« Sans solidarité, pas de Service de Remplacement », une association par et pour les agriculteurs
Le Service de Remplacement, créé par et pour les agriculteurs, assure chaque année la continuité de centaines d’exploitations face aux aléas. Son fonctionnement dépend autant de ses salariés que de l’engagement de ses bénévoles.
Le Service de Remplacement, créé par et pour les agriculteurs, assure chaque année la continuité de centaines d’exploitations face aux aléas. Son fonctionnement dépend autant de ses salariés que de l’engagement de ses bénévoles.
À Courpière, dans le Puy-de-Dôme, la production laitière et la transformation fromagère sous AB (agriculture biologique) rythment les journées chargées de Yannic Ménadier et de ses deux associés. C’est aussi ici, au cœur de cette exploitation familiale, que se joue une autre histoire, celle de l’engagement bénévole pour le Service de Remplacement du Puy-de-Dôme, une aventure humaine où la solidarité fait la différence.
« C'est quand tout va bien qu'il faut anticiper le pire. »
Yannic Ménadier, un agriculteur engagé dans le fonctionnement du Service de Remplacement du Puy-de-Dôme
Installée depuis 12 ans sur l’exploitation familiale en agriculture biologique, Yannic Ménadier a repris le flambeau de l’administration du Service de Remplacement de la section de Thiers-Courpière il y a un an. Une mission qui, pour lui, est bien plus qu’une simple gestion de planning.
« C’est une question de survie pour nos exploitations. »
L’histoire de sa famille avec ce service de remplacement remonte à loin. « Mon père, gravement malade il y a quelques années, a pu compter sur le SR (Service de Remplacement) pour assurer la continuité du travail à la ferme. » Dans les élevages, le vivant ne peut attendre. Les vaches doivent être traites, nourries, soignées, chaque jour, sans exception et quoi qu'il arrive.
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L’exploitation utilise régulièrement le service de remplacement, non seulement pour pallier les arrêts maladie, mais aussi comme complément de main-d’œuvre. « On est trois associés, mais on manque toujours de bras. »
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Pourtant, la réalité est complexe. Avec 86 adhérents pour seulement 5 salariés sur sa section, Yannic doit, dans son rôle d’administrateur, souvent jongler avec les priorités. Il consacre une partie de son temps à organiser les plannings, gérer les imprévus et s’assurer que chaque exploitation agricole puisse compter sur un salarié compétent en cas de besoin.
« Ce n’est pas toujours facile, reconnaît-il, mais c’est indispensable. Si on ne s’investit pas localement, le service disparaît et avec lui, la sécurité pour les agriculteurs de voir leur activité se poursuivre. »
Un engagement bénévole essentiel au fonctionnement du Service de Remplacement
De l'autre côté du département, à Saint-Gervais-d'Auvergne, Patrice Basterre est lui aussi administrateur au Service de Remplacement. Comme Yannic Ménadier, il gère depuis 10 ans maintenant les plannings des salariés et les imprévus, aux côtés de 5 autres délégués. L’éleveur est aussi secrétaire au sein de l’association départementale.
« Si personne ne se dévoue, le service s’arrêtera, et ce seront les agriculteurs qui en pâtiront. Grâce à notre mobilisation, au temps qu'on accepte de prendre pour tenir ce rôle, ils peuvent compter sur un remplacement en cas de coup dur ou pour les vacances » souligne Patrice Basterre.
Le rôle de Yannic et Patrice ne se limite pas à la logistique. Il s’agit aussi de sensibiliser les agriculteurs à l’importance de solliciter le Service de Remplacement même en temps normal. « Les salariés doivent connaître les exploitations avant les urgences.
C'est quand tout va bien qu'il faut anticiper le pire » ajoute l’éleveur de Courpière.
Pour lui, cet engagement bénévole est aussi une bouffée d’air frais. « Ça me sort de la ferme, ça me permet de rencontrer d’autres agriculteurs, d’échanger sur nos réalités. Et puis, c’est gratifiant de savoir qu’on contribue à un système qui repose sur la solidarité. »
Un avis que partage Patrice Basterre qui, malgré les difficultés, « ce n’est pas toujours facile de satisfaire tout le monde », se satisfait d’éprouver une certaine fierté à aider « mes collègues et la communauté agricole ».
Alors que les générations futures d’agriculteurs aspirent à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, Yannic est convaincu que le Service de Remplacement est une clé pour y parvenir. Cependant, pour que ce système perdure, la mobilisation de tous est cruciale. « Il faut des bénévoles, des adhérents actifs, des salariés formés. Sans quoi, tout s’effondre. »
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