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Connaître le GPGV, virus de la vigne

Le Grapevine pinot gris virus ou GPGV est présent dans tous les vignobles français, mais la maladie du pinot gris dont il est à l’origine reste à ce jour très discrète.

Maladie du pinot gris sur pinot dans l’Aube en 2017. © IFV
Maladie du pinot gris sur pinot dans l’Aube en 2017.
© IFV

La maladie du pinot gris a été observée en Italie dès 2003 sur des ceps de pinot gris, d’où son nom. Près de dix ans plus tard, un nouveau virus baptisé Grapevine pinot gris virus (GPGV) en lien avec la variété sur laquelle il a été découvert était identifié. En France, ce virus émergent a été détecté sur une souche de merlot en 2014. Aujourd’hui, selon des prospections réalisées dans le cadre d’un projet de recherche français en cours (1), sur 1 700 ceps analysés en 2020, 32 % sont porteurs du GPGV. « Ce nouveau virus a été détecté dans tous les bassins viticoles : avec des proportions légèrement moindres au Nord-Ouest, il semble notamment très peu présent dans les Charentes », observe Anne-Sophie Spilmont, ingénieur chef de projet à l’IFV. À ce jour, les prospections réalisées en France indiquent que l’expression des symptômes de la maladie du pinot gris est très limitée sur le territoire. La majorité des signalements concerne la région champenoise, même s’il s’agit surtout de symptômes foliaires sans conséquence pour la production.

(1) Le programme de recherche du GPGV (Grapevine Pinot Gris Virus) se propose de faire un état des lieux de la présence en France de cette virose émergente et des symptômes qui pourraient lui être associés. Pour en savoir plus sur ce programme ici.

Caractéristiques

Symptômes et dégâts

Les symptômes de la maladie du pinot gris se traduisent par des feuilles déformées présentant des décolorations de type chlorose ou mosaïque, une asymétrie avec épaississement de la nervure et parfois un aspect buissonnant de la souche avec des entrenœuds raccourcis. Ces symptômes peuvent être confondus avec des dégâts d’acariose, de thrips mais aussi de la maladie du court noué ou de l’eutypiose. Souvent, les symptômes sont fugaces : bien visibles en mai-juin, la production de nouvelles feuilles normales les rend moins facilement visibles, sauf sur les souches très atteintes.

Les effets sur la production et la qualité ne sont pas à ce jour clairement identifiés. La nuisibilité de la maladie du pinot gris est à l’étude dans le cadre du projet de recherche français sur le GPGV. Une des hypothèses concernant sa nuisibilité est qu’il existe chez ce virus certains variants plus virulents que d’autres, et reliés à des cépages. Ainsi, en Italie, sur une variété comme le glera où la maladie du pinot gris s’est exprimée, il a été observé que les grappes ont été réduites à un tiers de leur taille normale.
On ne sait pas trop à quel point c’est nuisible, et on imagine qu’il existe chez ce virus certaines souches (variants) plus virulentes que d’autres, et reliées à des cépages.

Lire aussi "Une meilleure connaissance des invasifs de la vigne grâce au projet InvaProtect"

Facteurs favorables

Si l’ensemble des variétés peuvent être infectées par le virus, les variétés identifiées comme sensibles à la maladie du pinot gris sont à l’heure actuelle les suivantes : pinot gris, pinot blanc, pinot noir, gewurztraminer, chardonnay, glera, sauvignonasse, vermentino… mais les données dépendent des vignobles où la maladie est apparue. « En France, la région la plus touchée est la Champagne avec des symptômes sur pinot noir, pinot meunier et chardonnay mais on a pu observer également des symptômes plus isolés sur quelques ceps en Alsace et dans le Sud sur le cépage vermentino », observe Anne-Sophie Spilmont. A contrario, les porte-greffes seraient peu ou non symptomatiques, mais susceptibles de transmettre le virus à la variété greffée dessus.

Transmission

Le virus du GPGV est transmis par Colomerus vitis, un acarien de la famille des Eriophyidae, responsable de l’érinose. « D’autres acariens de cette famille pourraient être impliqués dans la transmission de ce virus, souligne Olivier Lemaire, chercheur à l’Inrae de Colmar, comme la plupart des ceps sont asymptomatiques, la propagation du virus est difficile à contrôler et une cause importante de diffusion de ce virus pourrait être le matériel végétal. » Les vignerons vont donc devoir apprendre à vivre avec ce virus en surveillant de très près leurs parcelles.

Le virus du GPGV est présent dans de nombreux vignobles dans le monde, en Californie, au Chili, en Argentine, en Italie, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Suisse, en Grèce…

 

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