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Boeuf de Pâques à Lafeuillade : acheteurs et prix au rendez-vous même sans les animaux

Si elle n’avait pas le charme des éditions précédentes, la vente aux enchères du Beouf de Pâques à Lafeuillade-en-Vézie (Cantal), organisée en photo-projection, a dépassé les espérances des organisateurs.

Eleveurs réunis dans une salle des fêtes pour une vente aux enchères d'animaux
Un format inédit sur la base de photos prises dans les élevages.
© Patricia Olivieri

Lionel Monier ne cachait pas son soulagement dimanche midi à l’issue de la vente aux enchères du Bœuf de Pâques de Lafeuillade-en-Vézie. Une vente inédite dans un calme étonnant : pas de mouvements dans les travées, pas de bruit de cloche, ni paroles encourageantes des éleveurs pour faire avancer leur animal... Seul le rythme rapide de David Pons, meneur aguerri des enchères, cadençait la matinée. 

Cette édition 2026 se tenait en effet dans la salle polyvalente, en visioprojection sur la base de photos des 39 vaches et génisses prises fin février dans leurs exploitations(1). Début janvier, au sortir de la secousse de la DNC, l’équipe d’éleveurs organisateurs conduite par Lionel Monier a pris la décision de recourir à cette formule pour ne faire prendre aucun risque sanitaire aux éleveurs. Aucun risque sanitaire mais un vrai pari dans ce format singulier qui a suscité le scepticisme initial chez certains, avant de s’avérer des plus concluants. “On ne savait pas où on allait, on a pris un gros risque mais le résultat est là. On aurait signé les yeux fermés si on nous avait dit que ce serait un tel succès”, se félicitait l’éleveur de Labesserette. Les acheteurs, une dizaine, étaient en effet au rendez-vous et ont pleinement joué le jeu, y compris en amont, certains se déplaçant dans les élevages pour  évaluer de visu les animaux après avoir réceptionné leur présentation en photos. 

https://www.facebook.com/reel/1462832958589380

Enchères : une moyenne à 9,30 €/kgc

Après une mise à prix à 7,80 €/kg carcasse, les enchères ont vite grimpé pour atteindre une moyenne de 9,30 €/kg, supérieure de 1,70 € à celle de l’an dernier, à la satisfaction des vendeurs. Hormis pour les championnes salers (10,70 €/kg carc.) et salers croisée charolais (11,10 €/kg carc.), les prix sont restés très homogènes, supérieurs de 1 € à ceux pratiqués en ferme. Supérieurs aussi à ceux de Laguiole en Aveyron, qui se tenait le même jour, ou de Montet-et-Bouxal, dans le Lot. 

Homme avec un micro dans la main

Une vente avec la sécurité sanitaire et sans le stress

Avec, pour les éleveurs, des frais d’analyses et de déplacements en moins et, pour les acheteurs et bouchers, une viande plus tendre, les animaux ayant été bien moins stressés, comme le confirmait Steven Mangin, responsable boucherie du magasin Leclerc d’Aurillac. “On a acheté six salers, celles qu’on voulait. Des animaux au top en termes de conformation avec une finesse d’os en plus”, soulignait-il. De quoi répondre à une demande qui se maintient : “Les gens recherchent le local et la demande continue, chez nous, d’être au rendez-vous”, relevait-il. 
Acheteur pour Ruthènes Viandes (Rodez, groupe Natera), Frédéric Coursières saluait de son côté les efforts réalisés par les organisateurs : “Mérite à eux d’avoir pris cette initiative, c’était la décision de la sagesse au moment où il fallait décider. Et puis on a pu avoir la liste et les photos des animaux à l’avance.” Fidèle au rendez-vous depuis de nombreuses années, l’acheteur aveyronnais soutient l’intérêt de ces ventes : “C’est l’occasion d’envoyer un message positif aux éleveurs et à nos clients, de montrer le travail fait et de mettre en avant nos filières de qualité auxquelles on est très attaché que ce soit en bœuf, veau ou agneau.” Même satisfecit chez Intermarché Firminy : “Les bêtes sont très bien finies, chaque année ça monte en qualité.”

A lire aussi https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/cantal/b-ufs…
 

Du côté des éleveurs, les sourires étaient aussi de mise : “Forcément ça perd un peu de charme sans les animaux mais on est plus tranquilles”, affichait Benjamin Rouzières du Gaec éponyme, qui tenait à remercier les organisateurs bénévoles de cette vente. Et côté cours, “on n’a pas à se plaindre”, abondait Alain Vigne (Ladinhac) dont les deux vaches salers se sont vendues respectivement 9,10 € et 8,80 €.

(1) Trois photos de chaque animal avec sa fiche descriptive, le tout monté en vidéo par L’union du Cantal.

Rédaction Réussir

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