Aller au contenu principal

Un duo de biostimulants pour 40 % d’économie phyto

Depuis deux ans, un négoce agricole charentais teste sur vigne deux produits naturels homologués comme engrais. Ils ont permis une baisse de 40 % des doses phyto et un gain de rendement.

Nicolas Moulin (à gauche) et Serge Marais (à droite) sont satisfaits de leur essai avec les biostimulants.
Nicolas Moulin (à gauche) et Serge Marais (à droite) sont satisfaits de leur essai avec les biostimulants.
© X. Delbecque

Sur la commune de Sainte-Sévère, en Charente, la Société de meunerie et de boulangerie étonne à plus d’un titre. Déjà parce que c’est elle qui fournit les viticulteurs locaux pour leurs approvisionnements de phytos depuis 1957, en plus de son activité de minoterie. Ensuite car elle a trouvé une recette pouvant faire économiser 40 % de produits phytosanitaires à ses clients viticulteurs. Cela grâce à deux produits naturels commercialisés sous la norme engrais : Maïak et Excelan, des biostimulants de la gamme Vitalter, proposés par l’entreprise CR Distribution. « Le premier est riche en silicium, ce qui permet de renforcer la paroi cellulaire des végétaux, explique Serge Marais, directeur et technicien du petit négoce charentais. Le deuxième comprend des composés marins qui ont un effet de stimulation des défenses naturelles. » En 2018, année à très forte pression parasitaire, Serge Marais a eu l’occasion de visiter des parcelles testant ces produits dans une coopérative voisine. Il a constaté de bons résultats même avec des réductions phyto de 40 %. Pour lui, il était clair qu’un tel résultat en 2018 montrait la solidité du concept. Le technicien a donc souhaité essayer dès 2019, mais ses ambitions ont été annihilées par le gel.

Un IFT qui ne dépasse pas 10 en année difficile

En 2020, il a décidé de se lancer pour de bon, et a même monté un groupe 30 000 avec 15 viticulteurs motivés. « Il y a une vraie attente, et les producteurs ont joué le jeu, dit-il. Certains ont coupé les parcelles en deux : un côté témoin et un autre avec les deux produits en association couplés à une réduction de dose des phytos conventionnels de 40 %. » Les produits ont été apportés systématiquement à chaque passage de pulvé, en association avec les phytos classiques. Et les résultats ont satisfait Serge Marais dès la première année. Sur les cinq viticulteurs ayant réalisé le protocole en entier, l’économie de produits phytos conventionnels a été en moyenne de 35 %. Il a même observé sur ces parcelles un gain de rendement de 10 hl/ha. « J’avais un peu peur car 40 % de dose en moins ce n’est pas rien, témoigne Nicolas Moulin, viticulteur engagé dans l’essai. Mais tout s’est bien passé, c’est une bonne surprise. Sur cette campagne mon IFT a plafonné à 10. » Serge Marais estime le surcoût dû à ces produits entre 35 et 55 euros par hectare pour la campagne. Depuis, d’autres viticulteurs ont suivi, en plus du groupe 30 000. Ce sont ainsi 400 hectares qui ont été traités de cette façon en 2021 chez ce négoce. Les essais dans le cadre du groupe ont été prévus sur trois campagnes : 2020, 2021 et 2022.

Lire aussi notre dossier : Réduire les IFT : ils l'ont fait !

Les plus lus

<em class="placeholder">Thomas Berger-Leslavergne, viticulteur à Troissy, dans la Marne</em>
En Champagne : « J’ai imaginé une fraise de curetage pour lutter contre les maladies du bois de la vigne »
Le vigneron champenois Thomas Berger-Leslavergne a cocréé une fraise de curetage, l’OB 20, plus maniable et précise que les…
<em class="placeholder">barriques de vinaigre dans une serre à Cadillac en Gironde</em>
En Gironde : « J’ai installé mes barriques à vinaigre dans une serre et non dans mon chai »

Vigneron multi-actif, Vincent Lataste, du Château Mamin à Cadillac en Gironde, vient d’ajouter la production de vinaigre à son…

Vidéo - En Gironde : une remorque faite maison pour lutter contre le gel de la vigne

Un vigneron bordelais, Frédéric Lahaye, a conçu une remorque antigel. La voici en action.

<em class="placeholder">Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire</em>
En Indre-et-Loire : « Notre programme de traitement de la vigne à environ 400 euros/ha/an intègre des biocontrôles »

Aurélien Schlienger, directeur des domaines Baudry Dutour, à Chinon, en Indre-et-Loire, intègre du biocontrôle dans ses…

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne…

<em class="placeholder">Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine &amp; Spirits Business.</em>
Inde : « Il faut que la filière viticole française ait bougé d’ici un ou deux ans maximum car tout le monde lorgne sur ce marché »

Sonal Holland, première master of wine indienne et partenaire de la School of Wine & Spirits Business, analyse le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole