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Avec 200 installations par an, le Puy-de-Dôme reste leader dans le renouvellement générationnel

Le renouvellement des générations agricoles est un défi majeur pour l’avenir de l’agriculture française. Dans le Puy-de-Dôme, il est relevé avec dynamisme et détermination, porté par des initiatives locales et l'attractivité du territoire. 

© Sophie Chatenet

Comme partout ailleurs, le renouvellement des générations agricoles est un enjeu crucial pour assurer la pérennité de l’agriculture locale et maintenir la souveraineté alimentaire. Près de 50% des agriculteurs du département cesseront leur activité dans les dix prochaines années. 

Malgré cette dynamique d'installation et l'augmentation du taux de salariés, le département reste confronté à la diminution du nombre d’actifs agricoles.

Le Puy-de-Dôme se positionne cette année encore, comme un département leader en matière d’installations agricoles. Cette dynamique d’installation remarquable est portée à la fois par un accompagnement renforcé de la Région, du Département et de la Chambre d’agriculture, que l'attractivité du territoire et ses possibilités. Lors du COTI* du 26 février à Aubière, l'ensemble des OPA puydomoises se sont félicitées de ce dynamisme tout en appelant à ne pas relâcher les efforts voire à les renforcer pour encourager encore davantage l'installation

Un taux de remplacement de 70 % dans le département du Puy-de-Dôme, au-dessus de la moyenne nationale

Avec 200 installations en moyenne par an (moyenne de 2020 à 2024 - hors transfert entre époux NDLR), les chiffres présentés lors du COTI confirment une dynamique solide, consolidée depuis 2011 « avec une courbe légèrement ascendante ». Cette tendance reflète un territoire attractif pour les nouveaux agriculteurs dont 73% des installations concernent l’élevage

L'élevage bovin (lait, viande et mixte), majoritaire dans le département, représente la moitié de ces installations. Le taux d'installation en ovins et caprins est de 8%. Quant au végétal, il représente 27% des installations (17% grandes cultures, 4% maraîchage et 2% viticulture, arboriculture).

Le département affiche fièrement un taux de remplacement de 70%, « un chiffre élevé comparé à la moyenne nationale » souligne Baptiste Arnaud, vice-président de la Chambre d'agriculture, en charge de l'installation. Ce taux reste toutefois variable selon les filières

Le végétal présente un taux de remplacement supérieur à celui de l’élevage. » 

Autrement dit, il y a davantage de reprises d'exploitations céréalières que d'élevage ; une tendance nationale que suit inévitablement le département.

À lire aussi : Grandes cultures : une pression sanitaire à nuancer en Auvergne

Le Puy-de-Dôme premier département d’AuRA pour la DJA

Les profils des nouveaux installés sont diversifiés : 41% sont des femmes, 46% s’installent en société et 74% ont moins de 40 ans.  Par ailleurs, 70% des hors-cadre sont originaires du Puy-de-Dôme, les reconversions et les installations de personnes extérieures au département restant exceptionnelles. Le taux de maintien des installations atteint 88%, preuve de la viabilité et de la pérennité des projets accompagnés. 

La Dotation Jeune Agriculteur (DJA) a été demandée pour 87 installations en moyenne, entre 2024 et 2025, par des demandeurs âgés de 29 ans en moyenne, 44% sont hors cadre familial et 62% en société. 80% des installations aidées se situent en zone de montagne, et 30% sont sous signe de qualité (SIQO), dont 18% en bio. Enfin, 38% des projets intègrent un atelier en circuit court.

Le Puy-de-Dôme se distingue avec le nombre de DJA « le plus important de la région » souligne Baptiste Arnaud, notamment dans les territoires comme la Limagne (25% des DJA), les Combrailles (24%), et le Livradois (22%).

Il n'y a pas de raisons spécifiques à analyser. Cela correspond à des dynamiques locales, changeantes d'une année sur l'autre » explique le vice-président de la chambre.

La formation agricole face au défi des vocations

Malgré cette dynamique à l'installation et l'augmentation du taux de salariés, le département reste confronté à la diminution du nombre d’actifs agricoles participant à la baisse de la production

Le Puy-de-Dôme est vulnérable en matière de souveraineté alimentaire » alerte Baptiste Arnaud. 

Plusieurs OPA ont pris la parole lors du COTI pour appeler à, certes se satisfaire de la situation, mais à ne pas se reposer pour autant sur ses lauriers. 

Séverine Di Giambattista, directrice adjointe du lycée agro-environnemental privé du Breuil-sur-Couze souligne un enjeu culturel persistant :

Les études agricoles ne sont pas réservées aux "nuls" ou à ceux qui sont fâchés avec l’école, cette idée persiste encore aujourd’hui tant chez les jeunes que leurs parents. Nous devons travailler ensemble (établissements d'enseignements publics et privés NDLR) à changer cela »

Ce défaut de communication sur les formations agricoles subsiste depuis plusieurs années malheureusement. Malgré la multiplication des initiatives à toutes les échelles (Département, coopératives, agriculteurs...) pour promouvoir les métiers de l'agriculture, les effectifs dans les établissements scolaires agricoles continuent leur baisse. 

À lire aussi : 21e Ovinpiades des Jeunes Bergers, à la rencontre de la nouvelle génération

AuRA et Puy-de-Dôme : le duo gagnant pour les jeunes installés 

Les politiques agricoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA) et du Département jouent un rôle moteur dans la dynamique à l'installation du Puy-de-Dôme.

La DJA gérée par la Région depuis 2023 est la plus élevée de France avec un montant compris entre 16 000€ et 56 000€. 

Les jeunes agriculteurs peuvent également mobiliser un éventail d’aides financières combinant financements européens et dispositifs régionaux : les investissements en élevage (bâtiments, équipements etc.), en productions végétales (matériel, investissements liés à la production, certains systèmes d’irrigation...) ou en transformation à la ferme, ainsi que des projets collectifs de protection du foncier. La Région déploie aussi des plans filières pour accompagner la structuration et la compétitivité des productions locales, avec l’appui technique du réseau des Chambres d'agriculture régionale.

Le Département du Puy-de-Dôme n'est pas en reste. Bien que l'agriculture n'entre pas dans son domaine de compétences, il s'est pourtant doté d'une politique agricole et forestière, sous forme d’un plan pluriannuel d’investissement sur 7 ans de plus de 60 millions d’euros. Construit en lien étroit avec les acteurs agricoles, il accompagne notamment l’installation et la transmission, la modernisation d’ateliers de transformation, de conditionnement ou de commercialisation à la ferme, ainsi que les démarches d’agritourisme et de diversification.

Mis bout à bout, l'ensemble de ces dispositifs soutiennent l'installation des jeunes agriculteurs et aident à pérenniser leurs activités

Les élus de notre territoire portent un regard différent, en faveur de l'agriculture. Ces aides sont des moteurs à l'installation. J'espère que la prochaine programmation, bien qu'elle ne dépende pas uniquement du Puy-de-Dôme et d’AuRA, sera similaire voire meilleure pour maintenir cette dynamique positive à l'installation » ajoute Baptiste Arnaud. 

Un souhait également émis par les partenaires banquiers. Ces derniers n'ont pas caché que la hausse des charges de production mais aussi matérielles et foncières augmentait considérablement les capitaux investis. 

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