveurs au lieu de -700, infléchir la courbe, c’est l'objectif des responsables professionnels. Pour cela, plusieurs pistes ont été évoquées lors de cette réunion. En premier la formation initiale et continue pour aider les agriculteurs face à un métier qui devient de plus en plus technique et utilise de nouvelles technologies.
Mais pour beaucoup, "le nerf de la guerre reste et restera le prix et le revenu".
Même si aujourd'hui le prix du lait est haut, le poids des charges continue à peser lourd, et surtout les éleveurs restent inquiets quant au maintien de ce prix. Autre levier, la motivation des jeunes. Et d'inciter les agriculteurs à positiver sur le métier, à être des ambassadeurs auprès des générations à venir.
Lire aussi : L'entreprise Gérentes prête à collecter de nouveaux producteurs de lait
Un groupe bientôt constitué
En fin de réunion, le groupe de travail a été évoqué mais pas encore constitué. Ce sera l'affaire des semaines à venir. Les conseillers Chambre compte sur l'engagement d'éleveurs, de responsables professionnels, de représentants des entreprises laitières et des centres de formation notamment. À suivre…
Zoom sur…
L'évolution de la filière laitière altiligérienne en chiffres
En 2024, la moyenne d'âge des éleveurs laitiers de Haute-Loire atteint 54 ans ; d'ici 10 ans, 50% de ces éleveurs pourront prétendre à la retraite. Les 1157 fermes laitières sont majoritairement spécialisées et livrent 368 millions de litres en laiterie et 5,4 millions de litres en vente directe. Dans 10 ans, l'étude prédit une disparition de 314 exploitations dont beaucoup en individuel, et une diminution conséquente des actifs sur les fermes (-736 agriculteurs). À raison de 5 à 10 installations en lait estimées par an, le département devrait compter 260 installations en 10 ans, soit une installation pour 3 départs en retraite. Le nombre de livreurs de lait passerait à 843 en 2035.
En termes de volumes de lait, la Haute-Loire pourrait perdre environ 40 millions de litres. Le litrage moyen par exploitation devrait poursuivre sa progression (de 318 000 L en 2024 à 384 000 L en 2035).