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Vigneron et arboriculteur, opportunité ou décentrage ?

Un vigneron dispose d’une seconde casquette : il produit également des cerises. Mais cette double activité est-elle pertinente ? Voici les conseils de notre spécialiste.

Quel est le contexte de départ ?

Un vigneron indépendant exploite quinze hectares de vignes, et six de cerisiers. Il commercialise son vin en vrac et en bouteilles, et ses cerises à des grossistes ou en circuits courts. Il a l’intuition qu’il produit des cerises plus pour un aspect affectif et d’attachement aux traditions familiales que pour des raisons économiques. Mais il aimerait en avoir le cœur net.

Grâce à un suivi des activités assez fin mis en place avant notre intervention, en particulier sur les coûts de traitement et les coûts de main-d’œuvre, nous avons comparé les prix de vente et les coûts de revient (hors amortissements) de chaque catégorie, sur plusieurs années.

Quel est le principal problème ?

Il ressort de cette analyse chiffrée que l’exploitant effectue la majeure partie de son chiffre d’affaires, et surtout de sa marge, au vignoble. Mais cet aspect n’est pas la seule clé de lecture. L’exploitant doit pouvoir répondre à plusieurs questions :

- Quel est le temps que je pourrais me dégager si j’arrêtais la culture des cerises ? Est-ce que je pourrais ainsi valoriser davantage ma production en bouteilles ?

- Quel serait l’impact de l’arrêt de la production de cerises sur la main-d’œuvre permanente et saisonnière ; certains saisonniers préférant les entreprises où ils ont du travail pendant de longues périodes sans discontinuer ?

- Est-ce qu’en cas de mauvaise récolte de l’une des cultures, le revenu de l’autre activité me permet de limiter les impacts sur la trésorerie ?

Quelles sont les solutions ?

La solution retenue par l’exploitant a été de réduire sensiblement la surface de production des cerises, sans l’arrêter complètement. Il a abandonné un hectare qu’il avait en fermage, et trouvé un repreneur pour deux autres hectares. Le temps dégagé a permis de :

- valoriser davantage le vin en bouteilles via des actions commerciales ;

- valoriser davantage les cerises en partenariat avec des stands de vente de fruits et légumes au bord des routes de la région. Cette dernière action aurait été difficilement compatible avec une production de cerises à plus grande échelle car l’exploitant aurait alors été entièrement absorbé par la récolte.

La mise en œuvre de cette nouvelle stratégie devrait dégager 8 000 euros de marge nette annuelle supplémentaire par rapport à la solution avant la mission.

Comment mesurer l’action ?

L’exploitant a prévu de refaire la même analyse dans trois ans, pour évaluer la solution mise en place pendant la mission. Entre-temps, il continue de suivre précisément le temps passé par ses employés sur les différentes cultures.

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