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Rester le leader laitier de la région en 2034

Réunis en session ce 22 septembre, les élus de la Chambre d'agriculture ont regardé vers l'avenir avec la présentation des résultats d'une enquête centrée sur les fermes laitières de Haute-Loire en 2034. Prospective.

Quelle production laitière en 2024 en Haute-Loire ?

Quel sera le visage de la filière laitière en 2034 ? Combien d'exploitations laitières seront en activité et pour quels volumes de lait produits ? Une enquête conduite en 2024 via un questionnaire auprès d'exploitants laitiers apporte des réponses qui ont été présentées en session par ses auteurs :  Zoé Crozet, étudiante en licence pro à l'ISVT en alternance à la Chambre d'agriculture, et Claude Roche, conseiller Réseau Bovins Lait.

Perte de point de collecte et d'actifs

En 2024, point de départ de l'étude, la moyenne d'âge des éleveurs atteint 54 ans ; d'ici 10 ans, 50% des éleveurs pourront prétendre à la retraite. Les fermes laitières, au nombre de 1157, sont majoritairement spécialisées et livrent 368 millions de litres en laiterie et 5,4 millions de litres en vente directe. Dans 10 ans, l'étude prédit une disparition de points de collecte (perte de 314 exploitations dont beaucoup en individuel), et une diminution conséquente des actifs sur les fermes (-736 agriculteurs). À raison de 5 à 10 installations estimées par an, le département pourra compter sur 260 installations en 10 ans. 

En termes de volumes de lait, la Haute-Loire pourrait perdre environ 40 millions de litres de lait avec des pertes plus conséquentes dans les exploitations individuelles. Le nombre de livreurs de lait passerait à 843 en 2035 (pour rappel contre 1157 en 2024) tandis que le litrage moyen par exploitation devrait poursuivre sa progression (de 318 000 L en 2024 à 384 000 L en 2035).

Rôle crucial de l'accompagnement

Enfin l'étude fait état d’éléments favorables à la production et des solutions et outils qui peuvent être activés en vue d'atténuer cette évolution à la baisse du nombre de fermes et du volume collecté en 10 ans. La conjoncture favorable en lait et viande, avec des prix rémunérateurs, pourrait aider à limiter cette tendance. Ajoutons à ce tableau optimiste, des résultats courants d’exploitation en progression, une demande soutenue et une filière lait en ordre de marche pour favoriser le renouvellement des générations. L'étude met aussi en avant le rôle crucial d'un accompagnement de ces évolutions. Claude Roche préconise une montée en compétences techniques en présence d’animaux plus productifs ; il faut permettre une progression des livraisons par ferme, veiller à assurer l'autonomie fourragère d'un troupeau dont les besoins sont plus élevés, vérifier la cohérence main-d’œuvre/surfaces/troupeau, gagner en compétences agronomiques, jouer la carte d'équipements nouveaux (robotique, bâtiment...). La formation initiale et tout au long de la vie est une autre forme d'accompagnement qui devrait venir en aide à la filière ; le conseiller suggère d'adapter les contenus pédagogiques aux besoins professionnels, de rendre attractifs les métiers de l'élevage, de former aux nouvelles technologies, à la gestion des risques et des aléas, de renforcer les compétences en gestion, financières et fiscales des exploitations et de favoriser le travail transversal plutôt qu'en silo (collaboration avec le voisinage, inter OPA...). Avec près de 3 départs pour 1 installation en bovins lait pour les 10 prochaines années, il s'impose également de poursuivre l'accompagnement du renouvellement des générations et notamment d'être en capacité de répondre aux besoins des hors cadres successoraux. Véritable outil de travail, cette étude est à présent à la disposition de la profession agricole.

Travailler collectivement et continuer à produire

À la suite de cette présentation, le président de la Chambre d'agriculture, Yannick Fialip a lancé un message empreint d'optimisme : 

« Avec 18 000 L de production annuelle par exploitation dans les années 1980 et 320 000 L en 2025, la Haute-Loire a su relever le défi, et de manière collective avec l'ensemble des OPA et nos 3 centres de formations agricoles. Les débouchés sont là. La Haute-Loire, 1er département laitier de la région AuRA, est une terre de lait. On peut arriver à conserver cette place en travaillant collectivement ». 

Pour pérenniser une filière lait altiligérienne dynamique, la vice-présidente, Laurine Rousset, encourage les producteurs à continuer à produire et à être compétitifs ; elle a par ailleurs invité les représentants des établissements agricoles à mettre en avant la technique dans leur enseignement. Pour conserver notre place de leader laitier en région, Jean-Julien Deygas, président de Haute-Loire Conseil Élevage, préconise « de la productivité et le plus de volume possible » grâce à l'aide de nos organismes. Julien Duplomb, secrétaire adjoint Ch. d'agriculture et président des JA, a encouragé les éleveurs laitiers, à profiter du regain économique actuel « pour être encore meilleur et faire perdurer nos exploitations ». 

Le président Fialip regrette toutefois que les agriculteurs eux-mêmes portent une vision trop pessimiste sur leur métier. D’autant qu’il se montre « sûr que demain on manquera de producteurs, créateurs de valeur ajoutée ».

Enfin, les directeurs des 3 établissements d'enseignement agricole de Haute-Loire ont été invités à intervenir à l'occasion de la rentrée scolaire 2025 (voir dans cette page).

Zoom sur...
Effectifs en hausse dans les 3 établissements agricoles de Haute-Loire
À l'occasion de cette session de rentrée, la Chambre d'agriculture a souhaité mettre en lumière les 3 établissements qui forment les nouvelles générations d'agriculteurs et d’autres métiers de ce secteur d'activité. Les 3 directeurs, François Petavy pour l'ISVT, Thibault Gautier pour George Sand et Jean-François Besson pour Bonnefont, ont tour à tour présenté leurs établissements qui affichent tous la particularité d'être intimement liés avec la profession agricole.
Outre les chiffres (voir encadré), les 3 responsables ont signalé que l'enseignement agricole se porte très bien dans notre département avec des effectifs en hausse, de nouvelles formations et de nombreux projets sur chacun des sites. Ils ont par ailleurs fait jour sur de nouvelles tendances : les filières agricoles séduisent, avec des effectifs en progression sur 5 ans, et une féminisation est à l’œuvre parmi les apprenants
Ce fut l'occasion pour eux d'annoncer les priorités de la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) qui prévoit notamment d'accueillir 30% d'apprenants supplémentaires dans les filières agricoles et agroalimentaires.
 

 

 

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