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Etude en Alsace et Champagne
Le changement climatique est indiscutable

Depuis 30 ans, les températures augmentent et le cycle végétatif de la vigne a, à la fois, été avancé et raccourci. Faudra-t-il adapter les pratiques culturales ou changer l´encépagement pour pallier cette tendance ?


Les données météorologiques et phénologiques récoltées en Alsace et en Champagne ne laissent plus aucun doute à l´interprétation des courbes de température : « il y a une évolution à la hausse statistiquement significative, indique Éric Duchêne de l´Inra de Colmar, le changement climatique est indiscutable ». De 1985 à 2003, la température a ainsi augmenté de 0,13ºC par an en Champagne et de 0,06ºC par an en Alsace. « En France, on observe une différence de 0,05ºC tous les 100 kilomètres en latitude, poursuit Éric Duchêne. Le vignoble d´Alsace est donc, pour ainsi dire, descendu d´une centaine de kilomètres et celui de la Champagne d´environ 200 ! »
Et ce constat n´est pas unique. Depuis 1972, le nombre de jours où la température dépasse les 10ºC augmente au rythme d´un jour supplémentaire par an dans les deux régions. Les dates de débourrement et de floraisons ont été avancées d´une quinzaine de jours en 35/40 ans, la date de véraison avançant quant à elle de 23 jours en 35 ans en Alsace.

Cette évolution fait donc craindre des « changements importants, rapides et peut être durables à l´échelle humaine, continue Éric Duchêne. De nouvelles pressions parasitaires telles que la flavescence dorée pourraient faire leur apparition et une évolution de la microflore du sol est également prévisible. En outre, le débourrement étant désormais avancé, l´exposition au gel printanier est accrue. Doit-on alors s´orienter vers des cépages à débourrement plus tardif en Alsace et se préparer à de nouvelles pratiques culturales ? Ce sont des questions qu´il faudra se poser un jour ou l´autre. » Les observations révèlent également quelques aspects positifs comme la période post-récolte qui est de plus en plus favorable en Alsace car les feuilles sont présentes plus longtemps et permettent ainsi une mise en réserve plus importante. Ceci constituerait une possible explication à la régularité des rendements des dernières années.

Mais la grande inconnue du changement climatique reste bel et bien la disponibilité en eau. « Même si l´augmentation de CO2 impliquera un besoin moindre en eau pour produire la même quantité de matière sèche, explique Éric Duchêne, nous avons tout de même de grosses incertitudes sur le potentiel de production de la vigne face à un stress hydrique répété. Les prévisions nous montrent que les précipitations se concentreront en hiver et que les sécheresses s´accentueront durant l´été. »

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