Aller au contenu principal

" Penser à la sous-activité en cas d’aléas "

En cas de perte de récolte, Geoffrey Marquis, expert-comptable du cabinet TML, à Nîmes, prône la sous-activité. Un mécanisme comptable qui permet, dès l’année où la perte de récolte est constatée, de diminuer le résultat et donc l’imposition et les cotisations sociales sur cette même année.

Geoffrey Marquis, expert-comptable, cabinet TML à Nîmes conseille de recourir à la sous-activité lors d'une perte de récolte.
© G. Marquis

Qu’est-ce que le principe de sous-activité ?

C’est le fait de déduire de son résultat une somme dont le montant est calculé à partir de deux chiffres : le montant de ses charges fixes de production et le volume de la production "non réalisée", autrement dit de sa perte de récolte. La sous-activité permet dès l’année de la perte de récolte de passer en perte le prix de revient des volumes non produits. Cette règle comptable reconnue sur le plan fiscal permet donc de déduire la perte dès l’année de la constatation de l’aléa climatique, sans être obligé d’attendre la vente du vin. Ce dispositif fiscal, encore peu connu en agriculture, est largement pratiqué dans l’industrie.

Comment évalue-t-on la sous-activité ?

La sous-activité est calculée à partir du volume de récolte que le viticulteur aurait pu espérer produire sur une année normale. Pour valider cette perte de récolte, il est indispensable de produire une preuve matérielle qui valide le volume récolté l’année du sinistre. Si la date de clôture de l’exercice est située avant la levée de la récolte, au 31 juillet par exemple, il peut être difficile de prouver la quantification de la perte de récolte. Dans ce cas, la preuve peut être établie notamment grâce à un comptage de grappes sur les ceps effectué au 31 juillet. Lors d’un aléa climatique, si un rapport d’expertise d’une compagnie d’assurances a été réalisé, le document vaut bien sûr preuve de cette perte de récolte. Si la clôture de l’exercice a lieu le 31 octobre, la perte de récolte devient plus simple à prouver puisqu’en général, la vendange a eu lieu. Cela dit, le viticulteur doit aussi prouver que cette perte est un élément indépendant de sa volonté et qu’il n’a pas modifié son processus de production en faisant, par exemple, des vendanges en vert.

À partir de quand parle-t-on de sous-activité ?

Rien n’est arrêté sur ce point mais chez mes clients, je le situe dès 15 % de perte de récolte. Dans la pratique, j’évalue le volume de production "normalement" attendu à partir des 7 ou 10 dernières années, en ôtant les années exceptionnelles. À partir de là, on obtient le rendement de référence et on calcule le pourcentage de perte de récolte sur l’année du sinistre.

Comment évalue-t-on les charges fixes ?

L’analyse des charges concernées est très importante car la notion de charges fixes est primordiale. Elle ne doit en effet pas être interprétée de manière trop restrictive en ne considérant que les amortissements. En réalité il suffit d’exclure les charges qui sont variables avec le niveau de production. Quand un viticulteur rentre une demi-récolte, il a quasiment les mêmes charges que lors d’une récolte entière. Mais les charges peuvent être moindres sur les temps de travaux en vert et sur les frais liés à la vinification.

Pourquoi ce concept est-il peu connu en viticulture ?

En cas de perte de récolte, le monde agricole utilise plutôt un autre mécanisme, celui de la provision pour dépréciation. Mais dans certains cas, ce mécanisme a des limites. Le concept de sous-activité s’avère alors plus intéressant. Cela dit, il ne s’applique pas toujours. Pour les producteurs au micro-BA (bénéfice agricole), la perte de récolte ne peut être constatée que lors de la vente des vins. Pour le viticulteur soumis au réel simplifié (BA) qui a opté pour la valorisation de son stock en fonction du cours du jour moins l’abattement de 30 %, la sous-activité est déjà comprise. Le concept de sous-activité est donc adapté aux structures qui sont au réel normal et au réel simplifié, mais qui n’ont pas choisi la valorisation simplifiée.

Les plus lus

<em class="placeholder">Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux, en Gironde</em>
En Gironde : « L’autopalissage des vignes nous fait économiser 75 000 euros de prestation de levage »

Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux (Gironde), expérimente depuis trois ans l’…

<em class="placeholder">Oscar Wohleber, prestataire de services à cheval, vigneron et salarié viticole à Andlau dans le Bas-Rhin, avec John, son cheval comtois</em>
Diversification viticole en Alsace : « Je m’assure un revenu entre ma vigne, mon cheval et mon patron »

Fils de vigneron alsacien, Oscar Wohleber est passé par la mécanique moto avant de revenir vers la viticulture, malgré la…

<em class="placeholder">Charles Lebecq, viticulteur en Charente</em>
En Charente : « J’économise 1 000 euros par hectare de vigne avec la taille rase de précision »

Charles Lebecq, viticulteur sur 60 hectares à Criteuil-la-Magdeleine, en Charente, a converti 20 hectares en taille mécanique…

<em class="placeholder">véhicules anciens rénovés pour évènements festifs</em>
Des véhicules de collection pour sublimer le service du vin et les instants festifs

Transformer un vieux camion Citroën en cave à vin pour créer une ambiance unique lors d’évènements festifs : telle est l’…

<em class="placeholder">Davy Chodjaï, consultant viticole en Gironde chez Cambium</em>
En Gironde : « Il est possible de mettre la vigne en pause le temps de sortir de la crise »

Davy Chodjaï, consultant viticole chez Cambium, en Gironde, estime qu’une solution pour faire le dos rond quelques années peut…

Vignoble des Pyrénées-Orientales
Pyrénées-Orientales : un été de feu dans les caves coopératives de vinification

Le retournement du marché du vin aura signé la fin d’une époque pour les Pyrénées-Orientales, qui voient disparaître du…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole