Aller au contenu principal

« Levures de terroir » en œnologie : passer avant tout par une définition

Relier le terroir à une microbiologie particulière est un exercice périlleux. Des experts ont fait le point à l’occasion du Lallemand Tour.

De nombreux professionnels ont partagé leurs réflexions sur le lien entre microbiologie et terroir lors de la matinée à l’institut Vatel de Nîmes.
De nombreux professionnels ont partagé leurs réflexions sur le lien entre microbiologie et terroir lors de la matinée à l’institut Vatel de Nîmes.
© X. Delbecque

Le terroir était à l’honneur lors du Lallemand Tour 2022, qui s’est déroulé la deuxième semaine de mai. Pendant ces matinées, les intervenants ont tenté de définir la notion de « levure de terroir », et ont fait le point sur les connaissances actuelles. « Il faut savoir que les choses ne sont pas figées : la vigne et le chai sont deux compartiments en équilibre, avec des flux de différentes espèces et souches qui transitent de l’un à l’autre », a d’abord posé Jean-Luc Legras, ingénieur Inrae spécialiste des levures à Montpellier.

Un équilibre qui dépend avant tout de facteurs anthropologiques, notamment des pratiques des vignerons. Difficile, dès lors, de trouver une communauté microbienne représentative d’une région ou d’une parcelle, selon Hervé Alexandre, professeur d’œnologie à l’Institut universitaire de la vigne et du vin de Dijon.

Plusieurs critères possibles pour définir une souche de terroir

Des études menées dans la diversité des vignobles bordelais ont d’ailleurs montré qu’il y a davantage de similitudes entre deux vignes travaillées en bio de deux secteurs différents qu’entre deux parcelles voisines mais au mode de conduite distinct. « La notion de souche de terroir est elle-même assez floue : quels sont les critères à retenir ? Faut-il qu’elle soit là tous les ans, qu’elle n’existe pas ailleurs, qu’elle soit responsable de la fermentation alcoolique ? », a ajouté le professeur bourguignon.

Et Marion Bastien, chargée de projets techniques chez Lallemand, de renchérir que l’une des composantes du terroir est l’intervention humaine (à travers le mode de taille, la densité de plantation, etc.), et donc les choix du vigneron. « La sélection de levures n’est donc pas incompatible, pense-t-elle. L’objectif d’une souche sélectionnée est de maximiser l’expression naturelle du terroir, pas d’uniformiser. »

Ce sujet de la levure spécifique au terroir, vieux comme l’œnologie, n’a donc pas fini de faire couler de l’encre.

Les plus lus

[Vidéo] Rentabilité en Gironde : « Mon meilleur investissement sur mon exploitation viticole est une double trémie Sepeba pour semer mes couverts végétaux »

Victor Moreaud, viticulteur à la SCEA Les Joualles de Cormeil-Figeac, à Saint-Émilion, en Gironde, a investi dans une double…

<em class="placeholder">Amélie Berthaire, responsable qualité hygiène et sécurité de l’environnement à la cave vinicole de Lugny, à Lugny, en Saône-et-Loire </em>
Cave coopérative de vinification en Saône-et-Loire : « Avec l'IA, je peux parfois gagner jusqu’à la moitié de mon temps »

Amélie Berthaire, responsable qualité, hygiène, sécurité et environnement à la cave vinicole de Lugny, à Lugny, en Saône-…

<em class="placeholder">Souches de vigne en tas sur une parcelle de vigne qui vient d&#039;être arrachée.</em>
Quelle couverture sociale pour le vigneron après l’arrachage de ses vignes ?
À quelques années de la retraite, il peut être envisageable d’arracher les vignes et de vivre de l’écoulement des stocks. De…
<em class="placeholder">évolution du % d&#039;exploitations déficitaires et bénéficiaires en Occitanie</em>
Viticulture en Occitanie : seulement un quart des exploitations bénéficiaires en 2024

CerFrance Occitanie a analysé les comptabilités d’un échantillon de 494 exploitations viticoles. Les résultats 2024 sont sur…

<em class="placeholder">Fabien Lapeyre, vigneron à Saint-Hilaire-du-Bois, en Gironde</em>
Vignerons Avenir en Gironde : « C’est une chance d’avoir des conseils pointus et accès à un réseau gratuitement »
Fabien Lapeyre, vigneron à Saint-Hilaire-du-Bois, en Gironde, a fait partie de la première promotion épaulée par Vignerons Avenir.
<em class="placeholder">Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac</em>
Cave coopérative de vinification en Gironde : « Bien utilisée, l'IA permet d’augmenter sa propre efficacité »

Damien Malejacq, directeur marketing et communication de la cave coopérative Tutiac, à Val-de-Livenne, en Gironde, utilise l’…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole