Canicule précoce : quel impact réel sur le rendement des céréales à paille ?
Inédit par sa précocité, sa soudaineté et sa durée, l'épisode caniculaire de ces derniers jours pourrait faire craindre le pire pour les rendements des céréales à paille. Les dés sont-ils définitivement jetés ? Chloé Malaval-Juery, ingénieure régionale d'Arvalis apporte des éléments de nuance.
Inédit par sa précocité, sa soudaineté et sa durée, l'épisode caniculaire de ces derniers jours pourrait faire craindre le pire pour les rendements des céréales à paille. Les dés sont-ils définitivement jetés ? Chloé Malaval-Juery, ingénieure régionale d'Arvalis apporte des éléments de nuance.
Conséquences en cascade d'un coup de chaud exceptionnel
Des températures en journée dépassant allègrement les 30° degrés, et des températures diurnes restant très élevées alors que nous n'étions qu'en mai. L'épisode météorologique que vient de traverser la France a de quoi alarmer. De mémoire d'agriculteurs, on n'avait jamais vu ça.
Pour Chloé Malaval-Juery, ingénieure régionale d'Arvalis en Auvergne :
la difficulté c'est que le phénomène est si exceptionnel, que nous n'avons pas de référence sur nos bases de données sur des températures aussi élevées, aussi brutales à cette période de la campagne.
Pas encore, puisque 2026 va être l'occasion pour le centre auvergnat d'Arvalis de collecter un maximum de données sur ces parcelles d'essais de céréales à paille (orge et blé) dans l'Allier et le Puy-de-Dôme. Reste qu'à ce stade, entre observations et connaissances du cycle des plantes, on peut envisager une première analyse des conséquences du coup de chaud.
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Rendement des céréales : quel impact du coup de chaud sur le remplissage des grains ?
« Les fortes chaleurs précoces ont accéléré le cycle des céréales, sachant que nous étions déjà en avance en raison d'un hiver plutôt doux. Le coup de chaud a très certainement affecté l’accumulation de réserves dans le grain car la photosynthèse est moindre par fortes chaleurs et la respiration plus importante. Heureusement les bons rayonnements et l’état sanitaire du feuillage sont favorables même si cela ne suffira pas pour contrebalancer l’effet du coup de chaud. L’impact sur les céréales dépendra de l’avancé du remplissage au moment du coup de chaleur », explique Chloé Malaval-Juery.
Le stade de remplissage de la plante au moment du coup de chaud est en effet crucial : « En théorie, si au moment du coup de chaud le remplissage venait juste de démarrer, la taille des enveloppes est déjà fixée, donc on aura des petits grains. Si la plante a déjà bien amorcé le remplissage, cela pourra finir de remplir avec une base d'enveloppe plus grande. Les céréales qui étaient en train de terminer le remplissage au moment du coup de chaud auront aussi un impact moindre car elles auront esquivé ».
À ce stade, là où l'incidence risque d'être la plus forte, c'est dans les situations d'échaudage thermique alors que le remplissage n'est pas terminé.
On a ce cas de figure dans des sols peu profonds, superficiels, dans l'Allier notamment, avec un vrai stress hydrique et un système racinaire peu développé en raison de phénomène d'hydromorphie pendant l'hiver.
À l'échelle du Puy-de-Dôme et de l'Allier, ces cas de figure devraient toutefois rester minoritaires.
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Dates de moissons précoces et retour des pluies : les dernières prévisions d'Arvalis
« Dans les sols plus profonds surtout dans les parcelles irriguées, si le remplissage n'est pas optimal, il n'est pas à l'arrêt surtout avec l'arrivée de températures plus correctes ces derniers jours, et de précipitations ».
Quid des dates de premières moissons ?
« On peut avoir des moissons avancées de bien quinze jours ».
Seule certitude pour le moment, au fur et à mesure des jours, Arvalis compile les données notamment sur les quatre moments clés du remplissage, prélève les épis, compte et pèse les grains sur ces essais de variétés précoces et tardives à Saint-Pourçain-sur-Besbre, Sardon, Saint-Félix, Montpeyroux…
« On documente au fil de l'expression du changement climatique, les incidences sur les cultures », résume Chloé Malaval-Juery.
Pour les cultures de printemps, difficile pour le moment de se prononcer, mais les conséquences devraient être moins importantes dès lors que les plantes sont au début de leur cycle.
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