Interceps : l’électrique offre plus de précision et de polyvalence
Les robots électriques ont été les premiers équipés des interceps électriques. Ils arrivent désormais sur les tracteurs notamment à motorisation thermique.
Avec l’arrivée des premiers robots, sont apparus les premiers interceps électriques. Vitibot a fait figure de pionnier il y a cinq ans avec les interceps dotés de contrôleurs intelligents Vitidrive, médaillés d’or au Sima Innovation Awards en 2021. Fin 2024, Boisselet a lancé l’interceps Evolt utilisable sur les robots et les tracteurs électriques alimentés par des tensions allant de 36 à 96 V. En 2025, ce constructeur bourguignon a ajouté le pack Evolt Attitude (nominé au palmarès du Sitevi 2025, médaillé de bronze au Sival 2026), un pack de batteries autorisant l’animation des interceps électriques Evolt sans utiliser de génératrice. Ce système peut être installé sur des tracteurs interlignes ou des enjambeurs à motorisation thermique.
Conseiller agroéquipement indépendant, Loïc Pasdois précise cependant que « cette sensibilité très fine est à mettre au crédit des palpeurs électriques », palpeurs que l’on peut retrouver sur certains interceps hydrauliques, citant pour exemple le Tatelec de Belhomme. Le conseiller apprécie sur le robot Bakus de Vitibot l’ergonomie permise par la possibilité de régler facilement sur la tablette ou sur un Smartphone le couple d’effacement, le couple de retour, la sensibilité. « Comparativement à de l’hydraulique, c’est très facile à mettre en œuvre, à modifier en fonction des conditions rencontrées », poursuit Rodolphe Gérard.
Un champ des possibles important
Ajoutons que les moteurs électriques qui animent les interceps électriques du robot servent également à remonter de l’information, rendant les interceps intelligents, à l’image des contrôleurs Vitidrive qui équipent les interceps, mais aussi les moteurs de roues du robot Bakus de Vitibot.
À l’avenir, les interceps électriques intelligents pourraient se révéler être des outils d’aide au pilotage fin du vignoble. « On peut constater des variations de nature de sol, par exemple des veines de sol plus dures que l’on mesure par les variations de température des moteurs, et envisager de travailler différemment ces zones en remontant sensiblement l’outil ou en réduisant la vitesse du robot dans ces zones », cite pour exemple Rodolphe Gérard.
Autre champ des possibles, la cartographie fine de la vigne. La sollicitation plus ou moins grande des palpeurs permet de mesurer le diamètre des ceps et des piquets et ouvre la voie à des méthodes de travail différenciées à l’échelle du cep. « En détectant les pieds de vigne, on peut déduire les manquants, les dénombrer, explique Rodolphe Gérard. Une fois ces manquants remplacés par des complants, on pourrait travailler de manière plus douce au niveau de ces jeunes plants, voire envisager leur arrosage automatisé. »
Cette remontée d’informations reste cependant plus facilement envisageable sur un robot sur lequel toutes les données sont compilées que sur un tracteur thermique sans communication avec les interceps électriques. De plus, la mesure des diamètres de pied ne peut s’envisager qu’avec des outils travaillant un rang entier, par opposition à ceux travaillant deux demi-rangs.
Des coûts de maintenance et d’énergie réduits
L’énergie électrique soulève certains questionnements quant à la robustesse et la longévité. Avec 230 robots en activité, soit plus de 400 moteurs électriques d’interceps, et plus de 100 000 heures de travail, Vitibot s’enorgueillit de n’avoir réalisé quasiment aucune intervention sur les moteurs électriques. « Ils bénéficient d’une étanchéité à l’eau et à la poussière IP67 et ne nécessitent aucune maintenance », conclut Rodolphe Gérard.