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Agri Emploi 63 : 20 ans à sécuriser le recrutement et la main-d’œuvre agricole en Auvergne

Créée en 2006, la structure Agri Emploi 63 fête cette année deux décennies d’accompagnement des exploitants. À l’occasion de son assemblée générale, Mathieu Daim, son président, revient sur un modèle devenu incontournable face aux défis du recrutement agricole.

Mathieu Daim, président de Agri Emploi 63 aux côtés de Baptiste Arnaud, Trésorier et Simon Roche, secrétaire général
Mathieu Daim, président de Agri Emploi 63 aux côtés de Baptiste Arnaud, Trésorier et Simon Roche, secrétaire général
© C.Rolle

« Nos aînés avaient compris que le salariat agricole allait devenir incontournable dans nos exploitations », a rappelé Mathieu Daim, président d’Agri Emploi 63, le 24 mars à l’occasion de l’assemblée générale de la structure.

Dès 2006, dans un contexte de baisse du nombre d’exploitations, d’agrandissement des fermes et de diversification des activités, la nécessité d’une main-d’œuvre structurée s’impose. Agri Emploi voit alors le jour pour sécuriser l’embauche et accompagner les agriculteurs dans leurs démarches. « L’idée était de considérer l’embauche d’un salarié comme un investissement et non comme une contrainte » souligne le président. Vingt ans plus tard, cette vision s’est confirmée, alors que les difficultés de recrutement s’intensifient sur le terrain.

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Accompagner et moderniser

En 2025, Agri Emploi 63 a renforcé son rôle, ses outils et ses équipes auprès des agriculteurs, de plus en plus nombreux à externaliser leurs besoins en main-d’œuvre. 

Ils font appel à nous parce qu’ils n’y arrivent plus seuls », souligne le président

Côté recrutement, la structure multiplie les actions de communication et ses participations à différents évènements dédiés et valorisant les métiers de l’agriculture (salons, rencontres, interventions dans les établissements scolaires…). Objectif : attirer employeurs et demandeurs d’emploi. Mathieu Daim souligne par ailleurs l’essor des demandes pour des missions saisonnières, notamment la castration du maïs en partenariat avec Limagrain, une activité en forte hausse.

Pour les employeurs, Agri Emploi 63 propose un accompagnement complet : de la gestion administrative (contrats, bulletins de salaire, déclarations) à la médiation en cas de tensions entre employeurs et salariés

« On s’occupe de toute la partie administrative qui pèse de plus en plus sur les exploitations », précise Mathieu Daim. La structure a aussi modernisé ses outils, recrutant une deuxième gestionnaire pour fluidifier le travail et libérer du temps pour le terrain

Résultat : une vingtaine de CDI gérés en 2025, avec un objectif ambitieux de doubler ce chiffre d’ici 2026.

En interne, l’adoption d’un logiciel de gestion performant a permis d’optimiser les processus (recrutement, préparation des paies, facturation) et d’améliorer la réactivité

Aujourd'hui c'est moins de contraintes, du gain de productivité et plus de temps dédié au développement de la structure. Cette souplesse nous permet d’être plus proches des adhérents », reconnaît Mathieu Daim. 

Une évolution rendue possible par des investissements validés par le conseil d’administration, visant à rendre la structure plus compétitive.

Lever les freins à l’embauche

Pour l’avenir, Agri Emploi mise sur deux leviers : se faire connaître et construire un vivier de salariés qualifiés. La structure diversifie ses partenariats, collaborant notamment avec France Emploi et les communautés de communes; et élargit son champ d’action, comme en témoigne sa  participation à un salon viticole en juin 2026. 

Il ne faut pas que les difficultés de recrutement soient un frein au développement des fermesou que des projets soient aujourd’hui remis en question faute de solutions en matière d’emploi », alerte le président

Il appelle les agriculteurs à solliciter Agri Emploi 63 avant de prendre des décisions risquées, rappelant que la structure s’appuie sur un réseau régional et national. « Chaque adhérent doit être ambassadeur d’Agri Emploi 63 », insiste-t-il. 

L’enjeu ? Transformer les défis du salariat en opportunités, pour que la gestion de la main-d’œuvre ne soit plus un obstacle à la croissance des exploitations.

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