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AGRONOMIE
Maîtrise des rendements en bio

Pour maîtriser la baisse des rendements en viticulture biologique, un effort particulier doit être consacré à l’entretien du sol.

LA BAISSE DES RENDEMENTS lors d’une conversion en agriculture biologique inquiète souvent les viticulteurs. La maîtriser et la limiter est cependant possible.
LA BAISSE DES RENDEMENTS lors d’une conversion en agriculture biologique inquiète souvent les viticulteurs. La maîtriser et la limiter est cependant possible.
© P. Cronenberger

“Le rendement est le résultat de l’interaction de multiples facteurs ”, a rappelé Monique Jonis, de l’ITAB au cours d’une conférence sur la maîtrise des rendements en viticulture biologique qui s’est tenue à l’initiative de la chambre d’agriculture des Pays de Loire au cours du salon Sival. Parmi tous les facteurs sur lesquels le viticulteur peut agir, le bon fonctionnement du sol grâce à un entretien adapté est à privilégier. Cet entretien se définit en fonction du rendement objectif qui dépend du potentiel de la parcelle et du type de produits que l’on souhaite obtenir : vins de terroir ou vins standards ? “ Pour des vins standards que l’on souhaite offrir à un large public, il faut pouvoir obtenir un rendement économiquement viable. Il est tout à fait possible de produire 50 hl/ha en bio ”, a ainsi affirmé Clément Baraut, viticulteur en Anjou.

Pour des champignons et des bactéries en pleine forme

Mais pour cela, il faut prêter une attention toute particulière au sol. “ Le sol est un gardemanger plus ou moins gros, comprenant des champignons et des bactéries qui remplissent ce garde-manger ”, explique Nicolas Rubin de l’association technique viticole de la Loire. Pour que ces champignons et ces bactéries soient en pleine forme, il faut répondre à leur besoin : pH compris entre 6 et 8, sol aéré et humide, températures douces et nourriture équilibrée sous forme de matière organique facilement dégradable et d’humus stable. En fonction de chaque type de sol et de leurs caractéristiques, il faudra chercher cet état optimal, notamment en adaptant la fertilisation, l’enherbement et le travail du sol. Pour un sol sableux, qui est un petit garde-manger, on pourra limiter l’évaporation et les variations de températures par la couverture du sol en été (rolofaca, mulch), jouer sur une faible densité de plantation. Pour lutter contre le lessivage, on pourra installer une couverture du sol en hiver (utilisation d’engrais verts) et réaliser des apports en petites quantités mais de manière régulière. Pour un sol argileux, qui est un gros gardemanger, il faudra agir sur l’aé-ration du sol par un décompactage mécanique à l’automne, l’utilisation d’engrais verts tels que le seigle ou le radis fourrager et réaliser un drainage si besoin. Les densités de plantation pourront être plus importantes, l’enherbement permanent sera adapté. Enfin pour les sols limoneux, qui sont un garde-manger intermédiaire, la formation d’une croûte de battance pourra être prévenue par l’installation d’une couverture du sol. Il faudra aussi veiller à la circulation de l’eau grâce à un décompactage et l’utilisation d’engrais verts. Les apports se feront à doses moyennes et de façon régulière.

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