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Obama nungara, un ver plat envahissant et prédateur de lombrics à surveiller dans les vignes

Obama nungara est un ver venu d’Argentine, présent dans les trois quarts des départements français. Ce plathelminthe terrestre est un prédateur de vers de terre et à ce titre une menace pour la biodiversité. À surveiller.

Obama nungara en train de manger un vers de terre.
Obama nungara en train de manger un vers de terre.
© P. Gros

Obama nungara est un plathelminthe terrestre originaire d’Argentine qui serait, selon une étude parue en 2020 et basée sur la science participative (signalements de particuliers dans les jardins), présent dans 72 départements français. « Les départements les plus concernés sont ceux de la côte atlantique car cette espèce ne supporte ni les grands froids, ni la sécheresse, observe Jean-Lou Justine, professeur au Muséum national d’histoire naturelle. Lorsque l’espèce est présente dans un jardin, elle peut envahir le jardin voisin en quelques mois. » Obama nungara n’a pas été signalé pour le moment dans les vignobles mais dans la mesure où ce ver se déplace la nuit et au sol, l’observation et la reconnaissance par les vignerons sont délicates. À surveiller de très près car ce ver plat mange des vers de terre et menace la biodiversité des sols.

Caractéristiques

Description
Vue dorsale d’Obama nungara (tête sur la gauche).

Obama nungara est un ver plat de taille moyenne au corps lancéolé, pouvant mesurer jusqu’à 7 cm de long, avec une largeur de 5 à 8 mm et une épaisseur de 1 à 2 mm. Ce ver est allongé et sécrète un mucus pour se déplacer. La tête est large et finit en pointe. Les yeux sont nombreux mais non visibles. La couleur du dos va du marron au noir (parfois orangé) avec des petites stries noires longitudinales. La face ventrale est claire et unie de couleur crème.

Mode de vie

Obama nungara est un ver nocturne. La journée, il reste au frais, caché dans des milieux humides (sous des branches, feuilles, pots de fleurs, etc.) et semble très mal supporter les fortes chaleurs et la sécheresse. Il chasse généralement à la tombée de la nuit, et se nourrit de diverses espèces d’invertébrés : vers de terre, limaces et escargots. Ce ver se reproduit de façon sexuée dès qu’il est âgé de 15 jours et produit des cocons de ponte sous forme de petites boules de 4-5 mm qui passent progressivement du rouge au noir. Un cocon peut contenir 1 à 20 juvéniles.

Menace

« Obama nungara n’a pas de prédateurs, observe Jean-Lou Justine, c’est un ver qui semble protégé par un arsenal chimique qui lui donne un goût exécrable, qui décourage les potentiels chasseurs ». Cette situation fait qu’Obama nungara peut continuer à se développer et à dévorer notamment les précieux vers de terre qui contribuent à la biodiversité de nos sols. « Cela peut conduire à terme à des déséquilibres et à une menace pour la qualité de nos sols », explique le chercheur. Il n’existe par ailleurs, à ce jour, aucun produit chimique homologué ou autorisé pour lutter contre les vers plats. « Pour mieux affronter cette espèce invasive, il faut continuer à cartographier l’invasion. L’aide des citoyens et des professionnels de l’agriculture pour signaler la présence de ce ver est également très importante », remarque le chercheur.

Des travaux de recherche, dans le cadre d’une thèse conduite par Louise Cavaud, sont en cours pour mieux comprendre ce que consomme Obama nungara, et pour estimer plus précisément son impact écologique.

Obama nungara est bien implanté dans plusieurs pays d’Europe : Espagne, Portugal, Italie, Belgique et Royaume-Uni. Il a vraisemblablement été introduit en Europe avec des plantes en pot.
Il peut être confondu avec d’autres invertébrés comme les sangsues mais aussi avec un autre plathelminthe introduit en Europe, Parakontikia ventrolineata. Ce dernier est plus petit et plus fin, avec des lignes claires sur le dos.
La reproduction d’Obama nungara peut conduire à plus de mille vers par hectare et par jour.
Obama nungara adulte avec le cocon (tête à droite).

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