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Les rieslings mis au régime sec

La question de la sucrosité des rieslings divise plus que jamais le vignoble alsacien. La décision votée par l'Association des viticulteurs d'Alsace de réserver la revendication du cépage riesling aux seuls vins secs génère un vif débat.

Si la modification votée par l'AVA est validée par l'Inao, les rieslings ayant un taux de sucre résiduel supérieur à 4 g/l s'appelleront simplement Alsace, sans pouvoir préciser leur cépage.
Si la modification votée par l'AVA est validée par l'Inao, les rieslings ayant un taux de sucre résiduel supérieur à 4 g/l s'appelleront simplement Alsace, sans pouvoir préciser leur cépage.
© C.Gerbod

L’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA) a voté, le 16 mars, une modification du cahier des charges réservant la revendication du cépage riesling aux seuls vins ayant un taux de sucre résiduel d’au maximum 4 g/l (9 g/l si au moins 7 g/l d’acide tartrique). Grands crus et lieux-dits sont aussi concernés. Pour le président de l’AVA, Gilles Ehrhart, cette proposition répond à un « besoin de lisibilité et d’affirmation de ce que sont nos rieslings ». Engendrant de vifs débats, la décision a été approuvée par 64 % des 122 participants.

Simplification contre diversité des terroirs

Une décision surprenante alors que le vignoble met en application, pour le millésime 2021, un étiquetage qui a mis des années à éclore et qui précise la sucrosité des vins. Le Synvira et ses 440 adhérents s’étaient prononcés contre la mesure proposée par l’AVA.

Alain Renou, directeur du Synvira, parle d’une méthode « aux forceps ». « Il nous apparaît que l’on prend une décision qui concerne beaucoup de cuvées, qui est radicale et contraignante, sans temps de discussion et alors que l’on vient de mettre en place un outil que l’on n’a pas eu le temps d’essayer », regrette-t-il. La demande doit passer par le Comité régional de l’Inao, le prochain se tenant en mai, puis être validée par l’Inao. Là où les partisans de la mesure arguent d’une simplification salutaire, ses opposants y voient une uniformisation des styles appauvrissante. « La pluralité d’expression doit rester l’ADN de nos appellations en Alsace », s’insurge le vigneron Pierre Gassmann. Il s’interroge aussi sur la future commercialisation et la valorisation des vins « dans des pays qui ne boivent pas exclusivement du vin sec ».

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