Bilan installation : en Corrèze, l’installation agricole se diversifie et se féminise en 2025
Avec 70 nouvelles exploitations aidées par la Dotation aux Nouveaux et Jeunes Agriculteurs (DNJA), l’année 2025confirme une dynamique positive pour l’agriculture corrézienne. Entre féminisation, diversification des ateliers et montée en puissance des circuits courts, le département prouve que l’agriculture de demain se construit avec pragmatisme et audace.
Avec 70 nouvelles exploitations aidées par la Dotation aux Nouveaux et Jeunes Agriculteurs (DNJA), l’année 2025confirme une dynamique positive pour l’agriculture corrézienne. Entre féminisation, diversification des ateliers et montée en puissance des circuits courts, le département prouve que l’agriculture de demain se construit avec pragmatisme et audace.
En 2025, 70 jeunes agriculteurs ont franchi le pas de l’installation en Corrèze, portés par une DNJA moyenne de 37 704 €. Derrière ces chiffres, une réalité plus riche se dessine : des projets de plus en plus diversifiés, des femmes de plus en plus nombreuses et une volonté affirmée de s’ancrer dans les circuits courts et l’agriculture biologique.
Le bovin viande reste dominant, mais la diversification s’impose
Avec 61 % des installations incluant un atelier bovin viande, cette production reste le socle de l’agriculture corrézienne. Pourtant, 2025 a aussi été l’année de la diversification : près de 40 % des nouveaux installés ont combiné leur activité principale avec d’autres ateliers, comme le maraîchage (22 % des dossiers), l’ovin (15 %), le bovin lait (11 %), ou encore l’apiculture, les PPAM, l’arboriculture ou le caprin lait.
Cette tendance s’explique par la recherche de complémentarité économique, l’adaptation au changement climatique, et la volonté de répondre à une demande locale forte en produits frais et de proximité.
Les agriculteurs ont compris que la résilience passait par la diversification, souligne un technicien. Un atelier bovin viande seul ne suffit plus toujours à assurer la pérennité de l’exploitation. »**
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Des femmes toujours plus nombreuses à la tête des exploitations
Si la part des femmes parmi les nouveaux installés a légèrement reculé en 2025 (29 %, contre 40 % en 2024), la tendance reste clairement à la hausse sur le long terme : elles n’étaient que 13 % en 2023. « On observe une réelle évolution des mentalités, explique un conseiller de la Chambre d’Agriculture. Les femmes osent de plus en plus se lancer, souvent avec des projets comme le maraîchage bio ou la vente directe. Les banques et les dispositifs d’accompagnement les suivent. »
Par ailleurs, 30 % des installations se font désormais en agriculture biologique, contre seulement 16 % en 2023.
Des investissements en hausse, des projets ambitieux
Avec un investissement moyen de 307 842 € par projet, les nouveaux installés misent sur des structures solides et durables. Si 6 dossiers concernent des projets légers (moins de 50 000 €), 39 exploitations ont investi plus de 250 000 €, preuve d’une volonté de professionnalisation.
44 % des installations se font désormais hors cadre familial, en forte progression par rapport à 2023 (30 %).
Cela montre que l’agriculture corrézienne attire de plus en plus de porteurs de projets extérieurs, souvent bien forméset motivés par des modèles innovants », explique un responsable.
Autre évolution notable : 56 % des nouveaux installés ont choisi de s’installer en société, dont 79 % en GAEC. « Travailler à plusieurs permet de mutualiser les moyens, les risques, et de mieux résister aux aléas économiques et climatiques », souligne un conseiller.
La vente directe, un levier clé pour la rentabilité
40 % des nouveaux installés ont opté pour la vente directe en 2025, contre 25 % en 2023. Une progression qui s’explique par la forte demande des consommateurs en produits locaux et la volonté des agriculteurs de maîtriser leur chaîne de valeur.
Vendre en direct, c’est capter une plus grande part de la valeur ajoutée. Et avec les réseaux comme ‘Bienvenue à la Ferme’ ou les Marchés des Producteurs de Pays, on a aujourd’hui des outils pour bien démarrer », explique un maraîcher installé en 2025.
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Des défis persistants : transmission et attractivité des zones de montagne
Malgré des chiffres encourageants, deux défis majeurs restent à relever.
Le premier concerne la transmission. Avec 55 % des chefs d’exploitation âgés de plus de 50 ans et 40 % des successions incertaines, le renouvellement des générations reste une priorité.
Sans transmission, une partie de notre patrimoine agricole pourrait disparaître. C’est pourquoi nous multiplions les actions pour sensibiliser les cédants et accompagner les repreneurs », alerte Daniel Couderc, président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze.
En 2025, le PAIT a accompagné 126 cédants et 263 porteurs de projets, tout en organisant des rencontres, forums et stages de parrainage.
Le deuxième défi concerne l’attractivité des zones de montagne, qui enregistrent une baisse des installations : en 2025, elles ne représentaient plus que 53 % des installations, contre 69 % en 2023. « Ces zones restent indispensables, mais elles sont souvent plus difficiles d’accès en raison des contraintes climatiques et économiques. Nous devons les soutenir via des aides spécifiques », explique un élu.
2026 : vers une agriculture encore plus résiliente
2026 s’annonce comme une année charnière, avec plusieurs chantiers majeurs :
- Le déploiement du réseau France Services Agriculture (FSA), un guichet unique pour simplifier les démarches administratives. Une phase d’expérimentation débutera dès 2026.
- Le renforcement des actions pour la transmission, avec un objectif : réduire le nombre de successions non assurées.
- L’accompagnement des jeunes installés, via le partenariat avec la coopérative, pour un suivi technique, économique et humain.
- Le développement des circuits courts et de la vente directe.
2025 a été une année riche en enseignements, conclut Daniel Couderc. Nous avons vu émerger des projets audacieux, portés par des femmes et des hommes déterminés. En 2026, nous continuerons à être à leurs côtés, pour que la Corrèze reste un département où l’on a envie de s’installer, de produire, et de transmettre. »
Article réalisé à partir des données de la Chambre d’Agriculture de la Corrèze.